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La minorité dirigeante estime que « Le Cameroun c’est le Cameroun » - C’est la chute attendue d’une « Afrique en miniature » ?
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© Maurice Ze
Pendant que le Nigeria, le voisin et éternel concurrent du Cameroun, se prépare à lancer deux satellites sur orbite le 7 juillet prochain, la minorité dirigeante du Cameroun est en train de mettre tout en œuvre pour rester au pouvoir les 7 prochaines années. Après presque 30 ans au pouvoir et sans gloire en dehors de la « paix apparente », pourquoi cette minorité croit-elle être en mesure d’orienter cette « Afrique en miniature » vers un chemin glorieux ?
     Date de publication: 26-06-2011   09:34:27
J’ai des doutes lorsque je me projette dans le « Cameroun de Demain ». Ce Cameroun risque de ne pas arriver comme je l’aurais souhaité. J’aurais bien voulu vivre une époque de modernisation dans mon Cameroun et parler d’une évolution technologique comme nos voisins les nigérians, mais la minorité dirigeante est d’avis que « le Cameroun c’est le Cameroun ». Pourquoi donc faire des comparaisons avec notre voisin le Nigeria qui fait des progrès économiques énormes et qui est la deuxième puissance en Afrique noire ?
Si la minorité dirigeante affirme que « le Cameroun c’est le Cameroun », il est alors normal de ne pas se poser la question sur l’échec de notre pays. Etre né et avoir grandi dans un pays qui n’a que connu comme seule gloire le football, devient ainsi une normalité. Même ce football comme notre seul exploit nous a été refusé suite à la chute totale de notre équipe nationale. Pourquoi donc me demander de devenir patriote ? En dehors de ma terre natale AKONOLINGA qui me donne cette fierté d’être né au Cameroun, à quel niveau devrais-je m’accrocher pour continuer à aimer mon pays ? Qu’est-ce qui fait effectivement la fierté d’un camerounais aujourd’hui ?
Si la minorité dirigeante estime que « le Cameroun c’est le Cameroun », il donc normal que les camerounais perdent tout envie de continuer à se battre pour leur pays, puisqu’en fin de compte, les résultats seront les mêmes : le pillage des revenus étatiques, la corruption, le favoritisme, l’étouffement des libertés et tous les autres fléaux.

C’est avec raison que nous envions notre voisin le Nigeria qui est devenu leader sur plusieurs plans. La minorité dirigeante a été incapable de créer un environnement favorable aux créations, innovations et à la compétitivité. Demander donc aux camerounais travailleurs de devenir des patriotes, des nationalistes qui protègent leur pays contre l’occident envahisseur, c’est oublier aveuglement que ce monde en perpétuelle mutation ne passe plus avec une idéologie d’un protectionnisme sans fondement, surtout que le Cameroun est loin d’être un pays producteur. Le temps de vivre en autarcie est dépassé. Demander aux camerounais de protéger le « Cameroun indépendant » est une discussion sans valeur pour l’instant, les camerounais veulent débloquer la situation de psychose qui règne depuis des années et qui rend le pays incompétent et non compétitif sur tous les plans.

Le Cameroun est paralysé et a perdu continuellement sa vitalité économique. Dans une telle situation, on ne s’accroche plus au pouvoir pour creuser encore plus le trou dans lequel le pays se trouve. La minorité dirigeante aurait dû se préparer pendant les 30 dernières pour armer le Cameroun autrement, c’est-à-dire lui doter d’atouts plus efficaces et nécessaires à l’intégration mondiale. Je parle ici du leadership camerounais au niveau de la technologie, la communication, et l’économie en général. C’est donc une erreur fatale si la minorité dirigeante est d’avis que c’est la fonction publique qui viendra créer des emplois durables au Cameroun. La fonction publique ne remplacera jamais le rôle des entreprises dans une société moderne et fonctionnelle. L’état et la fonction publique ont en premier lieu le devoir de faire fonctionner correctement les institutions par des lois, des réglementations, la perception des impôts et la création des dispositifs pour stimuler la création des entreprises. Celles-ci doivent se créer dans un environnement favorable pour créer la main d’œuvre, elles doivent être compétitives et innovantes tant sur le plan national qu’international. Pour cela le Cameroun a besoin d’un cadre entreprenariat compétent, flexible et prêt à soutenir les hommes d’affaires, les créateurs, les développeurs, les scientifiques. Dans paysage corrompu, où les fonctionnaires d’état deviennent subitement des hommes d’affaires en pillant les caisses de l’état, ce n’est pas évident de parler du leadership économique du Cameroun.
La fonction publique et les grands projets du régime actuel n’apportent pas vraiment de grandes perspectives pour un pays qui a besoin urgemment d’un rafraîchissement total. La fonction publique ne représente aucune industrie et elle ne peut être considérée comme un moteur de création d’emplois à une dimension effective. Où sont passé les innovations, le programme d’entreprenariat, la production de la technologie, la mise en valeur du savoir-faire camerounais etc. ?

La minorité dirigeante du Cameroun est invitée à donner les chances à la nouvelle génération, elle doit céder afin que d’autres personnes prennent la relève. Nous ne devons pas perdre de vue que la monotonie empêche la créativité, les innovations et les exploits. Dans le cas du Cameroun, nous vivons en ce moment les conséquences d’une situation monotone. Le Cameroun perd en ses qualités de leader en Afrique centrale et vis-à-vis de son voisin le Nigeria. Ce Cameroun, qui jadis fut une « Afrique en Miniature », a besoin d’une nouvelle génération d’Hommes politiques qui peuvent avancer au même rythme que ce monde en pleine mutation. Le pays de Paul Biya a le potentiel pour émerger mais il a besoin des Hommes et des institutions compétentes : La minorité dirigeante s’est désavouée… C’est le moment pour « un Cameroun nouveau ». C’est le moment de créer le dispositif de base dont notre pays a besoin pour son dynamisme et sa compétitivité. C’est le moment de donner la tribune aux innovateurs et modernisateurs.
Pour le bien du Cameroun et sa vitalité économique, la minorité dirigeante doit céder la place à une nouvelle formation politique, plus jeune, plus ambitieuse et plus technocrate. Elle permettra ainsi l’émancipation positive de tout camerounais tant sur le plan politique, socioculturel et économique.

Le monde évolue et la minorité dirigeante ne peut pas se permettre de l’ignorer, la preuve en est que MTN et Orange, deux multinationales étrangères, détiennent le monopole de la téléphonie dans ce pays. Une preuve de modernisation mais à sens unique, c’est-à-dire, savourer les biens de la modernisation produits au-delà du territoire camerounais mais refuser en même temps un changement interne et local de ce pays.
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Le dégoût et la peur viennent de l’actualité
Si on tient compte de l’actualité, nous vivons la chute attendue d’une « Afrique en Miniature », le lion indomptable va être dompté bientôt. La seule personne qui peut nous épargner cette chute est le président de la république mais Paul Biya est muet.


Jean Pierre Bekolo dans un article publiée cette semaine écrit : « Les camerounais veulent savoir pourquoi le président Paul Biya voudrait se représenter. Ce qu’il leur propose de nouveau et qui va améliorer leurs conditions de vie. Il n'y a rien d'anormal à se poser cette question à moins qu'on soit en train de faire la politique de l'autruche ; une politique du « pourrissement » à double tranchant. Les camerounais sont inquiets du silence de leur président. Un silence qui amène à la question : Quelqu'un a-t-il seulement une réponse aux questions que se posent les camerounais ? Les camerounais attendent d'avoir une conversation avec leur président, ils ne veulent plus d'un autre discours aseptisé comme ils en ont l'habitude… M. le Président, parlez maintenant aux camerounais ! ».


Louis Tobie MBIDA dans une lettre adressée à la communauté internationale précise : « Nous avons non seulement le sentiment mais progressivement la certitude que le gouvernement pousse les camerounais à l’affrontement en sachant que l’Etat a le monopole de la violence légitime comme l’a si bien souligné Max Weber. La démonstration de force à laquelle nous avons assisté le 20 mai 2011 en voyant défiler le BIR (Bataillon d’Intervention Rapide) ne se justifie par aucune agression à nos frontières. Alors à quoi servira cette logistique et ce renforcement d’une unité d’élite surentraînée dont les faits et les méfaits défraient la chronique dans un sens qui entretient l’émoi et l’effroi au sein de la population camerounaise. A quelle menace réelle ou supposée apporte t- on une réponse en suréquipant ainsi une armée dans l’Armée dont les hommes sont de moins en moins maîtrisés et maîtrisables ? Nous en voulons pour preuve tous les délits dans lesquels les membres du BIR sont impliqués ».

L’actualité camerounaise de l’heure n’est-elle pas signe d’un pays qui se réchauffe, prêt à jaillir comme la lave d’un volcan ? Il est incontestable que le Cameroun ne soit pas une île de la démocratie, trop d’aspects révèlent que ce pays, qui a toujours su profiter de la paix comme argument de maintien d’une même élite au pouvoir, est seulement contrôlé par une minorité assoiffée du pouvoir et matérialiste.
Comment est-il possible que dans un pays qui se dit démocrate, qu’on ne sache pas la date exacte de l’élection présidentielle alors que nous nous trouvons à moins de 5 mois d’un mandat présidentiel à terme ?
Le président de la république, qui garde son silence et qui ne se prononce pas sur sa candidature, enfonce le pays encore plus dans cette situation de psychose. Voudrait-il se représenter ou est-il seulement forcé par son entourage qui voudrait s’accrocher avec tous les moyens à la « mangeoire » ?

Un pays de liberté et d’expressions libres n’étouffe pas les acteurs politiques et les médias. C’est avec raison que Louis Tobie Mbida souligne : « Il est important que des réunions et manifestations publiques se tiennent et se déroulent en toute simplicité dans le respect de l’ordre public et des lois et règlements de la République.
Nous assistons à deux attitudes de la part de l’administration d’Etat camerounaise : le rejet et l’intransigeance systématiques. Les réunions et les manifestations sont interdites généralement sans justification. »

Ce qui est devenu un droit naturel dans la plupart des pays est confisqué par une minorité au Cameroun : les meetings des partis politiques, les manifestations sociales, la tenue des rencontres publiques, les cérémonies de dédicace, les pétitions, l’accès au médias publics ou d’état. Et nous parlons ici d’un Cameroun de liberté ?
Les artistes qui sont sensés jouer un rôle primordial dans une société, ceux-là qui ont des devoirs d’éclairer le peuple, entrent dans ce jeu politique et de la « mangeoire ». Comment est-il possible qu’un groupe d’artistes ou alors ceux qui représentent les artistes camerounais soutiennent officiellement la candidature de Paul Biya, sans se soucier des conséquences très néfastes d’une telle candidature ? N’est-ce pas là un acte d’irresponsabilité ?

Eh bien « le Cameroun c’est le Cameroun » ! Ce pays n’a pas besoin d’un changement, « tout est bon au Cameroun ». D’ailleurs la réception des artistes par le président de la république a démontré que le Cameroun vit bien : Le résidence et la bouffe servi aux artistes donnent une autre image par rapport à la misère que le camerounais moyen connaît. Est-il donc possible que cette minorité dirigeante vive en déphasage avec son entourage, c’est-à-dire le peuple ? Si ce n’est pas le cas, pourquoi certaines personnes sont convaincues que le Cameroun est sur le bon chemin ?
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Eviter l’obscurité devant nous
Louis Tobie Mbida souligne dans un sa lettre adressée aux président de la république que « Toutes les actions pour une élection transparente ne visent qu’un seul but, assurer la paix, la sécurité du Cameroun et à nous éviter des affrontements et autres conflits inutiles »

Le Cameroun se trouve donc devant un choix historique. Nous souhaitons tous que les dirigeants de ce pays comprennent qu’un vent du changement ne se laisse pas stopper. Le président de la république doit avoir cette sagesse de ne pas plonger le pays dans des conflits interminables. Il est certain que le peuple, un jour ou l’autre et peut-être bientôt, se soulèvera pour dire NON à « un Cameroun d’inégalités et d’injustices ».
Le Cameroun peut-être qualifié aujourd’hui comme une « bombe à retardement » dont les conséquences peuvent surpassées nos imaginations. Tout camerounais, même celui de la minorité dirigeante, ne devrait pas rester indifférent à cette situation dramatique : nous sommes plus que jamais appelés à prendre des précautions pour éviter « la chute tant attendue ». Que se passera-t-il, si la bombe fabriquée pendant des décennies explose ? Les Hommes avertis de la minorité dirigeante doivent répondre à cette question.
Le paysage politique, tel qu’il est pour le moment, est aléatoire et imprévisible, on ne peut pas se fixer sur quelque chose pour pouvoir se faire une idée de ce qui nous attend demain. Allons-nous plonger définitivement dans un cauchemar sans issue ou vivrons-nous une réconciliation nationale ? Le Cameroun sera-il la côte d’ivoire que nous avions vécue tout dernièrement ?

La classe dirigeante actuelle, si elle est vraiment patriote, ne doit pas donner un argument ou un alibi à l’occident pour qu’elle vienne s’ingérer encore plus au Cameroun. De toute façon, le nouvel ordre impérialiste prôné par Obama et Sarkozy doit servir de leçon à la minorité dirigeante du Cameroun.
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Le Cameroun de la liberté et de l’égalité des chances
Tous les hommes sur terre ont le droit d’aspiration à une prospérité. Celle-ci se manifeste dans notre quotidien, dans notre façon d’agir face aux exigences familiales et de la société en général. Pour l’épanouissement de l’homme, la liberté se trouve au centre de tout. Si nous ne sommes pas libre dans ce que nous faisons, si nous agissons au détriment de notre volonté, si en principe nous sommes forcés à faire ce que nous ne voulons pas, pouvons-nous malgré tout parler des perspectives réelles données au peuple pour l’atteinte d’un minimum de prospérité ? Est-ce que dans ce cas le peuple doit seulement se contenter des miettes qui lui sont proposées ? Pouvons-nous et devons-nous tolérer une « liberté de miette » au Cameroun ?

Le « Cameroun de Demain » est un Cameroun qui donne le podium à tous ceux qui sont en mesure de faire avancer la société. Le « Cameroun de Demain » est innovateur, excellent, ambitieux et il reconnaît qu’une « concurrence honnête » prônée par les règles élémentaires de la démocratie est utile pour que nous avancions plus loin dans nos efforts. Un pays qui manque d’une « concurrence honnête », qui est handicapé par la corruption, le favoritisme, le tribalisme d’état, la banalisation des mœurs, le désintérêt, l’indifférence vis-à-vis du prochain est un pays dépourvu de toute perspective de développement. C’est un pays qui manque de vitalité.

En conclusion, la transition politique ne devrait pas être qualifiée comme un « bien mal acquis », mais plutôt comme une nécessité pour sauver le Cameroun d’un cauchemar qui se prépare au jour le jour.
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Zoetele  26-06-2011   /11:10:31 | Nigeria eternel concurrent.
Mon frere peut-on faire la concurrence avec le Nigerai ? Plus de 100 millions de consonmateurs, Un fortune mondial classee au magazine Forbes, 1er producteur africain de petrole etc... Hormis le football tu veux faire quelle comparaison avec le Nigeria ? Il faut comparer les choses comparables. Le Nigeria c'est un pays anglo-saxon. Ou le culte de l'effort est loue. Le Cameroun fait tout pour rejetter son cote anglophone et veut devenir francophile a tout prix. Les francais c'est quoi, la grande gueule et c'est tout. Nous comparer au Nigerai n'est qu'une manifestation de ton cote francais. Comment peut-on comparer le Cameroun au geant qu'est le Nigeria. Il ne faut qu'etre francophile pour rever comme ca. Mes amities.
 
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