MOUVEMENT NKUL BETI
Mobilisation
Se salir les mains pour un Cameroun meilleur - Sommes-nous au seuil d’une « révolution camerounaise » ?
Source, auteur, copyright
© Maurice Ze
Il n’y pas de cela longtemps que j’ai décidé de ne plus « me salir les mains » et me concentrer seulement sur la mission propre du Mouvement Nkul Beti. L’actualité des deux dernières semaines sur la scène politique camerounaise ne me laisse pas indifférent, surtout que nous nous sommes aussi donnés cet objectif d’informer et d’éclairer le peuple sur les thèmes brûlants de notre société.
     Date de publication: 19-02-2011   15:17:45
Au moment où je me penche sur mon clavier pour rédiger cet article, je ne me sens pas bien, j’ai envie de tout abandonner pour un petit moment de repos, mais c’est impossible car selon moi le « Cameroun de Demain » approche, je dois personnellement mobiliser toutes mes forces pour suivre attentivement ce qui va se passer dans les prochains jours dans notre cher pays le Cameroun. En tant que « Homme des medias » comme certains le disent, j’ai une responsabilité d’analyser l’état des choses, de tirer des conclusions et de les rendre public. C’est une façon aussi de « me salir les mains pour un Cameroun meilleur ».

Indépendamment de toute aspiration politique, le Mouvement Nkul Beti veut orienter sa clientèle sur un bon chemin et la préparer mentalement afin de mieux affronter la troisième république qui, quelque soit les moyens utilisés, va arriver. Nous devons nous poser impérativement la question sur l’image de la troisième république, ce « Cameroun de Demain » dont je parle toujours. Même ceux qui croient de ne pas être affectés par la situation politique au Cameroun le sont, les membres de la diaspora ekang, nos familles au Cameroun, nous tous devons faire un choix dans les jours avenir voire même très prochainement. Oui c’est notre devoir de faire du choix pour un Cameroun meilleur. Alors le Cameroun meilleur c’est quoi finalement ? Pour moi « le Cameroun meilleur est celui de Demain », celui qui va se constituer pour redonner espoir à la nation Camerounaise et en particulier au peuple ekang. Je crois être en mesure de dire que je me souhaite un autre Cameroun, qui donne les chances à chacun, je voudrais que mon pays donne les chances d’émancipation à chacun car toute personne a ce droit d’émancipation et de perfection personnelle.

La surdouée Stephanie Mbida, 14 ans parle de la « perfection qui brise toute les barrières », à lire sur ekang People label. Le Cameroun actuel nous permet-il de briser toutes les barrières ? La jeunesse camerounaise a-t-elle les moyens de perfectionner son avenir ? Je parlais du choix que nous devons faire, il est alors important de revenir sur un certain nombre de questions avant de nous décider sur le chemin avenir. Et plus important encore c’est d’analyser sérieusement les moyens que le peuple Ekang détient actuellement de briser les barrières afin d’atteindre sa perfection. Nous ne devons plus faire le choix aveuglement car je le répète encore ici, chacun de nous a le droit de rêver plus haut, chacun de nous a le droit de se souhaiter une vie avec pleine de perspectives.
Le « Cameroun de Demain » est un Cameroun qui donne le podium à tous ceux qui sont en mesure de faire avancer la société, de tenir les plus faibles par la main. Le « Cameroun de Demain » est innovateur, excellent, ambitieux et il reconnaît qu’une « concurrence honnête » prônée par les règles élémentaires de la démocratie est utile pour que nous avancions plus loin dans nos efforts. Un pays qui manque d’une « concurrence honnête », qui est handicapé par la corruption, le favoritisme, le tribalisme d’état, la banalisation des mœurs, le désintérêt, l’indifférence vis-à-vis du prochain est un pays dépourvu de toute perspective de développement.

Le Mouvement Nkul Beti dans sa mission veut présenter les choses telles qu’elles sont. En tant que Coordinateur de ce mouvement, je lance un appel aux ekang sans aucune ambition politique de se préparer pour le changement, nous sommes au seuil de la troisième république. La nonchalance dans cette république n’aura pas de place. Préparez-vous à la révolution qui nous ferra avancer, préparez-vous à vous livrer à la concurrence des idées, préparez-vous à innover socialement. La révolution dont je parle ici est longue et demandera de l’excellence. La révolution dont je parle est pacifique, elle dit NON au système actuel. La Tunisie et l’Egypte nous ont montré qu’une révolution pacifique est possible contrairement à ce qui risque de se produire au Cameroun dans les prochains jours.

Permettez-moi de revenir brièvement sur l’actualité des deux dernières semaines car selon moi il est à conclure que nous allons vivre une révolution sanglante très prochainement. Si les partisans d’un Cameroun meilleur à travers la force ne sont pas des apprentis sorciers, alors tout est programmé pour qu’on arrive à une situation incontrôlable.

- Dans un article publié sur camer.be et sur notre site de mobilisation, Mboua Massok appelle à la « Résistance Jusqu’au But » dès le 23 février prochain. Notez donc le 23 février prochain comme date décisive pour le changement politique au Cameroun.

- Par la suite Célestin Bedzigui dit dans une interview « Comme à Tunis, nous aurons bientôt nos élections de la rue ». Je vous rappelle Bedzigui fait partie de la CAMDIAC tout comme Mboua Massock.

- A Bafoussam et Bamenda, les tracts sèment la panique, un document qui demande au « gouvernement néocolonial » de démissionner au plus tard le 09 février 2011 à minuit envahit les deux villes. D’ailleurs un dispositif sécuritaire musclé pour contrer un éventuel soulèvement est envoyé à Bafoussam un jour après.

- Le CODE à son tour lance un message à Paul Biya de démissionner. Je cite « Aux "Ben Skineurs" ou conducteurs de motos taxi, Taximen, Bayam Sellam, élèves et étudiants, syndicats, commerçants, sauveteurs, artistes, hommes d'affaires et opérateurs économiques, c'est à vous que le CODE (Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques des Camerounais de la Diaspora) s'adresse. Le Code vous appelle à vous mettre debout comme un seul Homme, pour soutenir tous les appels à l'insurrection populaire qui va se mettre en marche dans les prochains jours, et ceci jusqu'à ce que PAUL BIYA DEGAGE ».

- Un ou deux jours après, des membres du CODE lancent un appel aux militaires camerounais « Préparez-vous à vous mettre du côté du peuple »

- Dans un article récents, le Capitaine GUERANDI Mbara G, membre de CAMDIAC écrit « ...Nous savons de quoi sont capables nos frères et sœurs vivant à l’extérieur la Diaspora Patriotique du Cameroun. La fin d’un cycle de l’histoire politique et la fin de règne des forces rétrogrades nous interpellent pour un Sursaut Patriotique et national en synergie avec les forces vives de l’intérieur... »

- Le célèbre journaliste Ndzana Seme aussi membre de CAMDIAC publie un article « Révolution: Les 5 règles de la Résistance Jusqu’au But ». Selon lui ces règles sont : « Pas de leader central, Chacun/e est leader, Ne jamais reculer devant l’ennemi, Ne jamais fuir, Etre photographe et reporter »

- Le vendredi dernier, Hilaire Kamga de la Coordination nationale pour la Dynamique de l’Offre Orange dit « Le moment est mal choisi pour lancer des appels à l’insurrection ou vouloir créer des conditions d’ingouvernabilité au Cameroun». Car pour lui, «La seule légitimité crédible et défendable est celle qui est conférée par la volonté populaire». Pour cela «L’Offre Orange milite et travaille, avec de nombreux partis politiques et des dynamiques de la Société Civile aux fins de produire une telle légitimité à l’issue de la Présidentielle de 2011». Ainsi donc, cette Osc «ne saurait cautionner des actions qui tendent plutôt à la différer voire l’empêcher». Il est donc clair dans l’esprit des membres de la Dynamique Orange que «Les auteurs de ces appels et leurs complices qui veulent entraîner les citoyennes et les citoyens camerounais dans une aventure à destination inconnue se trompent de combat ».

- Le même vendredi un article « Nous avons une partie de l’armée avec nous dans le soulèvement populaire du 23 février prochain » très important venant de CAMDIAC est publié sur camer.be et sur notre site. Je vous conseille de lire cet article sur http://www.nkul-beti-camer.org/ekang-media-press.php?Item=1497. Selon CAMDIAC tout est préparé pour une révolution !

- Selon un article publié par camer.be, « Quatre formations politiques ; à l’occasion de la commémoration des événements de février 2008 qui avaient fait des centaines de morts selon l’opposition, demandent à Biya de choisir de partir en 2011. Sinon, ils l’y pousseront. Comme en Tunisie ou en Egypte… Les partis de la « Convergence démocratique », le Social democratic front (Sdf), l’Union des populations du Cameroun (Upc des fidèles), le Parti démocratique social (Pds) et le Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie( Manidem), ont donné une conférence de presse à Douala hier. Le propos liminaire en guise de déclaration commune est lu par le député Jean-Michel Nintcheu, président régional du Sdf pour le Littoral. Le ton est sans équivoque ; « M. Biya doit s’inspirer des déboires de fin de règne de M. Moubarak et tirer les conséquences qui s’imposent en évitant de se représenter à la prochaine élection présidentielle » prévue en principe en octobre 2011. »

Avant continuer mes analyses, je voudrais revenir sur certaines informations concernant le CODE et CAMDIAC.

- CODE veut dire : Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques des Camerounais de la Diaspora et leur site Internet est http://lecode.afrikblog.com

- CAMDIAC lui signifie : Cameroun Diaspora for Change et son site Internet est http://www.camdiac.info

CAMDIAC et le CODE sont les principaux acteurs de la « résistance musclée » et se disent apolitique, c’est-à-dire qu’ils ne luttent pas pour une convoitise directe du pouvoir politique. Les partis politiques qui ont été citées ici adoptent plutôt une « résistance pacifique ». Pour Abanda Kpama, président national du Manidem, « nous allons mettre le maximum de camerounais dans la rue, afin que Monsieur Biya comprenne qu’il doit dégager ». Il tien à préciser que les manifestations sont pacifiques. « Nous ne nous préparons pas à la guerre » conclut-il.

Apres avoir lu le dernier article de CAMDIAC dont j’ai conseillé ici, vous allez arriver à conclure qu’ils sont avancés dans leur plan de la « résistance musclée ». En quelque sorte il faut maintenant prendre au sérieux les informations qui sont vulgarisées sur le Net.

Un des grands problèmes dans cette lutte est la confusion qui règne dans mon esprit. CAMDIAC et CODE ont-ils décidé de lutter main dans la main ? Ou alors chaque organisation combat ici pour sa propres idéologie ? Ce qui est certain c’est que les deux groupes ont choisi le mois de février comme début de résistance et le 23 février est selon eux la date du début de la libération du Cameroun.

Pour le Mouvement Nkul Beti il est question de ne pas seulement parler de résistance ou de l’appliquer. Je voudrais approfondir mes analyses et revenir sur ce que ça veut dire « se salir les mains pour un Cameroun meilleur ». Une partie de la réponse à cette question a déjà été présentée ici. Quels sont les autres enjeux et les alternatives d’un Cameroun meilleur ?
1
Anticipation politique et historique
Selon le cinéaste Jean-Pierre Bekolo, « le changement est inéluctable dans un pays comme le Cameroun ». Dans un article publié tout dernièrement, il écrit :

« Je pense que c'est en prenant les devants avec cette fameuse élection de cette année qui n'a pas vraiment d'opposant contre le président sortant. À mon avis, Biya est face à Biya. Et c'est la pire des choses qui pouvait arriver à ce régime car il suffit donner le profil de ce président candidat à sa propre succession pour que plus d'un s'en émeuve; son âge 77 ans et sa durée au pouvoir 28 ans suffisent pour que les observateurs ne comprennent pas qu'il demande un autre mandat de 7 ans.

Si au moins il était un dictateur reconnu comme Mugabe, ce serait encore compréhensible, mais avec son image polissée et propre, il est son pire ennemi à cette élection. Sachant que Paul Biya doit se battre lui-même à cette élection de 2011, il est obligé de faire campagne lui-même pour son départ du pouvoir. C'est à dire résoudre entre autre le fait que malgré ses qualités, il est fédérateur, il reste un homme du passé. Sa manière de parler d'avenir semble en déphasage dans ce pays où plus de la moitié de la population aurait moins de 18 ans et qu'ils sont sur Internet, les téléphones portables, Trace TV etc.

Comment le Biya dédoublé pourrait-il alors organiser à la fois sa campagne, sa réélection et son départ ? En d'autres termes, faire perdre le Biya 1 et faire gagner le Biya 2 ? Son système est-il seulement capable d'une telle approche ou bien serait-il lui même prisonnier de son temps? Une approche intelligente qui ferait que seuls les camerounais et le Cameroun soient gagnants ! Vous avez compris c'est dans les médias que se joue l'avenir du Cameroun, pas les médias pensés et gérés à la manière de son ministre de la communication qui ignore à dessein que la télévision publique n'est pas un outils de propagande de l'Etat (qui lui-même est censé être mandaté par le peuple) , mais plutôt cet espace où par excellence se construit et se partage la conscience nationale collective sur la base de la diversité d'un pays comme le Cameroun. Et lorsque cet espace est confisqué pour devenir un lieu de manipulation, il ne reste que la rue comme espace d'expression du peuple, les exemples de la Tunisie et de l'Egypte sont là pour nous rafraîchir la mémoire.

Je propose donc que le Biya 2 anticipe et organise son « départ » en organisant une transmission aux jeunes qu'il laissera derrière lui. Il ne s'agit pas tant de faire un bilan du Biya 1 qu'il a fait lui-même à plusieurs reprises, mais plutôt faire une "répétition du futur" et de poser un geste à la postérité. Je propose que ce pacte avec la jeunesse de son pays soit un « happening » télévisuel futuriste diffusé dans le monde entier afin que le Cameroun puisse non seulement surprendre le monde entier et devenir le pays qui a fait mieux que la Tunisie et l'Egypte et la Cote d'Ivoire! Et les camerounais le méritent ! »


Jean-Pierre Bekolo propose à Paul Biya d’anticiper son départ. Et selon moi c’est la meilleure sortie pour le Cameroun. Soyons sérieux ! A 78 ans qu’est ce que le président actuel voudrait encore atteindre comme ambition personnelle ? Je l’ai déjà dit, « le pouvoir rend fou en Afrique », c’est la seule raison qui explique qu’un Homme de 78 ans ne voudrait pas entrer dans l’histoire en organisant un changement pacifique de son pays qu’il dirige depuis 28 ans. Oui, l’entourage de Paul Biya fait éventuellement pression sur lui, oui ces profiteurs du système qui se retrouvent dans les fonctions de l’état ne sont pas prêts à céder, mais si j’étais personnellement à la place du président actuel, ce serait l’occasion plus que jamais de me revancher en laissant le pays dans une situation prévisible et non aléatoire.

La loi naturelle et la fonction biologique nous mettent devant un fait accompli : chacun sur cette terre disparaîtra et à l’âge de 78 ans on devra commencer à se soumettre à cette loi. L’âge de 78 ans est la période plus que jamais de jouir des biens de la vie, d’aller en retraite, d’écrire des mémoires. C’est la bonne période de rester au village, voir comment le soleil apparaît et disparaît, c’est le moment d’une nouvelle mission, celle de communiquer avec le « vrai » dieu, de lui demander pardon pour tous les péchés. C’est le moment de se préparer pour le long voyage qui nous attend nous tous. Ils sont nombreux qui n’ont pas eu cette chance de préparer ce voyage. C’est l’heure de « se salir les mains pour un Cameroun meilleur ».
2
Révolution ou élections présidentielles 2011
Si Paul Biya ne voudrait pas anticiper son départ, la deuxième alternative serait de poser la question, s’il faut attendre les élections présidentielles ou alors lancer dès maintenant la campagne de déstabilisation du régime actuel.

Les plateformes pacifiques comme Cameroun Génération 2011, Offre Orange et les partis politiques comme le SDF, PDC, RDMC poursuivent la stratégie d’un départ occasionné par une participation massive aux élections. Seulement, nous connaissons déjà le scénario de ces élections. Même s’il arrive que le RDPC gagne honnêtement, les résultats seront contestés. Aucun organisme, que ce soit ELECAM ou l’ONU ne sera en mesure de nous garantir des élections avec une sortie pacifique. Le cas de la côte d’ivoire nous montre ici que c’est peut-être une illusion de parler des présidentielles 2011 et que CAMDIAC et le CODE, qui sont pour une « résistance musclée », ont peut-être raison si on veut à tout prix un changement au Cameroun. D’ailleurs, mêmes ceux qui sont pour un changement pacifique n’ont pas cette conviction que le Cameroun peut changer de visage sans faire recours à la force.

Selon Louis Tobie Mbida président du PDC, « L’indifférence, l’arrogance, le mépris, l’intransigeance, le refus de tout dialogue, de toute concertation, de toute concession, de toute rencontre sincère entre un pouvoir politique hypertrophié, dominant et son opposition conduiront tôt ou tard à des affrontements explosifs entre le peuple et le pouvoir actuel. »

Toujours selon Louis Tobie Mbida, « C’est une grave erreur car une chose est certaine, c’est que le départ du Président Biya qui interviendra bien d’une manière ou d’une autre ne trouvera pas de solutions de remplacement dans la personne d’un ancien responsable du parti au pouvoir… Lorsqu’il n’y aura plus personne au Cameroun pour accepter de s’asseoir à une table de négociation pour résoudre les problèmes de confiscation de pouvoir, de séparation de pouvoir, de représentativité politique, de mauvaise gouvernance, d’injustice sociale, de misère et de pauvreté, d’absence de redistribution des richesses, de progrès, d’infrastructures, d’éducation et de santé alors nous serons proches de la violence. Lorsque tous les recours politiques auront été épuisés nous entrerons dans la violence. Au PDC nous ne le souhaitons pas mais tout porte à croire que le Cameroun s’achemine vers un affrontement violent parce que le dialogue n’existe pas. »

Je le répète, même si le RDPC qui est implanté dans tout le pays gagne sans tricherie les élections, les forces de changement n’accepteront jamais cette victoire. Alors il serait peut-être temps de parler de révolution.
3
Révolution musclée ou Révolution pacifique
Le choix à faire pour une révolution est clair. Soit le choix d’un chemin pacifique soit la résistance totale avec une sortie imprévisible.
Une révolution pacifique suppose que les profiteurs du régime actuel, qui sont entre autres les camerounais et les pays industrialisés comme la France, vont accepter de perdre leurs intérêts. Je crois que nous ne devons pas nous attendre que la France soutienne clairement un changement politique au Cameroun contre ses intérêts. De ce fait, nous devons nous poser cette question, si nous sommes prêts à combattre deux forces, une venant de l’intérieur et l’autre face au néocolonianisme et à la solidarité des pays occidentaux lorsqu’il s’agit de défendre leurs intérêts.

Quelque soient les hypothèses de révolution, l’armée et les forces de l’ordre au Cameroun seront-elles prêtes à s’arranger du côté du peuple ? Surtout que nous savons comment elles s’agissent jusqu’aujourd’hui.

Le macro-economiste Thierry Amougou explique dans un de ses articles « pourquoi on devrait sortir de cette illusion d’une révolution du modèle tunisien ou égyptien ». Un article que je vous conseille sur http://www.nkul-beti-camer.org/ekang-media-press.php?Item=1433
Selon Thierry Amougou, « la mangeoire représente un handicap à une révolution du peuple »
Il écrit à propos ceci :

« La dernière hypothèse que nous émettons pour expliquer le calme plat des Africains Noirs est ce que nous appelons la mangeoire comme système partisan. Les dictatures subsahariennes sont plus meurtrières parce qu’elles évoluent en « mode accordéon » en divisant le peuple qui ne fait plus bloc. Puisque ceux qui ont droit au chapitre redistribuent des miettes autour d’eux, ceux qui reçoivent ces miettes pensent qu’ils sont dans le système gagnant alors qu’ils n’en sont que des escabeaux. Il en résulte des réseaux de dépendances que se construisent les dictateurs au sein du peuple où les têtes de pont de la mangeoire nationale entretiennent le système en place par la construction de réseaux clientélistes. Deux Africains Noirs peuvent donc être au chômage, mais ne pas avoir la même motivation pour faire chuter un régime parce que l’un des deux chômeurs estiment qu’il vit mieux que l’autre grâce à un cousin militaire qui lui donne du pain et des sardines ainsi que le chantait Dony Elwood. La mangeoire nationale comme système partisan signifie donc que c’est « ce système de réciprocité inflationniste entre ceux qui ont et donnent et ceux qui reçoivent d’eux », qui devient le nouveau parti unique en Afrique Noire. Une fois les populations appauvries et clochardisées, les partis d’opposition ne deviennent que l’aile demandeuse de participer à cette mangeoire Nationale. Leurs sympathisants au sein du peuple y pénètrent aussi malgré eux dès qu’un opposant est nommé à un poste de responsabilité faisant de lui un distributeur des fruits de la mangeoire nationale. La dictature en mode accordéon joue donc avec l’unité du peuple comme l’accordéoniste resserre et desserre ses notes suivant l’air qu’il veut entendre de son instrument. »

Une révolution du modèle tunisien ou égyptien prend son appui sur une révolution technologique, la communication à travers Internet et les téléphones portables est le facteur décisif d’une telle révolution. Dans le cas du Cameroun, nous savons tous que les infrastructures de communication ne sont pas en mesure de soutenir une telle révolution. A cela s’ajoute le fait que tous les portatifs sont contrôlés dans notre pays. L’état est en mesure à tout moment de supprimer la communication entre les différents « révolutionnaires » locaux.

Malgré tous les aspects qui indiquent que nous ne pouvons pas copier le modèle de changement politique tunisien ou égyptien, si Paul Biya n’anticipe pas son départ, si les présidentielles 2011 ne représentent pas une alternative effective pour l’Alternance politique, la révolution devrait avoir lieu d’une façon ou d’une autre, qu’elle soit pacifique ou pas.
4
Le choix des ekang
Pour le Mouvement Nkul Beti il est important de lancer un appel aux ekang, qu’ils évitent de se manipuler par un groupe de personnes qui ne veulent pas comprendre la leçon du temps, c’est-à-dire le changement politique, sociale et économique.
Quelque soient les événements des prochains jours voire même des prochains mois, la révolution pacifique ou la « résistance musclée » ne représente pas un problème interethnique. Il ne s’agit pas des « beti contre les bamilékés » ou des « beti contre les nordistes », mais plutôt des vœux élémentaires d’un peuple.
S’il y a une chose qu’on a apprise de notre élite, c’est qu’elle a défendu ses propres intérêts jusqu’à présent. C’est important de vous rappeler que les ekang sont les grands perdants de la deuxième république, nous sommes seulement héritier d’un héritage empoisonné.

De ce fait il est alors conseillé de prendre la résistance qui éventuellement commencera le 23 février comme un problème camerounais mais pas interethnique. Ne vous laissez pas une fois de plus manipuler, faites ce qui vient au plus profond de vous !
5
L’après Paul Biya
Malgré toutes les aspirations au changement et malgré leur légitimation, j’ai mes doutes que les partisans leader d’une nouvelle époque au Cameroun ont planifié l’Apres Paul Biya. Quel est le scénario qui nous attend lorsque le président actuel ne sera plus ? Que ce soit les partis politiques, les plateforme pacifiques ou révolutionnaires comme CAMDIAC et le CODE, personne n’a proposé un plan fiable qui sera appliqué après le départ de Paul Biya.

Compte tenu des divisions au sein de l’opposition et de la lutte au leadership, il est fort possible que le Cameroun après Paul Biya se retrouve dans une instabilité politique incontrôlable. Et au fond on se pose la question sur la personne capable de diriger le « Cameroun de Demain ». Avons-nous vraiment un leader qui capable d’unifier le peuple camerounais et lui donner une orientation ? Ou alors devons-nous nous attendre à revivre les mêmes sur le scène politique camerounaise ?

Dans la troisième république nous aurons besoin d’un « rafraîchissement politique », la vieille garde doit dégager et laisser la place à une nouvelle génération de personnes. Selon moi il question d’un changement radical aux sein de l’appareil étatique.
6
Les grands problèmes du Cameroun
Le « Cameroun de Demain » est plein de problèmes parmi lesquels on retrouve des enjeux existentiels pour ce pays. Jusqu’à présent les partisans du changement évitent de parler des ses problèmes. Pourtant un Cameroun meilleur doit avoir une issue aux problèmes suivants :

Le tribalisme. Dans un des derniers articles publié par Louis Tobie Mbida, il dit « Au Cameroun au lieu de criminaliser le tribalisme on a stigmatisé et flétri l’appartenance à une tribu. Voila pourquoi dans le Cameroun de 2011 celui qui se permet de reconnaître officiellement qu’il est Beti, Bamiléké, Foulbé, Kirdi, Bafia, Bakweri, Bassa, Bambara, Douala, Mundang, Banen, Mbo, Kaka, Ngumba, Babouté, Sanaga ou de quelque autre des plus de 200 tribus camerounaises est aussitôt mis à l’index et traité de tribaliste… Je ne partage pas cette posture hypocrite. Je ne suis pas, je n’ai jamais été et je ne serai jamais tribaliste et si un jour je suis aux affaires je ferai voter une loi pour sanctionner sévèrement le tribalisme au Cameroun. ».
C’est bien beau de voter une loi pour lutter contre le tribalisme, maintenant il nous reste à définir ce que c’est que le tribalisme. Et c’est à ce niveau que l’un des grands problèmes du Cameroun prend naissance. Comme Louis Tobie le confirme ici, se sentir d’abord ekang, bamilékés, haoussa, bassa etc. est directement confondu au tribalisme. Je suis vraiment impatient de savoir dans quelle mesure quelqu’un sera pénalisé d’avoir commis le délit de tribalisme.


Le fédéralisme. Je suis un partisan du fédéralisme et d’un état ekang. Il est temps de revenir sur les enjeux culturels pour administrer le Cameroun autrement. On doit sortir de cette forme d’administration à la française car elle nous empêche d’évoluer, elle intensifie le problème de corruption et de favoritisme et détruit progressivement les différentes cultures du Cameroun. Un état centralisé avec différentes cultures comme le Cameroun n’apporte rien aux ekang. Dans mon article « Le patriotisme ekang - Faut-il rêver d’un état ekang dans une république fédérale du Cameroun ? », qui est à lire sur http://www.nkul-beti-camer.org/Revue/nkul-beti-article.php?Item=551, ce aspect de fédéralisme est présenté profondément. Cet article montre aussi pourquoi les ekang ne doivent pas avoir peur d’un état propre à eux.

La question des terres à Yaoundé. S’il y a une chose que le gouvernement a failli c’est la question de terres dans la capitale de ce pays. D’après tous les messages qui me sont parvenus, le problème de terres programme des conflits qui devront être réglés d’une façon ou d’une autre. OUI Yaoundé est la capitale du Cameroun, une ville pour tout camerounais, mais Yaoundé est aussi le village d’une bonne partie des ekang. Les autochtones de Yaoundé qui se voient perdre leur terre natale depuis des décennies, soit par la construction de bâtiments administratifs soit par l’envahissement des autres peuples du Cameroun. J’espère qu’en votant une loi pour lutter contre le tribalisme, la revendication des terres à Yaoundé ne fera pas partie de la liste des délits. Je vous conseille de lire l’analyse d’un autochtone de Yaoundé soucieux de sa terre natale, consultez la page http://www.nkul-beti-camer.org/ekang-media-press.php?Item=1249

Les accords avec la France. Nous sommes tous unanimes que la libération du Cameroun commence par notre détachement de la France. Pensez seulement au problème de notre monnaie qui affaiblie notre économie. Pensez aussi aux militaires français qui sont implantés au Cameroun, et sans oublier tous les accords qui ont servi à vendre le Cameroun aux entreprises françaises. Je ne suis pas un expert de la FranceAfrique mais la liste des problèmes à ce niveau est longue et nous ne pouvons qu’adopter une stratégie d’un détachement progressif.

Les accords avec la chine. Un autre problème qui menace le Cameroun est la nouvelle forme de colonisation pratiquée par la chine. Et pour les ekang qui sont de nature accueillants, la pénétration chinoise au Cameroun, même comme elle apporte aussi des éléments positifs, constitue un danger pour le peuple ekang. La chine détruit progressivement la petite économie pratiquée par les camerounais, elle s’empare de tout et de terres fertiles (Nnanga Ebogo est l’exemple ici). Les représentants de la chine au Cameroun maltraitent leurs employés et vont même jusqu’ à les bastonner.

Les accords avec les israéliens. Que se passera-t-il avec les gardeurs de Paul Biya ? une autre question urgente qui nécessite une réponse. Comment fera-t-on pour dissoudre la BIR sans pour autant provoquer un soulèvement au sein de cette garde ?

La question des forces de l’ordre. Quelle place réservons-nous à ces forces de l’ordre qui ont été mal formées ? Sans oublier que les généraux de l’armée camerounaise ont des bataillons qui doivent les servir à vie. Quel général aimerait librement céder à ce genre de service ? Imaginer le « Cameroun de Demain » nous donne des frissons !

La question des biens. Jusqu’à présent nous avons seulement suivi les réclamations pour que Paul Biya et les hauts fonctionnaires déclarent leurs biens. Selon moi ce serait injuste de se limiter à ce niveau, car au Cameroun mêmes les « petites personnes » disposent des biens qu’ils ne peuvent pas justifier. C’est chacun qui avait la possibilité qui a pillé le Cameroun, mêmes les hommes d’affaires qui se sont enrichis sans avoir payé les impôts doivent restituer les biens du Cameroun.

La question des prisonniers. Que ferons-nous de tous les prisonniers du Cameroun. Nombreux sont ceux qui ont été condamnés pour des raisons politiques. Et nombreux sont aussi ceux qui ont commis des délits à cause des conditions vie très à déplorer dans notre pays.
7
Quelque soit le chemin choisi, le Cameroun doit et va changer
La date du 23 février va entrer dans l’histoire du Cameroun. La semaine des martyrs en vue ne nous réserve pas de grandes surprises mais la détermination des « révolutionnaires » de faire partir Paul Biya. La question décisive pour un changement politique reste maintenant à savoir la si résistance n’atteindra pas la ville de Yaoundé car comme le dit David Nouwou, auteur d’un article de la Nouvelle Expression, « Seulement, eux qui rêvent d’une révolution à la tunisienne ou à l’égyptienne doivent se rappeler que toutes les manifestations, furent-elles les plus monstres, organisées au Cameroun même au plus fort des années de braise, n’ont presque jamais touché la capitale politique, Yaoundé. D’où cette phrase du président Biya restée célèbre ; Tant que Yaoundé respire, le Cameroun vit ».
Nous sommes sur le qui-vive et faites attentions à vous !
   Commentaires
  Pour écrire un commentaire, connectez-vous en cliquant ici
hella75  16-04-2011   /21:49:06 | ma nationalité ékang prime sur celle d'un Etat
Je suis parfois dans le même état d'esprit que toi, c'est-à-dire partager entre l'ambition du mouvement Nkul-Beti et l'Etat camerounais. Mais pour moi le choix a été vite fait. Il n' y a rien au niveau national qui puisse laisser espérer une démocratie réelle telle qu'elle a été théorisé par les grands penseurs des époques anciens et récents.

Ceux qui pensent qu'on ne peut pas se dérober du cadre national ont totalement faux. Ils leur manquent encore de vécu pour apprécier ce qu'il est possible de faire quand on doit choisir entre sa nationalité ékang et sa nationalité camerounaise, gabonaise, etc. Les choses évoluent et beaucoup de nos compatriotes ne voient pas cette évolution.Rien n'est contradictoire car il suffit de prioriser ses actions. Ma priorité c'est ma nationalité ékang. Le Gabon vient après. Beaucoup sont déja dans cet état d'esprit à Oyem, Bitam, Minvoul... dans le nord du Gabon. Cela a été favorisé par la naissance du marché mondiale dans le triangle frontalier, l'ouverture de la Guinée équatoriale,... après tout c'est un vaste marché à prospecter et à développer.

Penser que Nkul Beti ne peut prospecter qu'au Cameroun est aussi une erreur. De yaoundé à Lambaréné, Rio -Muni, le Nord du Congo, l'est de la Rca, le Sao-Tomé et Principé aux larges des côtes gabonaises. C'est un vaste pays avec des hommes, des femmes, des enfants qui consomment le Mvett, le Bikutsi et bientôt d'autres produits et services si ces enfants le veulent bien. Les frontières inter-étatiques n'ont jamais constitué un frein à cette dynamique naturelle. Il ne faut pas se limiter aux difficultés d'entrée dans le territoire voisin... pour critiquer le choix du développement de Nukul beti dans toutes les dimensions. C'est un travail à faire avec des associations pour ouvrir des esprits: congrès ékang, journées culturelles,le rôle des artistes, des chefs d'entreprise,etc. Ne pas compter sur nos hommes politiques.
 
Zoetele  20-02-2011   /08:45:39 | Boule de cristal
Tu lis dans une boule de cristal ou quoi ? L'agitation en dehors du triangle national n'est vraiment pas perceptoble au Cameroun et surtout a Yaounde. On peut comme pour paraphraser Biya : "Quand Yaounde respire, le Cameroun vit". Pour avoir participer a la revolution manquee de 1991/1992, je suis paticulierement emousse et pas pres a recommencer. Tout le monde est conscient que si une revolution est faite au cameroun a la Tunisienne on ira vers des problemes "Cote d'Ivoire". le pouvoir a ete si lin pour certains que ce serait une occasion idoine pour tout le monde de postuler. Je lance un appel a Dieu et aux Camerounais pour que tout se passe bien.
 
Autres Liens Internet
1.  Télécharger cet article
MENTIONS, COPYRIGHTS
© Maurice Ze
Warning. A l’attention de tous nos visiteurs internautes !
Le Code de la propriété intellectuelle n’autorise que « les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective ». Tous les éléments présentés sur notre site MNB (images, vidéos, extraits sonores, textes, photos, logos, illustrations, etc.) sont soumis de facto au droit d'auteur, même si leur accès est libre et gratuit et qu'aucune mention de copyright © ne précise qu'ils sont protégés !

Lors de vos utilisations, reproductions ou représentations d’une œuvre ou d’une partie d’œuvre publiée sur notre site, il est donc conseillé d’obtenir au préalable, le consentement de son auteur, de citer l’auteur et la source originale éventuelle de ladite œuvre. Faute par le copiste de respecter cette démarche, il s’expose seul aux lois, poursuites et condamnations en vigueur, lesquelles combattent le plagiat et la contrefaçon.
Le peuple ekang
Le peuple ekang se retrouve aujourd’hui au Cameroun, au Gabon, en Guinée Equatoriale, au Congo, à Sao-Tomé et Principe, en Angola et dans la diaspora. « On parle d’environ 12 à 14 millions d’hommes et de femmes unis par une histoire, un parlé différent d’une langue la nuance est nécessaire ici, une cuisine, des us et coutumes qui leur sont propres et les différentient des autres peuples bantou. »
TOP VIDEO
Récit Mvett ALUM NDONG MINKO du maître-conteur MVOMO EKO BIKORO
NOS PARTENAIRES