MOUVEMENT NKUL BETI
Mobilisation
Les enjeux parfois oubliés - De nombreux Beti pratiquent ce qu'on pourrait appeler l’« EXODE CULTUREL » et se font désigner notable
Source, auteur, copyright
Cet article a été écrit dans sa majorité par un ekang qui vit au Cameroun dont l’identité n’est pas révélée ici. Cette mesure n’a pas été demandée par lui, elle entre dans notre stratégie de protection des identités
A la suite de ma question « Que pensez-vous du Mouvement Nkul Beti », un membre de ce mouvement a réagi en évoquant les enjeux parfois oubliés. Ce que notre frère EH souligne dans son message n’est pas dit la première fois. Des messages qui mettent les points sur les i me sont parvenus à plusieurs reprises et remettent sur table le même problème.

     Date de publication: 12-12-2010   07:04:36
En tant que Initiateur de ce mouvement et vu mes moyens personnels qui sont pour le moment très limités, sans oublier que le soutien pour aborder les thèmes brisants de la société camerounaise me manque, je m’étais dit que je serais conseillé de ne pas brûler les étapes comme on le dit, avant de commencer avec les problèmes brisants parfois oubliés, par exemple la situation d’ONGOLA et ses autochtones. Mais après avoir lu la réaction du frère EH, je crois que le temps est venu de rendre public ce que beaucoup pensent.
Pour moi personnellement c’est une satisfaction de voir que je n’avance pas sur un terrain déjà perdu. Ils sont nombreux qui pensent exactement comme moi.
Alors je vous invite de lire attentivement ce que notre frère EH dit !

Le document de stratégie du Mouvement Nkul Beti qui sortira avant la fin d’année vous montrera que certaines pistes que notre frère évoque dans son message y sont déjà inclues même si elles sont formulées autrement.


Voici le message de Mr EH dans son intégralité :

Salut, vous demandez quelle est notre opinion sur le mouvement NKUL BETI. Je vous réponds que je porte sur ce mouvement un regard plein d'espoir. Nous assistons de plus en plus à un fort repli identitaire des différents groupes ethniques de notre pays, qui cherchent de plus en plus à se regrouper autour de grands idéaux, motivés par une culture et des ambitions communes. Pendant ce temps, de nombreux Beti pratiquent ce qu'on pourrait appeler l'"EXODE CULTUREL"et se font désigner notable par ci, ou sujet par là parmi des gens dont ils ne comprennent même pas le patois. Si vous me permettez, je vous détaillerai ce que je pense du mouvement NKUL BETI dans une réflexion divisée en trois parties :


[1] Le mouvement NKUL BETI est une opportunité de rassembler les beti autour de grands thèmes de notre culture qui devrait disparaître comme le prophétisent maladroitement certains Camerounais aujourd'hui. En effet, chaque année, on assiste à de grands rassemblements ethnoculturels dans notre pays;je citerai entre autre le Ngondo, le Ngouon...chaque peuple organise son festival et les médias sont là pour les accompagner tandis que chez nous, c'est le FESTI BIKUTSI, un rendez-vous du boire et du danser,où il n'est nullement question des Beti mais plutôt de leur danse déjà pratiquée par les hommes et les femmes du monde entier.

[2] Le mouvement NKUL BETI pourrait être un laboratoire de réflexion et d'adoption des mesures qui permettraient aux Beti de préserver leur patrimoine foncier, de plus en plus convoité et acquis par les autres Camerounais qui prennent ainsi le soin de préserver les leurs. En effet, pour faciliter l'implantation matérielle des institutions de la république, les Beti ont été contraints de céder leurs terres à divers groupes et individus. C'est ainsi que l'église, l'Etat et les particuliers se sont installés dans le village des Beti. cette installation répondait à une exigence traditionnelle des Beti qui se doivent d'accueillir l'étranger, de lui offrir à manger, à boire, une couche et une compagne s'il veut passer la nuit. Nos parents ayant constaté que ces nouveaux arrivants ambitionnaient de s'installer dans leur village, leur offraient des lopins de terre pour bâtir leurs propres cases; et avec le temps, ces gens à qui on donnait gratuitement, ont commencé à se prémunir en exigeant des documents contre quelques billets de banque. De nos jours, le Mfoundi est presque totalement occupé; c'est au tour de la Mefou et afamba et la Lekié d'attirer les arrivants; le résultat final pourrait être scandaleux pour le peuple Beti. En effet, le moindre Camerounais qui trouve du travail ou un peu de succès dans les affaires, se dirige infailliblement sur Yaoundé pour y chercher une terre et construire une maison; comme si le reste du territoire était une zone maritime. Les limites de la ville sont ainsi repoussées avec les terribles conséquences que l'on sait sur l'environnement et la sécurité des populations. Je ne dis pas qu'on ne devrait nullement accueillir nos frères Camerounais à Yaoundé, notre commune capitale; je redoute simplement que la ville impose sa dictature à nos villages et nous fasse disparaître au bout de quelques décennies. Le bail du terrain, pratiquée ça et là avec succès, ne serait-il pas une solution plus équitable ?

[3] Le mouvement Nkul Beti pourrait mettre sur pied une certaine hiérarchie qui centraliserait les décisions et qui permettrait à la longue une meilleure préservation de notre culture. Il est vrai que les colons ont jugé que nous étions une société acéphale; où l'autorité n'existait carrément pas. Cela s'explique par le caractère démocratique de notre société originelle et de la perception que nos ancêtres avaient de l'absolu et de l'homme. Ils avaient un Dieu unique; le quel est seul capable de faire le bien. Dans d'autres cultures au contraire, des dictateurs reconnus avaient le pouvoir de faire le bien et le mal; d'où le culte absurde qu'ils leur réservent et qu'ils continuent de pratiquer sur leurs restes, longtemps après leur mort. Nos ancêtres également considéraient l'homme comme un être mortel. La mort venait ainsi équilibré les chances dans la communauté, puisque personne n'avait jamais été assez fort(e) pour lui résister, personne non plus ne méritait de régner sur les autres. Les colons qui ont bien senti qu'il leur était plus aisé d'administrer avec des intermédiaires reconnus par la population, ont bientôt imposé cette manière de vivre aux Béti en désignant au milieu d'eux, des dictateurs qui recevront le nom de chef. Leur règne s'achèvera logiquement avec la colonisation puisqu'actuellement, leur descendants et héritiers de trônes, s'embrouillent merveilleusement à exercer des fonctions qui ne font pas partie de leur essence. Leurs sujets d'hier revenus à leur culture d'origine refusent eux aussi de les reconnaître comme guide. Il faut pourtant le reconnaître, le peuple a besoin de guides. Nos élites actuelles qui sont en réalité les véritables rois et reines beti, se contentent uniquement d'enseigner les langues européennes à leurs progénitures, convaincues elles aussi que le peuple finira bien par disparaître. NKUL BETI doit éveiller les consciences du peuple sur la disparition de notre espace vital. Il ne se passe pas un seul jour sans qu'un fils Beti ne vende la terre de nos ancêtres. Ce commerce honteux dont les bénéfices vont échouer dans les comptes de l'élite commerciale de ce pays, se déroulent avec la silencieuse complicité de nos élites. Ailleurs pourtant, les choses sont autrement organisées. Chez les Bakoko de Douala par exemple, aucun autochtone ne peut vendre une terre sans l'accord du chef, le quel prélève 20% de la somme reçue, versée dans un compte qui permet de développer la communauté et de faire face aux éventuelles difficultés. Chez les Bamiléké, c'est encore plus grave; car ce peuple est fortement attaché à sa culture dont il préserve rigoureusement le patrimoine, ce dernier bien entendu, englobe toutes les terres du royaume. N'est ce pas là bas en effet qu'on trouve des forêts sacrées et des sites interdits aux initiés ?
Le mouvement NKUL BETI pour conclure là dessus, doit réfléchir sur l'avenir de notre peuple et l'organiser. Ayons le courage d'imiter les autres et d'organiser des évènements pour sauver notre culture.
   Commentaires
  Pour écrire un commentaire, connectez-vous en cliquant ici
Maurice Ze  29-04-2011   /07:13:07 | Le patriotisme ekang, une nouvelle forme de résoudre nos problèmes
Le Mouvement Nkul Beti remets sur table les grands problèmes du Cameroun qui attentent impérativement des solutions. L’un des problèmes graves qui mine le Cameroun et qui risque de faire exploser ce pays est la situation du plus grand peuple du Cameroun (ekang). Quelles sont les perspectives pour ce peuple et sa jeunesse ? Quel héritage avons-nous après des décennies de nonchalance, de manipulations, d’égoïsme et de domination ? Sommes-nous certains que les problèmes des beti sont à traiter au même titre que ceux des autres régions, dans la mesure où nous ne sommes même pas en mesure de produire du pain ? Sommes-nous vraiment préparés à résister à la pénétration chinoise ? Comment les politiciens d’origines ekang pensent résoudre le problème ekang au Cameroun avec « toute la haine qui vient des autres peuples » ? Comment les politiciens ekang pensent résoudre le problème de terre à Yaoundé, les autochtones qui continuent progressivement à perdre leur village ? Autant de questions qui ne doivent pas nous laisser indifférent.

Je ne dois être un prophète pour le dire ici, d’ailleurs la révolution dans les pays arabes nous le montre, lorsque les ekang n’auront plus rien du tout, lorsqu’ils auront perdu toutes leurs terres, lorsque les ekang se feront bastonnés chaque jour par les chinois etc. ils vont se révolter et ça serait de la catastrophe. La petite rébellion dans la ville d’ebolowa n’était qu’un avant-goût de ce qui nous attend dans les villes et villages ekang si impérativement nous ne changeons.

Le patriotisme local dont je revendique au jour le jour ne doit pas être une honte pour les leaders ekang. Il ne représente non plus un moyen de déstabiliser le Cameroun. Il est le garant de la survie du Cameroun.
Et finalement nous voyons que l’Allemagne continue à exister malgré que le bavarois se sente d’abord bavarois avant d’être allemand.
Contact: maurice@zemprosys.com       http://www.zemprosys.com
 
Autres Liens Internet
1.  Télécharger cet article
MENTIONS, COPYRIGHTS
Cet article a été écrit dans sa majorité par un ekang qui vit au Cameroun dont l’identité n’est pas révélée ici. Cette mesure n’a pas été demandée par lui, elle entre dans notre stratégie de protection des identités
Warning. A l’attention de tous nos visiteurs internautes !
Le Code de la propriété intellectuelle n’autorise que « les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective ». Tous les éléments présentés sur notre site MNB (images, vidéos, extraits sonores, textes, photos, logos, illustrations, etc.) sont soumis de facto au droit d'auteur, même si leur accès est libre et gratuit et qu'aucune mention de copyright © ne précise qu'ils sont protégés !

Lors de vos utilisations, reproductions ou représentations d’une œuvre ou d’une partie d’œuvre publiée sur notre site, il est donc conseillé d’obtenir au préalable, le consentement de son auteur, de citer l’auteur et la source originale éventuelle de ladite œuvre. Faute par le copiste de respecter cette démarche, il s’expose seul aux lois, poursuites et condamnations en vigueur, lesquelles combattent le plagiat et la contrefaçon.
Le peuple ekang
Le peuple ekang se retrouve aujourd’hui au Cameroun, au Gabon, en Guinée Equatoriale, au Congo, à Sao-Tomé et Principe, en Angola et dans la diaspora. « On parle d’environ 12 à 14 millions d’hommes et de femmes unis par une histoire, un parlé différent d’une langue la nuance est nécessaire ici, une cuisine, des us et coutumes qui leur sont propres et les différentient des autres peuples bantou. »
TOP VIDEO
Récit Mvett ALUM NDONG MINKO du maître-conteur MVOMO EKO BIKORO
NOS PARTENAIRES