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Bertoua: Les populations se dopent au tramol
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Le Messager
Tramol ! A la seule évocation de ce fameux produit à la gare routière de Bertoua ce dimanche 18 novembre 2012, par le reporter de Le Messager, un conducteur de moto-taxi esquisse un petit sourire. « Quelle question ! », s’exclame t-il. « Je connais très bien le Tramol, mais je n’en consomme pas. Du moins, je n’en consomme plus », révèle-t-il, après qu’on ait effectué le tour des points de vente de ce produit et rencontré de nombreux consommateurs requérant l’anonymat.
     Date de publication: 20-11-2012   13:51:10
Notre interlocuteur relate ses mésaventures passées après la consommation de cette drogue « La dernière fois que j’ai consommé, le Tramol a failli être fatal pour moi. J’étais ivre mort. J’ai bousillé ma moto, j’ai fait de la peine à tout le monde, à ma maman surtout. Ce n’est que trois jours plus tard que j’avais pris connaissance des dégâts que j’avais causés ; j’avais alors décidé de ne plus en consommer ». Mais il est resté proche du milieu des consommateurs. Au centre commercial de Bertoua, l’un des principaux points où circule le Tramol, l’étranger ne peut s’imaginer ce qui se trame autour des verres de thé ou d’Adah. Des centaines de comprimés de cette drogue y sont consommés toute la journée durant. Autour des tasses de « chaï » aussi, une dizaine de jeunes gens prennent leur petit déjeuner agrémenté de Tramol. Ils sont pour la plupart des conducteurs de motos-taxis. Ils mettent ces comprimés dans leurs tasses. « C’est le quotidien ici », souffle notre guide qui échange en foufouldé avec ses amis. L’un d’eux acceptera de nous conduire dans le fief du Tramol. « La contrepartie de mes confidences sera que vous m’achetiez quelques comprimés », Exige t-il. Cap vers le grand marché. La plupart des points de vente sont en bordure de route. Dans les étals, des téléphones portables, des pneus de rechange et autres accessoires de voitures. Le dealer est réticent. Mais quelques civilités plus tard et il peut enfin accepter de se livrer. Il sort de son comptoir un sachet noir contenant des dizaines de comprimés « Je suis grossiste et détaillant. Je vais moi-même au Nigeria acheter ma marchandise ». A peine aura-t-il achevé sa phrase qu’un client gare son engin et lui murmure quelques paroles à l’oreille. Et mot de passe compris, le client est aussitôt vite servi.

Péril

Le vendeur sort du sachet une plaquette de cinq comprimés, mais n’en donnera que deux à son client. Contre une pièce de 50 francs. « Quand je vais faire mes achats au Nigeria, j’achète le Tramol pour 200 à 300.000 Fcfa, et je fais des recettes de 20 à 30.000 francs par jour ». Raconte notre dealer, qui précise que « la marchandise est acheminée sur le territoire camerounais par des motos qui empruntent des voies de contournement. D’autres importateurs la dissimulent soigneusement dans des camions ou des véhicules personnels ». Comme notre guide, le prétexte que les consommateurs de Tramol brandissent est celui de l’entrain et de la résistance à la tâche. « On peut travailler pendant des heures sans être fatigué. Je prends 45 comprimés par jour, par vague de 10 toutes les 3 heures. Cela me permet de travailler pendant deux jours et deux nuits d’affilée ». Comme effets secondaires notre guide, confirme « qu’il a une perte d’appétit et qu’il boit beaucoup d’eau ».

Pour les spécialistes de la santé, « Ce médicament, qui n’est pas un générique, est d’origine douteuse et sa prise régulière peut entraîner une overdose. Son équivalent en pharmacie est le Trabar, fait à base de Tramadol qui est un analgésique, vendu uniquement sur ordonnance médicale. Le Trabar est également très consommé ces derniers temps, sans doute qu’ils ont découvert son action euphorisant ». Dans la ville de Bertoua, la prise de cette drogue est à l’origine de multiples accidents ainsi que du grand banditisme. Mais, des actions de répression d’envergure n’ont malheureusement pas encore été pris pour lutter contre le fléau.
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