MOUVEMENT NKUL BETI
   CAMEROUN             AFRIQUE             MONDE
Presidentielle 2018 – Babissakana: «Le choc d’une succession présidentielle incertaine peut être plus destructeur que le choc sécuritaire imposé par Boko Haram»
Source, auteur, copyright
© Jean-Marie NKOUSSA | Cameroon-Info.Net
La phase terminale de déclin de la courbe d’expérience du Président Paul Biya et son âge exceptionnellement avancé fondent l’urgence et l’intensité du besoin de succession au pouvoir central
     Date de publication: 05-03-2016   15:32:34
Quel regard portez-vous sur les appels à candidature au président Biya depuis quelque temps ?

Babissakana : La mise en scène observée au Cameroun depuis plusieurs mois à travers des ‘‘appels du peuple’’ publiés et diffusés par les médias de service public, traduit à notre avis une dynamique malheureuse d’ensauvagement politique très néfaste pour nos institutions publiques (…) Mais, il est à observer que ces ‘‘appels du peuple’’ reflètent dans le fond une fuite en avant honteuse des élites du RDPC qui apparaissent anesthésiées et incapables d’engager ouvertement et publiquement le débat de fond qui s’impose pourtant jour après jour sur la transition ou la succession du président Paul Biya. La phase terminale de déclin de la courbe d’expérience du Président Paul Biya et son âge exceptionnellement avancé fondent l’urgence et l’intensité du besoin de succession au pouvoir central (…) Le risque de succession à la tête du Cameroun fait référence à l’incertitude qui pèse sur la passation du pouvoir suprême de Paul Biya à un nouveau président de la République encore inconnu. Ce risque apparaît comme une menace importante de rupture de la continuité des institutions ou des engagements du gouvernement ou du pouvoir exécutif. Dans notre contexte actuel, ce risque de succession s’accroît substantiellement avec les manœuvres d’ensauvagement politique observées qui assombrissent plus qu’ils n’éclaircissent le climat et l’horizon pour les activités économiques et surtout les investissements à fort potentiel à travers des projets à cycle économique long.

Quel peut en être l’impact au niveau des investissements

Babissakana : Les manœuvres de perpétuation au pouvoir du président Paul Biya malgré son âge avancé et le déclin de sa courbe d’expérience accroissent en fait le degré d’incertitude sur la succession présidentielle au Cameroun. Même si le Président se représentait en 2018 et qu’il obtenait un nouveau mandat présidentiel, le risque de succession à la tête de l’Etat du Cameroun restera toujours très élevé. La hausse du risque de succession présidentielle peut décourager certains investisseurs étrangers objectivement intéressés par le Cameroun à investir immédiatement ou à court terme à l’horizon 2017 ou 2018. Ces potentiels investisseurs attentifs à la bonne gouvernance publique auront logiquement tendance à la patience et à l’attentisme afin que l’horizon s’éclaircisse pour pouvoir prendre des décisions éventuelles d’investissement couvrant un cycle économique de cinq ans et plus.

Faut-Il craindre un ralentissement de la croissance à la suite d’éventuelles agitations sociopolitiques ?

Babissakana : Si le risque de succession à la tête de l’Etat du Cameroun n’est pas maîtrisé par une transition présidentielle sereine et transparente il peut alors dégénérer en une crise sociopolitique se traduisant par des agitations ou des manifestations d’insécurité institutionnelle et administrative. Une insécurité institutionnelle et administrative au Cameroun peut se traduire par un environnement économique et social délétère réduisant la confiance des agents économiques avec des conséquences négatives sur le rythme d’activité et le freinage de la production et en conséquence de la croissance économique.

Le pays peut-il se payer le luxe d’un autre choc, après la guerre contre Boko Haram, la chute du baril du pétrole et l’entrée en vigueur de l’APE?

Babissakana : Le choc d’une succession présidentielle agitée ou incertaine peut être largement plus destructeur que le choc sécuritaire imposé par le groupe terroriste Boko Haram mis ensemble avec le choc économique de créé par l’effondrement du prix du baril de pétrole qui a perdu plus de 70% depuis mi-2014. Le président de la République étant l’acteur central du dispositif institutionnel et administratif de l’Etat du Cameroun, tout choc de succession aurait une portée et une intensité systémiques susceptibles d’avoir des effets négatifs cumulatifs et multiformes non comparables aux deux autres chocs. Le prix d’un choc de succession présidentielle agitée et non maîtrisée est tellement élevé pour le Cameroun qu’aucun leader, citoyen ou groupe de citoyen intègre et responsable ne peut délibérément envisager d’en supporter la charge.
   Commentaires - [Total : 0]
  Pour écrire un commentaire, connectez-vous en cliquant ici
MENTIONS, COPYRIGHTS
© Jean-Marie NKOUSSA | Cameroon-Info.Net
Warning. A l’attention de tous nos visiteurs internautes !
Le Code de la propriété intellectuelle n’autorise que « les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective ». Tous les éléments présentés sur notre site MNB (images, vidéos, extraits sonores, textes, photos, logos, illustrations, etc.) sont soumis de facto au droit d'auteur, même si leur accès est libre et gratuit et qu'aucune mention de copyright © ne précise qu'ils sont protégés !

Lors de vos utilisations, reproductions ou représentations d’une œuvre ou d’une partie d’œuvre publiée sur notre site, il est donc conseillé d’obtenir au préalable, le consentement de son auteur, de citer l’auteur et la source originale éventuelle de ladite œuvre. Faute par le copiste de respecter cette démarche, il s’expose seul aux lois, poursuites et condamnations en vigueur, lesquelles combattent le plagiat et la contrefaçon.
NOS PARTENAIRES