MOUVEMENT NKUL BETI
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Le groupe CLC, « Think Tank » social et politique ou la locomotive intellectuelle du nouveau Cameroun ?
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Propos recueillis par Maurice Ze, Coordinateur du Mouvement Nkul Beti.
Dans le cadre de nos entretiens Face à Face, ce n’est pas un invité que nous recevons aujourd’hui mais un groupe qui depuis un an à travers les réseaux sociaux se distingue par ses initiatives. Véritable groupe de réflexion qui regroupe en son sein monsieur et madame tout le monde, mère au foyer, père de famille, médecins, magistrats, hommes et femmes en tenue, banquiers, communicateurs, religieux et religieuses etc etc. Nous ouvrons nos colonnes à ce groupe, Commentons les Commentaires (CLC) groupe qu’anime Françoise Memono Mbarga, Patty Bebe, Jean-Baptiste Bekoa, Véronique Nzíé… Nous allons à leur rencontre afin de discuter avec eux des problèmes du Cameroun mais aussi des orientations de leur groupe.
     Date de publication: 08-02-2013   10:56:37
Vous n’allez pas tous parler à la fois alors commençons par vous Patty Bebe et les autres interviendront suivant leur disponibilité à tel ou tel autre sujet.
1. Face à Face : Bonjour Patty. Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs ? Qui se cache derrière Patty Bebe ?
 
Patty Bebe : Bonjour, Patty Bebe est Consultante en gestion des collectivités et en management des entreprises. Par ailleurs, c’est une femme avide de justice sociale d’où son engagement sans relâche auprès des faibles en tant que militante des droits de l’Homme et critique politique. Ses idées politiques l’ont portée vers la social-démocratie avec une passion pour le panafricanisme.
2. Face à Face : Nous sommes tous unanimes que le Cameroun se porte mal. Dans quel cadre pouvons-nous classer vos efforts en tant que groupe pour une amélioration de la société camerounaise ?
 
Pour commencer, nous dirons que le Cameroun est notre pays à tous, c’est un héritage que nous avons en commun comme vous pouvez le voir autour de cette table. Nous sommes de différents âges, de différentes professions, de différentes confessions mais aussi de différentes régions du Cameroun mais ce qui nous uni est le Cameroun. Voilà ce qui guide notre engagement et notre volonté à participer à la construction de notre pays, à son avancement et à son rayonnement.
Nous ne sommes pas dans une posture de jugement mais de proposition car l’avenir est devant nous et les constats que nous faisons ne sont là que pour nous conduire vers cet avenir que nous voulons responsable par et pour toutes et tous. Personne ne saurait se croiser les bras quand la maison du voisin brûle ! Cette fois ce n’est pas la maison du voisin mais bien la nôtre il est donc question de nous mobiliser autant que possible pour le triomphe du courage, de l’abnégation et du service à l’autre.
3. Face à Face : Faites-vous partie de ces regroupements qui se disent apolitiques mais qui au fond se mêle de la politique en formant l’opinion au bénéfice des mouvements politiques ?
 
Se dire apolitique c’est ignorer ce que c’est que la politique. Um Nyobé nous a dit quelque chose qui nous a marquées : « Dans la vie tout est politique, tout touche à la politique et la politique touche à tout ». Se dire apolitique serait avec humilité refuser d’assumer sa citoyenneté parce qu’en tant que citoyen nous avons le devoir de participer à la bonne marche de la cité. Tout acte que l’on pose (prendre connaissance d’un communiqué communal, payer ses taxes, ses médicaments en pharmacie, sa facture d’électricité, assister à une réunion de famille, se faire vacciner, faire la «tontine »…) participe à la politique de son pays parce que tout cela est préalablement définit par des normes sociétales encadrées par des politiques. Au Cameroun, nous avons tord de réduire la politique à l’appartenance à un mouvement car la politique c’est plus que cela !
4. Face à Face : Que se passe-t-il au Cameroun ? Pourquoi le non-respect des valeurs sociales, culturelles et traditionnelles ? Pourquoi le sang et la mort ne font plus peur aux Camerounais ?
 
À notre humble avis, la misère, le long «tunnel» dont on ne voit pas le bout ont découragé les Camerounais qui de ce fait se sont enfermés dans la fatalité et dans le pessimisme, mais surtout dans une attitude attentiste. La très grande majorité des Camerounais pensent que rien ne peut être fait, que rien ne peut bouger, que rien ne peut changer et qu’il faut juste s’adapter et faire avec. Il y en a qui vous disent : « Le Cameroun c’est le Cameroun, on va faire comment ?» Pour s’adapter et essayer de s’en sortir malgré tout, on fait comme les autres, ceux qui ont réussi par des moyens douteux et on érige le culte de la réussite par tous les moyens comme la règle à suivre. Et on en arrive à des situations où des familles encouragent la prostitution de leurs filles, où les époux s’accordent pour que la femme s’adonne à la prostitution, du moment que l’argent rentre… Et comme la réussite à n’importe quel prix est devenu la norme, les marchands d’illusion – marabouts, pasteurs, prêtres, charlatans de tout acabit - occupent le terreau ainsi fertilisé par la misère pour faire miroiter des possibilités de réussite en prenant la vie des autres, en mutilant les autres, en se livrant à des pratiques sataniques même ! Tant que les Camerounais n’auront pas retrouvé l’espoir que les choses vont changer et que leur quotidien peut s’améliorer, tant qu’ils n’auront pas l’impression que ceux qui ont la charge de les diriger se préoccupent vraiment de leur bien-être et feront leur travail comme il faut pour le bénéfice de tous, le désespoir les poussera encore plus loin, loin de l’humain, loin de leurs semblables.
5. Face à Face : Dans un article récent intitulé « Les filles mutilées de Yaoundé : ensemble arrêtons le massacre ! », vous dites : « Où est passée la considération pour l’autre juste parce que c’est un humain et que sa vie est aussi précieuse que la nôtre ? Car face à ce déferlement de violence et de crime, l’Etat seul ne peut rien ; Il a besoin d’être secondé par une population disponible et solidaire de la vie ». Pourquoi vous mettez-vous du côté de l’état alors que vous décrivez en même temps un état sans règles et mesures de prévention ?
 
Nous ne nous mettons pas du côté de l’État. Nous pensons que l’État a des devoirs envers les citoyens dont celui d’assurer leur sécurité. Il est de ce fait normal que nous nous attendions à ce que les instances désignées à cet effet fassent leur travail. Oui, nous disons et affirmons que l’État seul ne peut rien faire parce que si la solidarité qui doit exister entre Camerounais face à la montée de la violence disparaît, si l’égoïsme prend le dessus, si l’on ne réagit que parce que notre famille ou un de nos proches est touché, alors, notre pays est perdu pour de bon. Nous affirmons que les populations doivent se mobiliser pour dire Non aux criminels sans vergogne qui veulent les traumatiser en commettant des atrocités de plus en plus sordides. Chaque Camerounais doit se sentir concerné et le dénoncer et aider l’État à lutter contre ces individus ! Face à ce que nous vivons, il faut avoir été à Mimboman pour comprendre que le peuple doit se montrer solidaire, volontaire et se mobiliser pour dire NON et barrer la route aux criminels. Cela forcera l’Etat même démissionnaire comme le nôtre à prendre des mesures adéquates pour la sécurité du peuple parce que ce peuple se montrera déterminé, volontaire et solidaire et suscitera une conscientisation accrue sur les problèmes que nous vivons Tous.
6. Face à Face : Que diriez-vous si j’affirme que les assassinats avec profanation des dépouilles constituent une forme de rébellion contre l’état qui visiblement n’existe plus au Cameroun…
 
C’est une lecture qui est possible si l’on veut parler de la défiance de l’autorité établie. Effectivement face à l’absence de l’Etat dans ses institutions bien que symboliques et face à un Etat non visible dans les services publiques, la criminalité veut prendre le dessus. Mais le constat que nous faisons avec d’autre c’est que l’on s’attaque aux plus faibles, à ceux dont la disparition touche très peu l’Etat Institution et son appareil.

Voilà pourquoi nous invitons à chercher et non à trouver avant de chercher. Nous prônons au-delà du retour des valeurs du respect de la vie humaine, une efficacité de nos forces de police, un triomphe de la science face aux charlatans et aux marchands d’illusion. Mais en définitive, l’Etat existe bel et bien et ces crimes ne remettent pas son existence légale en question. Voilà qui justifie d’ailleurs notre engagement sinon tout le monde aurait sorti son propre moyen de défense avec pour résultat l’anarchie et le chaos.
7. Face à Face : Que faut-il faire exactement pour empêcher le vol des bébés, le viol des femmes, les profanations ? Quelle est le plan d’actions qu’il faut immédiatement mettre en exécution pour ne plus vivre des événements cauchemardesques ?
 
En ce qui concerne les vols de bébés, nous l’avons déjà proposé par le passé. Un Code de la famille clair qui régule les questions familiales et des lois bien élaborées et mises à la disposition de tous mais surtout leur application sans exception. De plus, dans les hôpitaux, le personnel médical en contact avec les nouveau-nés doit être formellement identifiable du reste du personnel (uniforme de couleur différente, port de badge nominatif et électronique), les portes des maternités doivent être électroniques et sous surveillance de cameras, l’accès aux maternités réservé uniquement au personnel de maternité et aux visiteurs formellement identifiés en dehors des rondes médicales, une limitation des heures de visites pour les proches et l’admission d’un membre de la famille en salle d’accouchement de l’admission à la délivrance complète de la mère. Pour les cas de vols dans les habitations et quartiers, les populations doivent faire plus attention, les parents se doivent d’être vigilants et de protéger leur progéniture. Il y a trop d’enfants laissés à eux-mêmes pendant la journée alors que les parents se débrouillent à trouver de quoi assurer à manger à la maison.

Pour le reste, la solidarité serait aussi d’un grand apport pour réduire ces malheureux évènements. Les populations doivent nécessairement s’organiser par secteur de quartier, former des groupes de vigilance et assurer ainsi la sécurité des plus vulnérables. Il y a assez d’agents de police dans les grandes villes comme Yaoundé, les autorités doivent réorganiser les commissariats et les équiper afin de leur permettre des patrouilles de sécurité nuit et jour.

Il est impératif d’éclairer nos quartiers et de s’assurer que les populations sont satisfaites en eau et en centres de santé de proximité afin de leur éviter de parcourir de grandes distances dans l’obscurité et à la recherche de l’eau ou d’un médecin. Un système d’alerte relié aux commissariats pour chaque quartier devrait être envisagé et les populations formées à sa bonne utilisation.

La procédure selon laquelle un corps victime de meurtre ou de mort suspecte ne se déplace en l’absence d’un médecin légiste et d’une police scientifique doit être scrupuleusement respectée. Si nous n’avons pas de police scientifique, il est grand temps de la créer et de l’équiper de manière adéquate afin qu’elle puisse efficacement faire son travail.

Finalement, il faut sévèrement punir les criminels pour en dissuader ceux qui penseraient à commettre de telles atrocités dans l’avenir.

Un frère disait : « c’est toujours l’occasion qui fait le larron " et le larron c’est aussi bien les voleurs que les violeurs. Il faut donc éviter de leur donner l’occasion !
8. Face à Face : Existe-il une faute collective entre les femmes sexuellement abusées et les violeurs ? Comment qualifiez-vous le rôle des jeunes femmes qui utilisent leurs corps comme moyen facile pour accéder à l’argent ?
 
Nous souhaitons d’abord préciser que les victimes des viols dans notre société sont aussi bien des hommes que des femmes bien que le nombre de victimes féminines soit plus élevé. Pour répondre à votre question : Non, il n’y a pas de faute collective, un violeur est un malade et doit-être traité comme tel. C’est quelqu’un qui comme un voleur veut à tout prix posséder ce qui n’est pas à lui par la force et la ruse. Un(e) violé(e) est une victime et nécessite d’être aussi traitée comme telle. Inverser les rôles serait machiavélique ! Nous ne voyons donc pas dans quel sens les victimes partageraient cette faute. Certains avancent comme raison le comportement vestimentaire minimaliste ou transparent chez les femmes. Essayer de trouver une raison contre les victimes est une insulte à l’intelligence humaine.
A ceux-là voici quelques questions : pourquoi les plages ne sont-elles pas des centres par excellence de viols alors que les tenues de plages exposent le corps à 90%? Pourquoi les enfants et les nourrissons sont-ils violés, portent-ils aussi des tenues osées qui « encourageraient » les violeurs ? Lorsqu’un homme viole un autre est-ce parce que ce dernier porte des tenues osées ? Rien et absolument rien ne peut justifier le viol si ce n’est l’état d’esprit du criminel !

Quant à la prostitution, elle a toujours existé et est devenue au fils des temps un métier comme tous les autres à condition de l’assumer comme tel. Ceci dit, celui ou celle qui choisit la prostitution comme métier doit assumer en payant ses taxes, s’acquittant de sa cotisation sociale et participant à la vie de la cité comme tout autre citoyen qui fait un autre métier et nous devons la/le respecter comme tel. La question ici est de savoir si la prostitution est légale au Cameroun.
Si c’est le cas, nous n’avons aucun droit de juger des choix personnels des adultes.
Si ce n’est pas le cas, alors que la loi soit appliquer pour la réprimer.
En toute honnêteté, nous ne voyons donc pas en quoi se prostituer encouragerait un violeur du moment où c’est un marché que des adultes consentants concluent avant toute exécution.
Quelle corrélation y-a-t-il donc entre avilissement corporel (prostitution) et crime (viol) ?
9. Face à Face : «Oui les droits des femmes semeuses d’espérance et de vie sont bafoués, souffrances, cris de douleur, femmes insultées, humiliées, meurtries, blessées jusqu’à la mort. ». Les femmes sont-elles les seules victimes d’un état camerounais sans perspectives ? Que diriez-vous des hommes qui deviennent des criminelles faute d’issues respectables ? La majorité des Camerounais n’est-elle pas victime d’un Etat sans vitalité et sans des institutions fortes ?
 
Non, les femmes ne sont pas les seules victimes d’un état camerounais sans perspectives, mais elles sont les plus exposées aux conséquences de cet état de choses parce que les plus vulnérables dans toute société quelle qu’elle soit.
Nous rappelons que l’un des cinq (5) suspects arrêtés par le commissariat d’Ekounou était une femme. Elle a apparemment été libérée pour des raisons que nous ignorons encore mais nous attendons des explications plausibles là-dessous !!!
Nous pensons que tous les camerounais sont victimes de la dégradation des institutions de notre pays mêmes ceux qui pensent en profiter.
Mais il n’y aucune raison de devenir criminel dans un pays qui regorge autant de potentiels comme le Cameroun. Des issues respectables il y en a. A condition de faire preuve d’imagination. Le malheur camerounais est le fait que son système d’enseignement ne promeut pas la créativité et l’auto-emploi. La majorité de camerounais qui va à l’école rêve d’intégrer les services publics à la fin des études. C’est très dommage parce que le service public est une minable perspective. Pourquoi donc devenir criminel quand on peut cultiver la terre, fabriquer des œuvres d’art ou faire un commerce et gagner décemment sa vie?
10. Face à Face : Quel est le message important que vous adressiez à la jeunesse camerounaise en ce moment d’insécurité et de peur ?
 
Nous souhaitons dire à la jeunesse camerounaise que tout n’est pas perdu et l’appeler à s’impliquer davantage dans la lutte contre l’insécurité. Elle doit prendre conscience de sa place de choix dans notre société, se mobiliser et donner sons avis à tout moment afin d’influer sur les décisions prises par les dirigeants et les politiques parce que la grande partie de ces décisions la concerne directement ou indirectement. Un pays sans sa jeunesse c’est comme un corps anémié, un soldat en guerre sans munitions. La jeunesse doit assumer sa citoyenneté et jouir de ses droits mais aussi assumer ses devoirs. Le plus fondamental qui se confond dans les deux catégories est le VOTE. Voter c’est assumer un devoir et en même temps jouir de son droit. Voter c’est émettre son avis et assumer ses choix. Nous appelons donc les jeunes à s’inscrire massivement sur les listes électorales, à concourir ou à aller voter aux prochaines échéances qui sont des échéances de proximité et les plus importantes pour le bon fonctionnement d’une nation. Parce que leurs voix comptent et leurs avis sont très importants pour la construction de notre pays.

La peur qui tétanise notre jeunesse est un bon signe parce qu’elle confirme l’humain en elle. Il faut pouvoir la surmonter, s’armer de courage et avancer.
Jeunesse, ne croise plus les bras ! La réussite c’est au bout de l’effort. Garde confiance en l’avenir, cultive l’excellence car cette lutte est tienne !
Jeunesse du Cameroun, tu es la pierre angulaire de notre Nation. Tu es l’espoir, l’Alpha et l’Omega de notre pays et tu seras responsable de ce qu’il lui deviendra ou pas demain !
11. Face à Face : Tout ce qui se produit au Cameroun en ce moment mérite tout d’abord une solution politique. Voici ma question Comment renouveler le paysage politique camerounais et instaurer un état de droit, un état avec des institutions fortes, un état où on respecte et applique les lois ?
 
Il faut tout simplement que le régime en place cède la place à une nouvelle génération de leaders innovateurs et capables de gérer notre pays (Dieu seul sait combien le Cameroun en compte à travers le monde). Ceux-là qui ne demandent qu’à servir honorablement et valablement ce pays afin de le transformer en une Nation prospère. Ce régime trentenaire est à court d’idées et d’arguments convaincants, c’est pour cela qu’il répond aux besoins d’une société en évolution par la violence et le mépris. Hors la violence, le vaudou et la corruption comme mode de gouvernance ne conduit que ce pays inévitablement vers un désastre et c’est très dommageable pour notre pays qui a besoin de chaque main existante pour se construire.

En attendant ce changement, nous demandons que ceux qui sont actuellement au pouvoir aient le courage de se laisser remettre en cause, qu'ils acceptent la critique, la démocratie c'est aussi cette remise en cause là, qu'ils nous donnent des raisons de les croire en dehors de la démagogie.

Nous pensons que de très bonne lois existent au Cameroun il faut tout simplement les appliquer en bon échéant et nous aurons rétabli un état de droit et renforcé nous institutions. Ce n’est que la volonté qui manque à ceux-là censés les appliquer.

De plus, il est une nécessité de réellement séparer les pouvoirs au Cameroun et réduire les prérogatives du chef de l’état afin qu’il ne soit plus le centre de toutes les grandes décisions.
Il est plus qu’impératif de sécuriser la loi fondamentale de notre pays par un référendum afin qu’elle ne fasse plus l’objet de manipulations grotesques par qui que se soit.
12. Face à Face : Qui est CLC et comment ce groupe compte participer à la construction du « Cameroun de Demain » ?
 
Nous sommes un « Think Tank » social et politique qui a pour but de produire et de diffuser des travaux de réflexion sur l’avenir global du Cameroun.
Nous nous fixons prioritairement trois objectifs :
  • Aider les camerounais dans un cadre d’échange à favoriser la rénovation intellectuelle en impliquant le plus de monde possible.
  • Contribuer à la refondation de la matrice idéologique des hommes et des femmes qui s’engagent dans la vie politique de notre pays en nous situant politiquement à gauche dans la social-démocratie, par nos travaux.
  • Dans et par nos échanges, élaborer et accompagner la mise en œuvre de solutions politiques. Les propositions faites ici sont destinées à tous les leaders de gauche et le peuple camerounais en est le principal bénéficiaire.

Commentons les Commentaires inscrit son action dans un vaste réseau associatif et met son propre réseau au service de la réalisation de son objet. Commentons les Commentaires veut s’inspirer de ce qui se fait de mieux ailleurs pour le mettre au service des populations du Cameroun, au service des politiques publiques. Nous participons ouvertement au débat intellectuel de notre temps et tenons à y exercer une influence, en enrichissant les débats démocratiques, sociaux et économiques. Notre finalité est de participer au rayonnement des idées, à la recherche et à l’amélioration des politiques publiques et c’est tout naturellement aussi que nous souhaitons faire connaître de nouveaux talents.

Nous voulons faire connaître les idées, les populariser, porter les grands enjeux du monde contemporain en rapport avec les besoins de notre société auprès des médias, des entreprises et du grand public mais, Commentons Les Commentaires demeure un cadre de concertation indépendant de tout parti politique au Cameroun et ailleurs.

En pratique, Commentons Les Commentaires peut mener une diversité d’actions parmi lesquelles : la publication de notes et d’essais, l’analyse de politiques publiques, l’organisation de conférences, de séminaires, d’actions de sensibilisation, le développement de réseaux, la formation (élus, collaborateurs, professionnels divers, membres de différents groupes associatifs et autres tontines)
13. Face à Face : Un thème qui m’intéresse beaucoup est l’impact des réseaux sociaux sur le développement en Afrique. Quelles sont les limites d’influence du groupe CLC par rapport à la construction du Cameroun ?
 
Le groupe CLC se voudrait de rassembler des jeunes, des femmes et des hommes de toutes classes sociales et de tous les horizons ayant les mêmes ambitions citoyennes et politiques. A savoir des camerounais qui rêvent de bâtir un Cameroun juste, libre et prospère dans la paix et qui sont prêts à travailler ensemble et à faire des propositions à ceux des politiques et des gouvernants en place qui voudraient les écouter et travailler avec eux. Les débats et rencontres organisés ces derniers temps, les actes posés sur le terrain à savoir : la vulgarisation de la « bible du Mbéré » et notre mobilisation sur les crimes de Mimboman parlent d’eux-mêmes. Il y a donc lieu de dire que les limites sont celles que nous nous fixons individuellement et collectivement dans le groupe CLC. Et puisque notre amour pour le Cameroun n’a pas de limite, nous avons peur de ne pas pouvoir fixer des limites précises de notre champs d’actions et invitons tout simplement chaque membre à donner le meilleur de soi selon ses capacités.
14. Face à Face : Faites-vous concurrence au groupe LCCLC (Le Cameroun C’est le Cameroun) ? Que diriez-vous, si j’affirme que CLC et LCCLC constituent des forums avec des ambitions politiques ?
 
Nous ne croyons pas faire concurrence à quelque groupe que se soit. CLC est un groupe novateur et constant dans la proposition. Nous, CLC nous sommes un laboratoire d’idées qui réunit des Camerounais qui veulent transformer le Cameroun de son état actuel de déliquescence en une nation forte et prospère dans laquelle tous ses enfants vivront en harmonie. Nous sortons donc des constats et lamentations pour proposer ses solutions concrètes et adéquates aux problèmes camerounais. Nous ne connaissons pas les objectifs de l’autre groupe.

En tout état de cause, tout groupe virtuel ou réel a droit à des ambitions politiques, du moins ses membres ou une partie de ses membres et cela n’est que normal dans une société qui se dit démocratique.
15. Face à Face : Les Camerounais reprochent l’opposition d’inefficacité. Les forums virtuels représentent-ils les partis politiques de demain ?
 
Nous pensons que la vieille opposition est, comme les pouvoirs en place en manque d’idées et d’inspiration. L’évolution des NTICs nous amène aussi à croire qu’aucun parti politique sérieux et désireux de vulgariser ses idées au-delà des frontières nationales ne peut aujourd’hui se passer ni des forums virtuels ni des réseaux sociaux qui ont cet avantage de rapprocher et de toucher les Hommes où qu’ils soient à tout moment surtout pour un pays où les réunions sont presque toutes interdites ou sujettes à des autorisations spéciales (dictature et régime policier oblige).

C’est possible que les forums virtuels d’aujourd’hui se transforment en partis politiques demain. Mais il serait plus efficace et productif que ces forums ou du moins leurs membres se rapprochent des formations politiques déjà existantes et porteuses d’idéologies auxquelles ils peuvent s’identifier afin d’apporter à celles-ci des idées novatrices, de l’expertise et le talent dont elles ont besoin pour améliorer leurs rendements sur le terrain. Car bien structurés, les forums virtuels peuvent être des laboratoires par excellence de débats, de confrontation d’idées et de propositions.
Suite de l'entretien

Face à Face : La question s’adresse à vous tous, êtes-vous animés par des ambitions de première ligne ? La magistrature suprême vous tente-t-elle ?

Nous sommes dans une perspective de réflexions et de propositions. Ces propositions ne sont point silencieuses, maintenant nous apportons notre soutien à ceux et celles que nous pensons être capables de porter notre travail c’est cela travailler en synergie.

Face à Face : Un mot sur la place de la femme au Cameroun…

Les problèmes de genre rentrent dans nos analyses. Il faut savoir que le Cameroun a eu une ministre en même temps que la France en 1974 c’est-à-dire un ministre de plein exercice avec Delphine Tsanga aux Affaires Sociales. La femme camerounaise a toujours été aux avants postes du développement de notre pays avec plus ou moins de succès. Je ne voudrais pas croire que ce sont des nominations qui donnent à la femme sa place au sein de la société camerounaise. Nous avons cependant à faire des efforts dans la scolarisation des filles dans notre pays dont le taux est inférieur à celui des garçons. Nous devons encourager l’égalité salariale entre hommes et femmes. Notre société doit tenir compte de la spécificité des femmes notamment en construisant des crèches pour les femmes puisque professionnellement s’exprimer. Voilà autant de préoccupation au sein de CLC et des équipes travaillent dans ce sens pour pouvoir faire des propositions aux décideurs, aux politiques et aux pouvoirs publics dans notre pays.

Face à Face : Pour finir Patty si je ne me trompe pas, vous êtes aussi impliquées dans la réalisation des projets concrets pour le Cameroun. Que faites-vous exactement ?

Patty Bebe : Oui, en effet. Concrètement, j’apporte mon expertise sur des questions d’ordre social aux politiques et leaders d’opinion qui la sollicitent ;
Je participe à des forums d’éducation sociopolitique des jeunes et au débat communautaire quand j’en a l’occasion.
Je suis aussi Coordinatrice Internationale du projet culturel et linguistique ERELA (Ecoles Rurales Electroniques en Langues Africains) pour le Grand Mbam (Mbam et Inoubou - Mbam et Kim). Mon rôle toujours bénévole consiste à coopérer avec les coordinateurs locaux afin d’assurer un meilleur fonctionnement des comités et à mobiliser les ressortissants de cette partie du pays vivants à l’étranger et les amener à soutenir par des dons matériels ou financiers la création et l’équipement des centres multimédia, des comités de langues et la formation des formateurs en langues nationales dans cette région. Nous luttons ainsi contre la disparition de nos langues nationales, nos arts et cultures par un transfert endogène et l’alphabétisation de jeunes générations en langues nationales. Ce projet initié par le centre ANACLAC est aujourd’hui endossé par les minedub, minesec, minsup et mincult. Dès la rentrée 2013, 4 langues nationales seront introduites pour un début au secondaire à savoir : Ewondo, Bassa, Foulbé et Ghomálá.

Face à Face : Nous remercions le groupe CLC d’avoir pris le temps de répondre à nos questions et nous allons continuer à suivre vos différentes actions et à en rendre compte.

C’est nous qui vous remercions pour cette vitrine et nous en profitons pour dire merci aux lecteurs de Face à Face.

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Propos recueillis par Maurice Ze, Coordinateur du Mouvement Nkul Beti.
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