Accueil    
Grammy Awards : triomphe du hip hop politique de Kendrick Lamar, la béninoise Angélique Kidjo à nouveau récompensée
Nominé 11 fois, 5 récompensé, Kendrick Lamar a lourdement marqué les esprits lundi soir, à travers un show incroyable, signe de son fort engagement politique contre les violences raciales aux Etats-Unis. Côté musique du monde, sans surprise, Angélique Kidjo rafle une nouvelle fois la mise.
     Date de publication: 17-02-2016   07:34:07
Pour la 56ème édition des Grammy Awards, Kendrick Lamar, a littéralement enflammé la scène du Staples Center de Los Angeles lundi soir, à travers un live engagé, à la mise en scène époustouflante, dans lequel il dénonce les violences policières à l’encontre des Noirs aux États-Unis.

Dans un décor carcéral, le rappeur américain s’avance, l’oeil au beurre noir, menotté, pieds et mains liés, enchaîné à ses congénères. Devant une assistance médusée, il entame « The Black and The Berry », tandis que les prisonniers brisent leurs chaînes. Le titre est tiré de son dernier album, « To Pimp a Butterfly », qui a obtenu le Grammy du meilleur album de rap, ce 15 février.

Vidéo

Au milieu du show, des rythmes africains retentissent, et font basculer Kendrick Lamar de l’autre côté de l’Atlantique. Devant un gigantesque brasier, au milieu d’une dizaine de danseurs et percussionnistes, en habit traditionnel africain, le rappeur de 28 ans enchaîne avec « All right », devenu l’hymne du mouvement Black Lives Matter, né après les innombrables assassinats de Noirs américains par la police.

Une performance visuelle hallucinante, et un message fort qui met au devant de la culture Africaine-Américaine, ses racines africaines. Dans la lignée directe du show de Beyoncé au Super Bowl. La scène finale est tout autant symbolique. Le show qui dura près de 6 minutes se termine sur une inscription : le nom de sa ville natale – « Compton » – inscrit au milieu du continent africain.

Côté musique du monde, c’est Angélique Kidjo qui a raflé la mise pour la deuxième fois consécutive et pour la troisième fois de sa carrière. Une récompense pour Sings, une compilation de ses chansons interprétées avec l’orchestre philharmonique du Luxembourg. « Ce qui m’étonne de plus en plus, c’est l’ouverture d’esprit des Grammys par rapport aux autres entités artistiques, ils s’ouvrent au reste du monde », a-t-elle déclaré.



L’album de la béninoise l’a emporté face à celui de la légende de la bossa-nova brésilienne Gilberto Gil, face au groupe malawite Zomba Prison Project, et face à l’album de la joueuse de sitar Anoushka Shankar, fille du défunt Ravi Shankar. Une lauréate un peu convenue dans une sélection qui l’est tout autant. Après autant de célébrations des racines africaines de la musique africaine-américaine, on ne peut que déplorer le manque de curiosité des Grammy : car le continent, de Cape Town à Dakar en passant par Lagos, offre une énergie et une créativité qui n’a rien à envier aux États-Unis.
   Commentaires - [Total : 0]
  Pour écrire un commentaire, connectez-vous en cliquant ici
MENTIONS, COPYRIGHTS
Jeune Afrique - Par Jean-Sébastien Josset et Natacha Gorwitz
Warning. A l’attention de tous nos visiteurs internautes !
Le Code de la propriété intellectuelle n’autorise que « les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective ». Tous les éléments présentés sur notre site MNB (images, vidéos, extraits sonores, textes, photos, logos, illustrations, etc.) sont soumis de facto au droit d'auteur, même si leur accès est libre et gratuit et qu'aucune mention de copyright © ne précise qu'ils sont protégés !

Lors de vos utilisations, reproductions ou représentations d’une œuvre ou d’une partie d’œuvre publiée sur notre site, il est donc conseillé d’obtenir au préalable, le consentement de son auteur, de citer l’auteur et la source originale éventuelle de ladite œuvre. Faute par le copiste de respecter cette démarche, il s’expose seul aux lois, poursuites et condamnations en vigueur, lesquelles combattent le plagiat et la contrefaçon.