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Interview avec Bernard Owona Enama, un homme vivant entre les murs des églises. Prêtre en devenir
Membres du Mouvement Nkul Beti, femmes et hommes ekang, j’ai l’occasion de vous présenter cette fois-ci notre frère Bernard Owona Enama, un homme vivant entre les murs des églises, un prêtre en devenir.

Le Mouvement Nkul Beti revient sur l’état de la religion aujourd’hui et surtout sur le rôle des églises chrétiennes dans notre société. Nous savons que les églises chrétiennes, entres autres les missions catholiques ont influencé considérablement nos vies - nous avons généralement et inconsciemment une suite de questions paradoxales en rapport avec l’influence des églises chrétiennes qui restent toujours pas répondues. Cette interview avec Bernard Owona Enama va à la recherche de la vérité spirituelle et chrétienne.
Date de publication : 02-09-2010  /07:19:50
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La tribune libre d’expression a l’occasion d’avoir sur son plateau un jeune Ekang, personne religieuse et prêtre en devenir.
Mr. Owona bonjour, c’est la deuxième fois que j’ai un entretien avec une personne religieuse. La première fois fut avec le musulman Beti Erick Achille Omar Nkoo, maintenant c’est avec un chrétien. Mes entretiens commencent toujours par une question devenue une tradition du Mouvement Nkul Beti : Qui est Bernard Owona ? Que devons nous retenir sur votre famille et vos origines ?
Je voudrais d’abord vous remercier pour cette occasion que vous m’accorder de m’exprimer sur cette plateforme. Avant d’entrer dans le vif de notre entretien, je tiens à rendre hommage à mon frère aîné religieux qui a eu l’honneur de répondre à vos questions et dont j’ai trouvé les réponses très édifiantes. Je salue aussi tous les Ekang de par le monde.

Parlant de moi, qui suis-je ? Je suis Bernard Owona Enama, né à Yaoundé, originaire du département de la Lékié. Je suis Eton à 100 /100, région du centre Cameroun. Je suis d’une famille profondément chrétienne, catholique. (Je pense ici à mon père Mama Enama Christophe et ma mère Lekini Célestine). J’ai fait mes études primaires dans un petit village à proximité de Yaoundé, Nouma PAR Okola (20-25 km environ). Après mon CEPE et le concours en 6ème, je suis entré en 6ème justement au Lycée d’Okola où j’ai passé 2 ans, 6ème et 5ème, après quoi je suis allé au Lycée Leclerc, Lycée de Nkolbisson, Institut Samba, et puis Lycée de Nkoabang, où j’ai obtention de mon Baccalauréat. Vous constatez que je suis passé d’un Lycée à un autre, c’est lié au fait que mon grand frère avec qui je vivais changeait chaque fois de quartier. (Il est mort déjà et Paix à son âme, il a été pour moi un père, je le porterai toujours dans mon cœur. Il fut un éminent musicien de l’armée camerounaise. Larchange, que Dieu te garde auprès de lui.). Après mon bac donc, je suis entré en Propédeutique dans la congrégation des Prêtres du sacré cœur de Jésus (Déhonien) à Bafoussam, après la propédeutique, il fallait poursuivre avec l’étape suivante qui est le Postulat, et la maison se trouve à Ndoungué par Nkongsamba, la même maison abrite le Noviciat, donc j’y ai passé deux ans. Lesquels deux ans ont eu pour fin, la première profession. C’est la fin de la formation initiale, et là commencent les études supérieures. C’est cela qui m’a conduit au Congo où je suis actuellement en 3ème année philosophie. Après cette philo, je rentre au Cameroun pour continuer avec la théologie, s’il plait à Dieu.

Donc qui est Bernard Owona, je suis étudiant religieux dans la congrégation des Prêtres du Sacré Cœur de Jésus.
Vous constatez que je suis passé d’un Lycée à un autre, c’est lié au fait que mon grand frère avec qui je vivais changeait chaque fois de quartier. (Il est mort déjà et Paix à son âme, il a été pour moi un père, je le porterai toujours dans mon cœur. Il fut un éminent musicien de l’armée camerounaise. Larchange, que Dieu te garde auprès de lui.)
En me référant à nos correspondances, vous étiez aux études philosophiques au Congo démocratique. Et il est était question tout dernièrement de rentrer au Cameroun. Pouvez-vous nous parler de votre séjour au Congo ? Surtout de vos études et activités dans ce pays...
Je dirais que je passe un assez bon séjour en terre congolaise, c’est un bon temps de mission, d’expérience de vie. Je trouve beaucoup de ressemblance entre Congolais et Camerounais. C’est un peuple très accueillant, très sympa, très respectueux, très ouvert. Beaucoup de correspondance linguistique entre le Lingala et nos langues beti en général.

Concernant mes études, je dirais que tout se déroule bien, la congrégation met tous les moyens en jeu pour que tout le monde réussisse bien. Le système catholique est assez bien organisé, pas de perte inutile de temps. Et les études actuelles tiennent compte de notre monde qui s’intellectualise davantage, donc la formation est assez adaptée et assez solide.
Le système catholique est assez bien organisé, pas de perte inutile de temps.
Mr. Owona, peut-être que le « bon dieu » a décidé de me ramener dans sa maison dans la mesure où en un laps de temps dans le cadre de ces entretiens, je me vois une fois de plus confronter à la religion. Pourtant dans ma vie, j’ai divorcé depuis longtemps avec la religion. Ce que je voudrais savoir est ce-ci : pourquoi une personne comme vous se décide à un moment de la vie à renoncer à beaucoup de choses pour devenir prêtre ? Qu’est-ce qui a influencé cette décision, du moment où nous savons que la vie entre les murs d’églises n’est pas si facile ?
La réponse à cette question à mon sens peut avoir une double possibilité, la seconde étant la conséquence de la première.

Nous disons généralement que la vocation religieuse est un mystère. Il y a d’un côté l’appel de Dieu, et de l’autre, la réponse de celui qui a reçu cet appel. C’est en effet une interaction entre L’Esprit Saint et celui qui est appelé. La vie religieuse ou la vocation religieuse est un appel, une mission. C’est en vertu de cet appel de Dieu que la vocation religieuse et même chrétienne est vue comme un mystère, où la volonté de Dieu croise une réponse humaine. On pourrait également voir dans une vocation, l’influence humaine, il y a toujours et déjà des personnes qui nous interpellent ou qui nous inspirent par leur manière de faire ou de vivre. Quand j’étais petit j’admirais bien le curé de mon village, et puis je voyais les scolastiques du coin, j’aimais leur manière d’être, toujours calme, tout ça m’intéressait. Peut-être que ma vocation viendrait aussi de là
Nous disons généralement que la vocation religieuse est un mystère. Il y a d’un côté l’appel de Dieu, et de l’autre, la réponse de celui qui a reçu cet appel.
Dans la religion nous parlons plus d’une mission à remplir sur terre. Pour les non croyants comme moi, pouvez-vous nous parler encore du rôle de la religion sur terre ? A quel niveau de la société, l’apport de la religion est-elle importante ?
La religion est d’abord une réalité pratique. Il faut d’abord bien comprendre le sens même de la religion pour déceler son but et son importance.
La réalité de la religion peut se comprendre sous plusieurs perspectives : l’histoire, la sociologie, la psychologie, la philosophie, la phénoménologie, la théologie … etc. La facticité de la religion se vérifie dans tous les domaines de l’existence humaine, la réalité de la religion n’est pas une réalité déconnectée de la vie facticielle. C’est la vie, la manière de vivre, de sentir d’un peuple. Elle est perçue de manière générale comme étant l'ensemble des croyances, sentiments, dogmes et pratiques qui définissent les rapports de l'être humain avec le sacré ou la divinité.

Une religion particulière est définie par les éléments spécifiques à une communauté de croyants : dogmes, livres sacrés, rites, cultes, sacrements, prescriptions en matière de morale, interdits, organisation, etc. La plupart des religions se sont développées à partir d'une révélation s'appuyant sur l'histoire exemplaire d'un peuple, d'un prophète ou d'un sage qui a enseigné un idéal de vie. C’est en fait cela la religion. Il serait donc peu aisé de dire que la religion s’intéresse à tel ou tel autre niveau de la vie d’une société, mais je pense qu’il vaut la peine de dire plutôt que la religion s’intéresse à la totalité la vie d’une société.

Un chrétien ne vivra que comme un chrétien, un musulman ne vivra que comme un musulman, et ce n’est que sous cet angle qu’il voit et lit le monde. Et puis, la religion est d’abord pratique. C’est un comportement, une manière d’être, de sentir, de percevoir le monde. On peut donc dire que la religion concerne tous les domaines de l’existence humaine. La religion peut intervenir à tout moment et à tous les niveaux de la réalisation de l’homme. Aujourd’hui si nous parlons des droits de l’homme, ceux-ci se sont inspirés des écris de l’Eglise. Plus concrètement, l’Eglise s’active à sensibiliser patiemment les chrétiens de manière à corriger l’image qu’ils développent d’elle, à lutter pour l’avènement des changements susceptibles d’améliorer le niveau de vie des hommes, à adapter le style de vie qui allie simplicité et sens de responsabilité, de manière à éviter à leur égard, toute forme de suspicion.
Et puis, la religion est d’abord pratique. C’est un comportement, une manière d’être, de sentir, de percevoir le monde.
Croyez-vous que la Non-croyance représente en elle une religion ? Et qu’est-ce qui nous anime à devenir non croyant ?
La question de la non croyance à mon sens est très hypothétique, et même un non sens. A un moment donné de ma réflexion, je suis arrivé à la conclusion selon laquelle, il n’existe pas d’homme qui ne croit pas. C’est discutable ce que je dis, mais jusqu’ici, c’est bien ce que je pense. La théologie naturelle est une réflexion sur Dieu, non sur base des révélations comme c’est le cas avec la théologie révélée, mais sur base de la lumière naturelle qui est la raison. A partir de cette perception, je pense personnellement qu’on croit toujours et déjà à une certaine divinité qu’on se fait. Il s’agit de découvrir, de la déterminer : quel est ce Dieu auquel l’on croit. L’homme est ontologiquement un être religieux. Croire à soi-même, ce n’est qu’une grâce que Dieu nous donne de pouvoir le chercher, et c’est le premier moment de la foi en Dieu. Lorsqu’on comprend tôt ou tard qu’on est l’image de Dieu, on oriente cette fois en soi-même en direction de Dieu, c’est n’est pas une évasion. Mais c’est un signe de plus de confiance en soi qui nous pousse à aller vers celui pour qui nous sommes et de qui nous tenons notre existence.

Donc, je ne sais pas réellement s’il y a des non croyants. Je pense plutôt que ceux qui pensent ne pas croire n’ont pas encore simplement découvert qu’ils croient, la foi vient de Dieu, Dieu est la Vérité et la vérité c’est un dévoilement. Tant qu’elle ne s’est pas dévoilée en vous, vous ne pouvez pas le voir. Je leur demande d’être patient, tout simplement.

Et ceux qui pensent ne plus croire croient tellement qu’ils pensent ne plus croire. La grandeur de Dieu surpasse nos limites humaines. Alors les pensants non croyants pensent ne plus croire parce qu’ils ne comprennent pas comment un être humains, si petit peut-il arriver à une telle foi. D’où ils pensent ne plus croient, c’est pourquoi je pense que les soi-disant non croyants sont les plus grands croyants. C’est dire qu’ils sont dépassés par la grandeur de leur foi, qu’ils pensent ne plus croire. C’est comme l’exercice de la prière. A mesure qu’on perce le mystère de la prière, on a davantage l’impression qu’on ne sait pas/plus prier. C’est cela même la grandeur de Dieu : il dépasse notre entendement, nos perceptions, nos réflexions, nos sentiments.
Donc, je ne sais pas réellement s’il y a des non croyants. Je pense plutôt que ceux qui pensent ne pas croire n’ont pas encore simplement découvert qu’ils croient, la foi vient de Dieu, Dieu est la Vérité et la vérité c’est un dévoilement
Si nous tenons comptes des influences positives des églises catholiques en Afrique, pouvons-nous parler aujourd’hui d’une régression de celles-ci ? Surtout que la croyance s’est de plus en plus matérialisée… Elle est sortie du cadre spirituel à la vulgarisation et à la commercialisation…
L’implantation du Christianisme en Afrique a certes eu des influences positives mais aussi négatives. Mais le problème que vous soulevé est aussi un problème réel. De ce fait, je voudrais bien qu’on fasse la part des choses. Posons-nous la question de savoir qui matérialise la croyance ??? Je n’ai aucunement l’intension de soulever une polémique sur le fondement de certaines églises qui naissent partout. Mais il sied de jeter un regard de ce côté-là. Je ne voudrais accuser personne, mais je demande aux chrétiens d’être très attentifs. Qu’ils ne se laissent pas perdre dans cette discrétion. « La vérité est un dévoilement », si nous voulons parler comme Heidegger. L’Eglise a ses objectifs et ils sont clairs. A ceux qui sont défaillant, nous leur souhaitons bon courage et nous prions les uns pour les autres pour que le Seigneur nous aide à rester fidèle à sa mission.

Vous parlez du matériel, l’Eglise n’utilise pas le matériel pour elle-même, c’est toujours pour nous même qu’elle l’utilise. Jusqu’aujourd’hui, malgré les critiques qui sont fondées ou non, l’Eglise demeure un lieu par excellence pour la formation de l’homme. Demandons-nous plutôt pourquoi malgré tout le mal que l’Eglise fait (selon ceux qui veulent et aiment parler), l’Eglise continue à inspirer confiance à tant de personnes qui confient leurs enfants à l’Education de cette Eglise ? Posons-nous cette question. Même ceux qui pensent qu’ils ne croient pas préfèrent soumettre leurs progénitures à la formation ou à l’éducation de l’Eglise… c’est une question à se poser impérativement.
Jusqu’aujourd’hui, malgré les critiques qui sont fondées ou non, l’Eglise demeure un lieu par excellence pour la formation de l’homme.
Comme je viens de le souligner, j’ai divorcé depuis longtemps avec la religion et surtout avec les églises catholiques. De mon très bas âge, je me suis rebellé très rapidement contre certaines pratiques de la mission catholique d’Akonolinga. Il faudrait cependant aussi savoir qu’il y a des choses très positives que j’ai reçues de cette même mission catholique et qui font partie de mes maximes jusqu’aujourd’hui. Comment expliquez-vous cette double influence (positive et négative) de l’église catholique sur beaucoup d’africains ? Je vais même un peu plus loin en parlant du « bon dieu » et du « mauvais dieu » que les missionnaires ont pratiqués dans plusieurs pays d’Afrique.
Je voudrais d’abord qu’on lève une confusion ; la religion est une chose, et l’Eglise en est une autre, même si les deux sont liées. Vous avez peut-être divorcé avec l’Eglise, mais pas avec la religion. Je vous donne mes raisons : On croit toujours à une transcendance, même si on ne l’appelle pas proprement Dieu. Si nous partons de la définition de la religion. Elle est généralement comprise comme étant la croyance en un principe supérieur dont dépend la destinée humaine. C’est l’acception la plus simple et la plus populaire de la religion, mais alors la plus fondamentale. Or, l’homme est un être ontologiquement religieux, donc, à mon avis, il sied de dire que vous avez peut-être rompu / divorcé avec l’Eglise, mais pas avec la religion.

Parlant de l’influence, nous nous savons tous ce que l’Eglise a apporté comme formation aux jeunes africains en général. Et si vous regardez bien, l’éducation est un processus par lequel l’homme devient homme. On peut sans doute constater dans cette évangélisation ou cette formation. Je n’aimerai pas me mettre ici à énumérer les œuvres que réalise l’Eglise, elles parlent d’elles-mêmes. L’éducation fait l’homme devenir homme, et regardez ce que l’Eglise fait pour l’éducation des jeunes !!!!
la religion est une chose, et l’Eglise en est une autre, même si les deux sont liées. Vous avez peut-être divorcé avec l’Eglise, mais pas avec la religion.
Comment se passe votre vie religieuse ? Expliquez-nous le quotidien et les devoirs d’un futur prêtre comme vous ?
Je pense que je suis bien dans ce que je vis et dans ce que je suis. Certes il y a des hauts et des bas mais la vie en elle-même est ainsi faite. Mon quotidien est meublé entre le travail (dans toutes ses formes) et la prière.

Comme futur prêtre, je compte travailler pour la promotion de la justice, du bien commun. Je demande au Seigneur de me donner d’avoir le courage et surtout les moyen d’imprimer à l’action politique l marque de la pensée chrétienne. L’éthique qui découle de cette pensée recèle les valeurs que j’entends propager où que je sois. Notamment le respect de l’autre qui est considéré comme icône d’une instance qui nous transcende, comme image de Dieu. L’ouverture critique à tous les hommes qu’il faut aimer en luttant contre le tribalisme, le régionalisme, le racisme et autre maux. Surtout m’acquérir de sens d’écoute et la capacité d’interpréter les signes du temps, un effort pour bien gérer le patrimoine de l’Eglise et surtout le grand défis de l’heure qui est celui de la fidélité à la vocation sacerdotale, au Christ. Et sans oublier le premier service qui sou tend les autres, la proclamation de la parole de Dieu, qui doit tenir compte des problèmes des hommes de notre temps. Voilà en quelques mots.
Surtout m’acquérir de sens d’écoute et la capacité d’interpréter les signes du temps, un effort pour bien gérer le patrimoine de l’Eglise et surtout le grand défis de l’heure qui est celui de la fidélité à la vocation sacerdotale, au Christ
Qu’est-ce qu’on devrait retenir sur votre formation en tant que religieux ? Et à quel niveau intervient la philosophie que vous étudiez ?
En tant que religieux, on reçoit une formation totale, c’est dire la vie religieuse vise à former un homme équilibré. Bien de gens se demande à quoi sert la philosophie que les Prêtres étudient, certains (les moins informés) sont même allés jusqu’à dire que la proclamation de la parole de Dieu n’a pas besoin de grandes études. Mais, je pense que c’est avoir un esprit étroit que de penser que les grandes études bien servent à rien. Ils peuvent avoir raison, mais à quelques exceptions prêt. Si l’on étudie pour se faire grand par soi-même, alors il y a un problème. Mais la science doit nous aider à mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons afin d’y trouver les solutions fiables aux problèmes qui s’y posent.

La première tâche pratique de la philosophie dans l’éducation du genre humain est celle d’aider l’homme à se connaître lui-même, à déterminer les rapports qu’il a avec les autres, avec le monde et avec le transcendant. Ces multiples relations appartiennent elles aussi à sa propre identité. L’oracle de Delphes « connais-toi toi-même » est une invitation à faire parler la conscience qui, pour Socrate deviendra le principe fondamental de la morale. Je pense bien qu’en mettant la conscience en dialogue avec elle-même, ce que nous appelons « réflexion », l’on peut arriver à s’assurer de la force qui réside dans la spontanéité propre et inviolable. C’est un dédoublement de la conscience dans lequel est rendue possible la connaissance de soi, ce que l’on peut considérer comme conquête de soi ou exercice d’un pouvoir sur soi. La maîtrise de soi ou encore l’autodépassement.
La philosophie est d’abord un art de vivre et de penser. On ne peut pas localiser un lieu ou un endroit où peut intervenir la philosophie. Elle est finalement la vie elle-même.

Dans la question de l’identité sacerdotale, il y a un volet philosophique qui peu mieux nous y édifier. La recherche philosophique, ainsi justifie par le Pape Jean Paul II l’existence des recherches philosophiques dans la formation sacerdotale, conduit à une compréhension et à une interprétation plus profonde de la personne, de sa liberté de ses relations avec le monde et avec Dieu. La recherche philosophique devrait aider les candidats au sacerdoce à développer une conscience réfléchie du rapport constitutif qui existe entre l’esprit humain et la vérité, vérité qui se révèle pleinement à nous dans la personne du Christ qui s’est identifié lui-même à la vérité. La philosophie examine les différentes connotations du concept vérité, dans le domaine de la science, de l’ontologie et même la morale. Donc, la philosophie est incontournable dans la formation des Prêtre.
Mais la science doit nous aider à mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons afin d’y trouver les solutions fiables aux problèmes qui s’y posent.
La vie est plus régnée par la carrière, même dans les églises ont fait carrière. Alors qu’elle possibilités avez-vous pour dire à la fin de votre vie que vous avez vraiment fait carrière ? Quelles sont les étapes à franchir pour devenir influent au sein des églises ?
Carrière, peut-être, mais à condition qu’on ne le prenne pas dans le sens d’une « fonction rémunératrice », mais dans le sens d’une activité humaine, un service des autre en vue du Royaume.

En ce qui concerne la question proprement dite, je voudrais vous livrer mon expérience personnelle. J’ai souvent pensé qu’on ne peut affirmer qu’on a été religieux qu’à la fine de sa vie, il sied même peut-être de laisser les autres dire que tel a été religieux. La vie religieuse est une vie très difficile parce qu’elle est hors de la nature humaine et donc on ne maîtrise pas les rouages, c’est de l’essence même de la vocation dont nous avons parlé plus haut. Aussi on peut cesser d’être religieux à tout moment.

Concernant les étapes, il y a un cursus mais qui peut varier selon les circonstances. Sinon, comme religieux, dans ma congrégation, il y a un cursus total de 12 ans de formation. 3 ans de formation à la vie religieuse, 7 ans d’études supérieures dont 3 pour la philosophie et 4 pour la théologie. Et environ deux années de stage, un apostolique et un canonique. Mais comme je disais, sa peut varier, vous pouvez vous retrouver à une situation où on vous retarde pour une faute que vous auriez commise. C’est cela d’une façon globale.
il y a un cursus total de 12 ans de formation. 3 ans de formation à la vie religieuse, 7 ans d’études supérieures dont 3 pour la philosophie et 4 pour la théologie. Et environ deux années de stage, un apostolique et un canonique
Selon moi croire en dieu, c’est croire en une force invisible et c’est ainsi que je construis mon univers religieux. Et j’ajoute que la nature a des règles qu’il faut respecter - pour être un « bon religieux », il faut respecter ce que la nature a établi comme règles surtout sur le plan humain. Ne pas faire et vouloir du mal à quelqu’un, une règle élémentaire de la vie, qui selon moi nous met directement en accord avec dieu. Si je la respecte, alors je ne trouve plus la nécessité de me rendre à l’église pour honorer dieu, surtout que dans une église on se retrouve entouré des gens qui ne respectent pas cette règle élémentaire dont je viens de faire allusion. Alors dites-moi pourquoi je me trompe dans ma perception ?
L’originalité du Christianisme c’est l’universalité du salut qu’apporte le Christ. La visée de Dieu lorsqu’il se fait chair de notre chair est de sauver tous les hommes, sans distinction de sexe, ni de race, ni même de religion. Le Christ ne nous apprend pas l’observance simple de la loi. Mais cette loi doit nous amener à une plus grande liberté. C’est le sens même du salut que le Christ nous apporte : nous libérer de ce qui nous détient en captivité.

Souvenez vous des « accrochages » entre Jésus et les pharisiens le jour du Sabbat. La loi est faite pour aider l’homme à s’épanouir, ce n’est pas l’homme qui est fait pour la loi. Certes l’Eglise n’est pas le seul « instrument » pour le salut comme on l’avait pensé avant, mais l’Eglise reste incontournable dans la visée du Christ qui est celle de rassembler ses brebis dispersées, en un seul troupeau. C’est ainsi qu’il faut comprendre l’Eglise.

Donc, l’objectif du Christ dans ses enseignements n’est pas de faire des automates, des marginaux, c’est-à-dire des gens qui adhèrent à la foi sans comprendre ce à quoi ils adhèrent et pourquoi ils y adhèrent. Mais des gens qui peuvent et doivent rationaliser ce qu’ils croient. Saint Augustin avait déjà abordé ce débat des relations entre la foi et la raison dans son temps. Les deux se complètent nécessairement. La raison aide la foi à mieux se comprendre et la foi éclaire les zones d’ombre de la raison. La où la raison est limitée, la foi lui donne un éclairage. La raison est purement humaine, mais c’est Dieu qui nous l’a donné. Alors comment imaginer un Dieu qui nous dote d’un instrument qui va s’opposer à lui ? N’est-ce pas là une contradiction dangereuse ? C’est pourquoi j’ai pensé plus haut que les athées sont tellement croyants qu’ils ne croient plus qu’ils croient, la foi étant un mystère qui dépasse notre entendement. Aujourd’hui, il n’ y a plus de débat en ce qui concerne les rapports entre foi et raison, ce débat trouve son point d’achèvement dans la philosophie chrétienne.
Donc, l’objectif du Christ dans ses enseignements n’est pas de faire des automates, des marginaux, c’est-à-dire des gens qui adhèrent à la foi sans comprendre ce à quoi ils adhèrent et pourquoi ils y adhèrent
Quelle différence faites-vous entre l’islam, le christianisme et les religions purement africaines ?
Sur le plan de la forme, les religions traditionnelles africaines sont des petits groupes non institutionnalisés comme le Christianisme et l’Islam.
Sur le plan du fond, les religions traditionnelles africaines sont animistes pour la plupart. Par contre, le Christianisme comme L’islam sont d’abord les religions abrahamiques. Mais pour l’Islam, le Christ est un « simple » prophète comme les autres. Et ils utilisent le Coran. Par contre pour le Christianisme, le Christ est le Verbe de Dieu fait chair et venu habité parmi nous. C’est lui-même le sauveur du monde, par sa passion, mort, et sa résurrection. Tout le Christianisme se résume en cette vie du Christ qui est image parfaite de Dieu. On peut encore dire beaucoup de choses, mais je me limite à cet essentiel.
Tout le Christianisme se résume en cette vie du Christ qui est image parfaite de Dieu.
Avant de revenir sur les motivations premières du Mouvement Nkul Beti, j’aimerais aborder un problème actuel des églises qui est la modernisation. Nous constatons que les églises ont de la peine à se moderniser. Sur un plan matériel et parlant d’infrastructure, cette modernisation est plus acceptée. Mais sur le plan humain et purement spirituel, les églises ne sont pas prêtes à aller au même rythme que le monde moderne. Le problème de pédophilie avec le refus d’éclaircissements de la part des églises, l’utilisation des condoms en Afrique qui va à l’encontre du Vatican, les femmes qui n’ont pas l’accès à certains postes comme par exemple le poste de prêtre etc. Pourquoi les églises refusent de se moderniser ? On réduirait par exemple les cas de pédophilie, si les prêtres sont autorisés à se marier…
Il faut déjà comprendre ce que vous appelez Eglise moderne, est-ce celle là qui penche dans le sens et les aspirations du monde facticiel ? Celle qui court derrière la ruine et les déviations de notre monde ? Non, ce n’est pas cela la visée de l’Eglise. Dieu ne change pas ; l’Eglise, dans sa ligne de pensée tient très bien compte des mouvements du monde, mais ne doit pas s’y laisser aller. Ne nous fions pas à certains cas isolés, conséquences de la vision brumeuse et ridicule de certains esprits étroits. La modernisation de l’Eglise ne résidera jamais en son adhésion à la pensée commune. L’Eglise ne va pas admettre les avortements parce que tout le monde pense que l’avortement limite certains problèmes. Non. Ce n’est pas parce que tout le monde croit en une chose qu’elle devient la vérité. La vérité est un dévoilement, et c’est ainsi que Dieu n’a cessé de se dévoiler à l’homme et demeure pour lui un mystère. Dieu se donne à l’homme, et non pas l’homme se donne à Dieu. Le matériel qu’utilise l’Eglise a des fins communautaires, même si l’on peut constater des déviances. Pour le problème de pédophilie, le Pape a été clair, que ceux qui le pratiquent se rendent à la justice, c’est un problème d’éthique. N’allez pas penser que l’Eglise abrite les brigands. L’utilisation des condoms demeure pour l’Eglise un facteur de développement de la prostitution. C’est évident. C’est un appel à la fidélité. Le cas de pédophilie n’a rien à voir avec le célibat des Prêtres. Mais comment imaginer un type qui même s’il doit le faire, mais qui n’aille qu’avec les enfants ? Ne voyez vous pas que e problème se situe à un autre niveau ?

De plus, que ceux qui ne peuvent pas supporter le célibat consacré, qu’ils aillent se marier, je ne pense pas que l’Eglise oblige quelqu’un à devenir Prêtre ou religieux. Et puis en entrant, personne n’ignore ce qui doit être vécu.
Donc, personnellement, je pense que le problème est ailleurs, et non dans le célibat des Prêtres.

Concernant la prêtrise des femmes, pourquoi veut-on que les femmes deviennent Prêtre ? L’Eglise Catholique a sa ligne de conduite, peu importe les vaines critiques à elle faites. Quelle est la nécessité pour laquelle les femmes doivent devenir Prêtre ? Les femmes ont une place de choix dans la gestion et le fonctionnement de l’Eglise, point n’est besoin de penser à une certaine discrimination.
l’Eglise, dans sa ligne de pensée tient très bien compte des mouvements du monde, mais ne doit pas s’y laisser aller
Mr. Owona, un entretien avec un futur prêtre ou philosophe est l’occasion attendue par nous tous pour être éclairé sur les problèmes de notre société, les ekang.
Que diriez-vous, si je dis que le christianisme et ses églises catholiques dans les régions du centre et du sud Cameroun ont participé à notre aliénation. Karl Marx l’avait dit « La religion est l’opium du peuple » et pour les cas des ekang du Cameroun, nous payons un prix haut aujourd’hui… Alors dans le débat de la « faute collective » des ekang, quelle est la part de participation des églises chrétiennes ?
Certainement oui, mais il faudrait voir où se situe le vrai problème, où se situe la vraie aliénation ? Personnellement, je pense qu’il y a eu un problème des deux cotés : du côté de ceux qui ont apporté le Christianisme, et du côté de nous qui avons reçu ce Christianisme. Vous comprenez bien que le Christianisme en lui-même est neutre, je ne le dis pas parce que je suis de la maison, non, mais j’essaye juste de faire la lumière sur le problème avec la raison.

Ceux qui apportent le Christianisme sont chargés d’autres intérêts que celui qui est fondamental, c’est-à-dire la proclamation de la parole de Dieu, l’enseignement sur la personne du Christ. Mais ils se sont livrés consciemment ou inconsciemment à autre chose.

Du côté de ceux qui accueillent, c’est-à-dire nous, il y a eu un problème d’ignorance, de manque de discernement, une adhésion aveugle, balayant toutes nos valeurs ancestrales, les bonnes en occurrence. Mais le problème ne se situe plus à ce niveau, il est question maintenant que nous avons pris conscience de cela, de voir comment intégrer le Christianisme dans notre vécu, sans porter atteinte à nos bonnes valeurs ancestrales, voilà où se situe le problème aujourd’hui. Je pense et d’ailleurs, le Pape Paul VI, dans son discours aux synode Africain à Kampala en 1969 demande à chaque peuple où qu’il se trouve de lire le Christianisme à partir de sa culture, ce qu’on appelle aujourd’hui l’inculturation. L’inculturation ne doit pas se limiter au niveau liturgique dans ses multiples facettes, elle doit aboutir à un conscience ecclésiale africaine, c’est-à-dire une adhésion sans partage au message évangélique, dans la fidélité aux valeur africaines qui s’expriment dans le service qu’on rend à l’Eglise. L’inculturation concerne toute la vie, elle ne doit pas se limiter à l’africanisation de la liturgie comme action de louange adressée à Dieu. C’est dans ce sens où l’inculturation concerne toute la vie qu’elle est considérée comme « orthopraxis chrétienne ». L’Eglise africaine est issue de l’action missionnaire occidentale, l’occident a du se servir de l’Evangile pour transmettre sa culture à la nouvelle Eglise. Mais notre travail, notre tâche entant que génération éclairée est justement de se « dé suspendre » de cette prison à toujours jeter de vaines accusations aux autres, mais de réorienter les choses de manière à trouver une voix de sortie de crise.

Voilà ce que je peux dire sur cette question qui me semble très importante.
Du côté de ceux qui accueillent, c’est-à-dire nous, il y a eu un problème d’ignorance, de manque de discernement, une adhésion aveugle, balayant toutes nos valeurs ancestrales, les bonnes en occurrence
Devons-nous considérer les églises chrétiennes comme étant une partie intégrante de notre culture ? Ou alors il faudrait qu’on parle seulement d’une acceptance partielle ?
Il se peut que la culture chrétienne soit venue s’intégrer ou s’insérer dans nos cultures africaines, soit alors c’est nous qui l’avons accepté. Peu importe, ce qui me semble plus important à ce niveau est le fait que, dans nos croyances africaines traditionnelles qui sont pour la plupart animistes, il y ait des éléments qui coïncident avec les religions chrétiennes. Nous n’avons fait que leur trouver de nouveaux noms. Nous avions nos noms par lesquels nous désignions Dieu par exemple. Avec la culture chrétienne qui est une part de la culture occidentale, nous apprenons à appeler Dieu comme les occidentaux. Ce n’est pas négatif, au contraire. Cependant, si nous avons intégré cette culture, et qu’elle nous aide à mieux comprendre notre relation avec les autres et avec les Tout Autre, je pense qu’il est normal qu’elle fasse parti de notre culture, sans se laisser aller à une sorte d’aliénation, c’est-à-dire oublier ce que nous sommes. On n’est pas chrétien à quelques exceptions prêts, cela peu arriver, et ça arrive même souvent. Mais l’idéal est d’être pleinement chrétien. C’est pareil à un religieux qui dit respecter seulement un ou deux conseils évangéliques parmi les trois. Nous avons les vœux d’obéissance, de chasteté et de pauvreté. Un type qui vous dit ne respecter qu’un ou deux et laisser l’autre n’est pas un bon exemple. On ne doit pas être à moitié chrétien, on l’est ou on ne l’est pas.
Donc, je pense peu qu’on puisse parler d’acceptance partielle.
On ne doit pas être à moitié chrétien, on l’est ou on ne l’est pas.
Si on tient compte que le Mouvement Nkul Beti veut encourager la production à travers l’autonomie et l’autodétermination du peuple, je crois que ce but va à l’encontre de la doctrine chrétienne. Je m’explique : A l’époque où je fréquentais encore les églises, l’un des messages des missionnaires était de dire aux croyants que c’est dieu qui est le maître de tout ; c’est dieu qui décide qui deviendra pauvre ou pas ; le tout se résumait à une question des destinées, d’un chemin déjà tracés par dieu. Une aliénation en quelque sorte qui aboutit automatique à la nonchalance et la fainéantise. Nous croyons tous que c’est dieu qui viendra résoudre nos problèmes sur terre, pourtant ce même dieu nous a donné des capacités de pourvoir s’autonomiser, créer, ou innover. Nous sommes témoin aujourd’hui d’une naissance progressive, accélérée et incontrôlable des soi-disant lieux spirituels dans nos régions, preuve d’une aliénation qui s’est complètement établie chez les gens…
Par rapport aux objectifs du Mouvement Nkul Beti, quelle serait la philosophie à adopter vis-à-vis des églises chrétiennes ? Comment pouvons nous mieux sensibiliser le peuple afin qu’il sache que les églises ne sont que des endroits spirituels, quelles ne peuvent que jouer un rôle d’éclaireur et non de producteur, ni d’organisateur de la vie ? Comment expliquer au peuple que la vie ne peut que mieux s’organiser à l’extérieur des églises et des sectes ?
Non, la production, l’autodétermination et l’autonomie ne vont pas à l’encontre de la doctrine chrétienne. Ce qui ne marche pas avec le christianisme c’est le fait d’amasser les biens et y mettre son cœur. D’ailleurs je crois qu’aucune religion qui se respecte ne peut l’admettre. Les biens doivent nous aider à venir en aide à ceux qui sont les moins nantis. Jésus l’a dit clairement, « si vous amasser les bien sur la terre n’y mettez pas votre cœur ». Je ne pense pas que ce soit la seule affaire des Eglises chrétiennes. Même un homme ordinaire devrait le comprendre. L’Eglise catholique par exemple promeut le développement des peuples, lisez l’encyclique du Pape Paul VI Populorum progressio, et vous comprendrez bien quelle est la ligne de pensée de l’Eglise. Les peuples, les hommes doivent produire en vue de l’améliorations des conditions de vie, mais sans se faire esclaves des biens terrestres.

De plus, pourquoi l’Eglise s’engagerait-elle à la lutte contre la pauvreté si elle était contre l’autoproduction, l’autodétermination et l’autonomie des peuples ? Elle se contredirait dans ce cas.
Nous demandons simplement aux chrétiens et aux peuples de mieux connaître l’Eglise, beaucoup de choses sont dites soit par ignorance de ce qu’est ontologiquement l’Eglise, soit par mauvaise volonté, biens de préjugés à ce propos.
Les biens doivent nous aider à venir en aide à ceux qui sont les moins nantis
Mr Owona, qu’est-ce que les églises catholiques font concrètement pour atténuer le degré de pauvreté chez-nous ?
L’Eglise s’occupe d’abord de la formation des personnes, des jeunes. Que peut-on faire de mieux dans une vie si ce n’est préparer des gens qui vont travailler pour la réduction de la pauvreté, si on veut parler en vos termes ? Les meilleures écoles depuis l’ancien temps sont des écoles qui sont tenues par des religieux. Concrètement sur le terrain, l’Eglise initie les projets, faites un tour dans des maisons religieuses, les ouvriers qui y travaillent, ils ont un bon salaire. Je prends le cas de notre scolasticat qui à présent compte plus de 15 ouvriers qui y travaillent. L’Eglise initie des œuvres sociales, des maisons d’orphelinats, pour abriter les enfants abandonnés par leurs parents pour des raisons de pauvreté ou autres encore.
Que peut-on faire de mieux dans une vie si ce n’est préparer des gens qui vont travailler pour la réduction de la pauvreté, si on veut parler en vos termes ?
Lors de mon entretien avec Erick Achille Omar Nkoo le musulman, je faisais allusion à un certain leadership que nous constatons tout autour de l’islam. Les musulmans sont par exemple solidaires en matière de développement social. Croyez-vous que je puisse faire le même constat chez les chrétiens ?
C’est une évidence que l’homme est toujours animé des prétentions concurrentielles. Mais une autres lute de l’Eglise c’est de dire à ses pasteurs de ne pas se laisser aller à ses désirs de leadership, ce n’est pas important, la vie religieuse c’est un service et c’est dans ce service qu’on trouve la grandeur et la liberté d’un homme.
l’homme est toujours animé des prétentions concurrentielles
Avant d’entrer dans le volet général du Mouvement Nkul Beti, je voudrais revenir sur les aspects d’une mission de dieu. Je dis dans un de mes articles qu’une mission ne tombe pas du ciel, une mission est le résultat des expériences faites. Personnellement je considère le Mouvement Nkul Beti comme un mission, mais à quel niveau devrais-je parler d’une mission de dieu ?
Même ce qui vient de Dieu ne tombe pas du ciel. Nous avons toujours besoin de faire des efforts pour trouver ce à quoi nous sommes appelés. Même Jésus a du chercher la volonté de Dieu. Un missionnaire est un envoyé. La question est maintenant de savoir qui envoie? A chacun de répondre selon ses convictions. Moi je dirai que Dieu m’envoie à la mission par son Esprit Saint.
Nous avons toujours besoin de faire des efforts pour trouver ce à quoi nous sommes appelés
Mr. Owona, avant d’être prêtre ou philosophe, vous êtes d’abord un ekang. Quelle nuance faites-vous entre « être beti » et « être ekang » ?
Je ne sais pas vraiment si je comprends bien la nuance. Mais jusqu’ici, je pense qu’Ekang est plus étendu que Beti. Etre Ekang c’est avoir cette conscience d’appartenir à ce grand groupe qui s’étend du centre Sud Cameroun, jusqu’au Gabon, en Guinée Equatoriale. En passant par Sao Tome et Principe, en Angola… Mais être Beti c’est avoir cette conscience là d’appartenir au groupe vivant au Cameroun central et sud. Je n’en sais pas grand chose, c’est ce que je pense jusqu’ici.
Je ne sais pas vraiment si je comprends bien la nuance
Etes-vous intéressé par le développement social ? Quelle est votre analyse sur l’échec de notre société ? Comment se fait-il que les ekang du Cameroun connaissent des problèmes graves de développement aujourd’hui ?
Ramifications sur les autres secteurs de la vie. Même la solidarité qui était reconnue au peuple Ekang, je ne vois plus tellement cette solidarité, nous sommes dissous dans le monde moderne, j’ai plutôt l’impression que nous perdons notre identité. Je ne suis pas pessimiste, mais à bien regarder les choses, je pense sincèrement que nous sommes à la croisée des chemins. L’autorité se perd, le respect des aînés disparaît petit à petit. Il y a lieu vraiment de revisiter nos positions, rentrer aux sources même de notre être. C’est notre tâche à nous qui sommes éclairés. Repenser notre être beti et Ekang

Un autre problème qui n’est pas à négliger, qui est toujours issu soit du manque d’éducation, soit de l’insuffisance de celle-ci. La paresse : Parcourez les rues de Yaoundé, et regardez comment les jeunes traînent, affairés sans rien faire, pour parler comme Saint Paul. Je crois qu’il faut une véritable sensibilisation des jeunes sur la valeur du travail. Leur faire savoir que le seul travail n’est pas le travail des bureaux. La créativité, tout cela manque et ce manque pose un véritable problème. Les études sont négligées à partir des parents eux-mêmes. Nous ne pouvons pas avoir de vraies élites si tout le monde veut par exemple être chauffeur de voiture, c’est un exemple.
Je pense que c’est à nous, de faire voir aux autres ce qu’ils ne voient pas. Tous ces dangers qui nous détruisent et qui nous guettent. C’est à nous d’ouvrir les yeux aux autres, voilà comment nous pouvons aider au développement social.
Les études sont négligées à partir des parents eux-mêmes.
Que répondriez-vous à ma thèse : nous sommes ce que nous sommes aujourd’hui parce que les intellectuels beti ont longtemps ignorés leur devoir ?
sont-ils passés, on en a pourtant en quantité industrielle, mais nous ne voyons pas forcément leur action dans notre vécu quotidien. Il y a comme un découragement, une démission devant la tâche qui doit être la leur. C’est pourquoi je salue cette plateforme Nkul beti, je pense qu’à partir de là, on pourra petit à petit commencer à mettre main sur eux et les interpeller à prendre conscience de leur tâche, et j’irai même jusqu’à proposer qu’une association voie le jour, celle qui va regrouper une sorte de chercheur Beti, qui se chargeront de nous apprendre à vivre comme de vrais Ekang, dans une intégration équilibré dans le monde « mondialisé ». Il y a des gens, j’en ai la conviction, mais il reste qu’ils sortent de leur cachette. Nous avons besoin d’eux. Vous savez dans quelles circonstances j’ai découvert ce mouvement. J’avais un travail pratique à faire sur la danse traditionnelle beti : le Bikutsi, j’y ai eu très peu d’informations, très peu d’écris sur une culture aussi riche. Je pense que le premier travail à faire, vulgariser notre culture, la faire connaître aux autres et à nous qui sommes encore plus ou moins jeunes. Je suggère qu’un comité de chercheurs de la culture Ekang se constitue si elle n’existe pas encore, pour nous aider à nous retrouver. Qu’on puisse rentrer à nos sources, c’est là que nous trouverons la vraie solution à nos problèmes.
Nos intellectuels, nous les connaissons déjà très peu, on se demande où sont-ils passés, on en a pourtant en quantité industrielle, mais nous ne voyons pas forcément leur action dans notre vécu quotidien
Du point de vue spirituel et religieux, expliquez-nous les effets néfastes dus à l’égoïsme des hommes, aux intrigues sociale et politiques, aux manipulations et sans oublier aux dominations…
L’égoïsme signifie vouloir ne prendre que sa propre personne en compte, une autre façon de mettre un point se séparation entre soi et les autres. Ce que prêche la religion chrétienne c’est la vie ensemble en frères, la vie communautaire, c’est le sens du salut du Christ qui veut sauver tous les hommes. L’égoïsme rend la réalisation de ce projet difficile. C’est encore une forme de limitation de soi, parce qu’à soi seul, on ne peut rien faire. C’est pour cette raison que le christ prie pour l’unité de tout son peuple, dans la prière sacerdotale, vous pouvez le lire en Jean chapitre 17.
Ce que prêche la religion chrétienne c’est la vie ensemble en frères, la vie communautaire, c’est le sens du salut du Christ qui veut sauver tous les hommes
Qu’est-ce qu’on devrait encore retenir sur vous, sur vos activités et surtout sur la vie entre les murs d’églises ?
Quelqu’un qui chaque jour s’efforce à chercher la volonté de Dieu dans tout ce qu’il entreprend de faire.
Mr. Owona, nous sommes à terme de cette interview. Au nom du Mouvement Nkul Beti, je vous remercie pour cet entretien. Votre dernier mot et surtout le message final que vous adressez à la communauté ekang…
D’abord mes remerciements une fois encore pour m’avoir donner cette chance de rentrer en contact avec ce cercle.
Par la suite, je salue tous ceux qui se sacrifient pour nous donner autant d’informations relatives à tout ce qui se passe dans ce mouvement, tout ce qui concerne les Ekang.
Ce que je voudrais dira à tous les Ekang, Serrons-nous la main, et regardons en direction de l’avenir, et pour regarder en direction de l’avenir, nous devons, nous qui sommes un peu éclairés, tracer le chemin qui mène à la liberté, à l’autonomie, à la justice et à tout ce qui peut nous permettre de nous sentir digne d’être appelés « Peuple Ekang ». Nous connaissons ce que nous valons, faisons-le connaître aussi à ceux qui ne le connaissent pas encore. Nous devons être comme des lumières pour les autres.
Nous devons être comme des lumières pour les autres.
Avec la modernisation et l’évolution du monde, à cette époque où la technologie et la communication prennent de plus en plus de la place dans nos vies, les églises perdent au jour le jour leur clientèle. Les réseaux sociaux, les emails, les SMS, Youtube, Facebook et autres jouent pratiquement le rôle qui a toujours été réservé aux églises. La vie sociale se passe maintenant sur le net, les messes le dimanche ne sont plus trop fréquentées par les jeunes. L’église comme porte-parole de dieu est de plus en plus confrontée aux problèmes d’un monde évolutif et a plein de difficultés à s’adapter à la nouvelle dynamique du monde.
Naturellement nous devons aussi noter que les Africains, contrairement au reste du monde, deviennent plus aliénés et tendent à s’accrocher à un dieu tout puissant qui viendra résoudre leurs problèmes sur terre. Les maisons de dieu, les maisons de prière, les sectes etc. naissent d’un taux considérable en Afrique et plus particulièrement au Cameroun. Nous sommes témoin aujourd’hui d’une naissance progressive, accélérée et incontrôlable des soi-disant lieux spirituels dans nos régions, preuve d’une aliénation qui s’est complètement établie chez les gens...
Dans notre cher pays le Cameroun et surtout dans les régions du centre et du sud, on vit la commercialisation abusive et la matérialisation de la religion. On se pose finalement la question, si la pauvreté et le manque de perspectives seraient à l’origine de la disparition du « vrai message » de dieu. Ou alors les églises elles-mêmes sont responsables de cette situation…

Ceci dit, la présente interview ne traite pas seulement la question religieuse mais elle aborde aussi les problèmes de développement de notre société en rapport avec les églises. Nous voulons surtout savoir, si les églises sont des endroits qui peuvent donner une impulsion nécessaire pour que la population cesse de croire que c’est dieu qui viendra organiser leur vie sur terre.

Pour ce qui me concerne, je crois que j’ai encore une mission importante dans ma vie, celle de la réconciliation avec dieu. Mais avant de me donner dans ce pèlerinage de réconciliation, je me lance d’abord, dans cet entretien spirituel, en espérant devenir plus sage sur les questions religieuses qui m’animent depuis un bon bout de temps.
 
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MonEkang  30-09-2010   /12:45:48 | Tout à fait d´accord avec le frère OVONO
Tout à fait d´accord avec le frère OVONO...

Si nous devons parler de mouvement des Ekangs, il est extremement important de considerer tous les attributs du patrimoine culturel de notre peuple.

La définition géographique et démographique, au même titre que le savoir et la technique culturel , appartiennent à ce patrimoine.

Compte tenu des ces aspects , il est maladroit et peu crédible de suivre le colonisateur dans sa volonté de division et d´affaiblissement.
Le mouvement Ekang ne saurait se limiter au cameroun.

Enfin, comme le frère OVONO a su expliquer, les valeurs d´un peuple lui permette de mieux affronter l´étranger.
hella91  02-09-2010   /18:03:09 | réligions tradionnelles et réligions monthéîste ? Quelle différence ?
je ne vois aucune différence ni de forme ni de fond. Les réligions monothéistes sont tout simplement conquérantes, hégémonistes, impérialistes et dominatrices. La preuve, ce sont les guerres qu'elles ont déclenché sans oublier les massacres qui s'en sont suivis pour devenir des vraies multinationales.

j'ai fait l'expérience personnellement. Le biéri qui était une réligion béti ne s'imposait même pas de force.Elle était une nécessité pour toute les familles alors que la pratique du catholicisme ou de l'islam ne l'est pas du tout. la réligion traditionnelle n'est pas marchande en plus, elle respecte la liberté individuelle, la liberté de choix d'une pratique réligieuse.

J'ai expérimenté le christianisme,l'islam et l'animisme pour reprendre votre qualificatif et je n'ai pas vu la différence de fond lorsqu'on regarde les choses sous d'autres angles.

Y aurait-il une différence entre un béti et un ékang ? je dirais non. Car ce ne sont pas deux réalités antinomiques.Peut-être parce que je suis de l'autre côté de la frontière. Car ailleurs , en dehors du Cameroun, appartenir au groupe est plus important que d'appartenir à un miniscule groupe ( ntumu, okak, fang-fang). Ailleurs le groupe a plus d'importance que bétsi, ntoumou, okak, mvai, boulu, eton, yewondo, etc.

J'aurai même tendance à dire que béti= ekang. Ce n'est pas une question de géographie, de divisions. Les fang du gabon se disent de plus en plus béti ou yevow ( pour ne pas dire nkodjen). Yevo ou Yevol étant la dénomination originelle ou plus ancienne employée au Cameroun.

Et pourquoi béti se limiterait tout simplement au Cameroun ? béti serait un concept nouveau pour diviser les ekang du Cameroun et les éloigner de leurs frères d'afrique centrale. Et quand vous regarder bien les divisions ethniques au cameroun , les bulu ne font pas partir du groupe béti. j'ai en mémoire le titre de cet ouvrage! fang-béti-bulu d'afrique centrale" du RP Thrilles.Et bien d'autres ouvrages et travaux vont dans ce sens sans une remise en question des historiens, géographes et sociologues ekang.

A mon avis, ces divisions arrangeaient bien nos politiciens. Chaque politicien ekang son territoire, sa circonscription politique. Où sont les Assale ? Cet homme politique camerounais qui a réussi à fédérer toutes ces différences entre béti et bulu dans son parti tribal " elar ayong".

Bruno Ella-Ondo



Informations supplémentaires, contacts, liens, auteurs et copyrights
Contacts :
bernardomozart@yahoo.fr

Scolasticat père Dehon
RDC ? Kisangani
Province orientale
Commune Makiso
BP 505.
Les questions de cette interview ont été rédigées par Maurice Ze.
Nous remercions Mr. Bernard Owona Enama d’avoir accepté cet entretien.
Les textes de cette interview doivent seulement être utilisés dans le cadre du mouvement Nkul Beti ou de la promotion de Mr. Bernard Owona Enama
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