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Témoignage Marthe Ngo Mayack : «J’étais la conseillère de Um Nyobe»
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© La Nouvelle Expression : Entretien mené par Ben Christy Moudio
La première épouse de l’un des pionniers de l’indépendance du Cameroun revient sur sa vie durant le maquis, les accusations portées à l’encontre de Mayi Matip et la naissance de tendances au sein de l’Union des populations du Cameroun (Upc)
     Date de publication: 15-09-2015   18:16:02
En cette veille du 13 septembre, peut-on savoir comment vous allez?

Je suis malade, je ne suis pas en santé et il y a les désagréments dus à la vieillesse. Mon mari est parti depuis un moment maintenant. Je suis là depuis un long temps et c’est seulement maintenant que vous venez me demander comment je me sens ? Qui a déjà eu ce genre d’évènement dans sa vie et s’est bien senti ? Depuis qu’Um Nyobe est parti je ne me sens pas bien.

Comment viviez-vous du temps du maquis?

J’ai oublié. Avec tout le temps qui s’est écoulé, j’ai tout oublié. Ce n’est pas le genre de souvenir que je veux garder en moi.

Quel était votre rôle dans le parti du temps du maquis?

J’étais la conseillère de Um Nyobe comme cela doit être. Je faisais la blanchisserie, je m’occupais de tout ce qui était important pour Um Nyobe. Je m’occupais de lui parce que c’était mon devoir.

Avez-vous aujourd’hui, une idée précise des circonstances de sa mort?

A l’époque du maquis, on sortait le matin, on rentrait le soir. C’était juste la lutte pour l’indépendance de son pays. Rien d’autre. Voilà il est décédé, je l’ai appris et je suis restée malheureuse avec les enfants.

Quel regard portez-vous sur Mayi Matip qui selon certaines personnes serait à l’origine de la mort de Ruben Um Nyobe?

En réalité j’ignore ce qui s’est passé entre Mbombog Mayi Matip et Um Nyobe par rapport à son décès. S’il y a eu trahison, c’est leur jugement là-bas avec Dieu. Moi j’ignore tout de ce qui s’est passé entre les deux. Si les gens ont dit que c’est Mbombog Mayi Matip qui est responsable de cela, ça les engage. Je ne suis pas responsable de leurs paroles.

Quel regard portez-vous sur l’Union des populations du Cameroun (Upc) aujourd’hui?

Vous ne pouvez pas être à la genèse de quelque chose et vous oubliez. Je n’ai pas cessé d’aimer l’Upc que j’ai fondée. J’aime ce parti. Chaque fois qu’on parle de l’Upc, d’une réunion, je pense que quand je m’y rendrai je verrai Um Nyobe là-bas. Quand j’avais encore assez de force, j’étais partout avec eux, aujourd’hui je suis un peu paralysée, je fais comme je peux, mais j’aime toujours mon Upc.

Que pensez-vous des divisions qui ont vu le jour au sein de ce parti qui se présente comme l’héritage de votre mari?

L’Upc est devenu un parti qui a plusieurs papas. Je ne sais plus où aller, à quel saint me vouer. La situation que nous vivons aujourd’hui au sein du parti est très difficile. Parce que l’Upc aujourd’hui n’a plus un seul leader. Je conseille à ces derniers de se mettre ensemble selon l’idéologie du parti. Je pense qu’aujourd’hui on doit se rassembler parce qu’un enfant à plusieurs pères est voué à la perdition. Les gens doivent cesser de se diviser au Cameroun. Ce sont les idéologies du parti. Cela nous permettra de réussir et par conséquent le Cameroun pourra avancer.

Quelles sont vos relations avec les leaders des différentes factions de l’Upc?

Ces dirigeants du parti n’ont pas déjà réussi à s’occuper d’eux mêmes. Alors, je pense que c’est difficile pour eux, vu qu’ils ne s’en sortent pas, qu’ils viennent s’occuper de moi. Je crois que c’est difficile. Il faut d’abord qu’ils s’occupent d’eux-mêmes pour envisager ensuite de prendre soin de moi.

Avez-vous pensé engager des actions pour la réhabilitation de la mémoire du Mpodol?

Les dirigeants du pays sont bien conscients. Je n’ai rien à faire. S’il y a quelque chose qui devra être mené, ils doivent automatiquement le faire. Ma force me permet de m’occuper de ce que je peux. Je n’ai pas intenté d’action d’une quelconque nature.

Le programme ce 13 septembre?

Ce 13 septembre, j’irai sur la tombe de mon mari pour poser une gerbe de fleur comme d’habitude. Aujourd’hui (Ndrl samedi 12 septembre) j’ai eu la force d’aller faire le travail manuel là-bas, nettoyer pour que cela soit attrayant. Si j’ai quelqu’un qui veut bien m’accompagner demain, j’irai passer du temps sur cette tombe à partir de 10h, puis je vais rentrer. J’ai passé beaucoup de temps avec Um Nyobe, je remercie le seigneur pour ces moments.
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