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Que cache le désamour de certains membres de la diaspora africaine pour leur patrie d’origine : le cas du Cameroun
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flashmagonline.net - Par Hubert Marlin Elingui Jr.
Journaliste Ecrivain
Le 28 février 2015 La grande marche patriotique a été un succès populaire et médiatique car des dizaines de milliers de Camerounais ce sont réunis a l’esplanade du 20 Mai pour dire leur attachement à leur patrie, cependant ces milliers de manifestants et les quelques millions de sympathisants ne sont pas la majorité absolue du Cameroun, car il y a une frange non négligeable de camerounais du terroir et de la diaspora qui reste très allergique à tout ce qui touche à leur mère patrie pourquoi autant de dédain?
     Date de publication: 12-03-2015   21:09:14
Pour mieux comprendre ce désamour, il faut rentrer dans les causes exogènes et endogènes du phénomène. Si le Cameroun reste l’un des pays les plus hétéroclite du monde avec pas moins de 280 groupes ethniques et idiomes, il serait injuste de dire que le véritable facteur de division des opinions, et d’antagonisme souvent tenace, voire haineux est liée à l’appartenance ethnique même si c’est une corde très sensible sur laquelle les politiques aiment bien tisser leur toile pour appâter la populace.

Le colon en son temps l’avait très bien fait avec merveille. La maxime diviser pour mieux régner, n’a jamais connu autant de succès qu’en Afrique. Si avant les guerres tribales ont été pourvoyeuses d’esclaves en leur temps, de nos jours les guerres d’influences politique internes sont pourvoyeuses de ressources au même forces de l’ombre. Avant de continuer de s’étendre sur ce paradigme du désamour de certains pour leur pays d’origine il est important de le relever.

La principale cause exogène du désamour de certains africains pour leur pays, est la pression du sous-développement; à l’ère du numérique et de l’information en temps réel, beaucoup se rendent compte que leur pays reste à la traine, et cette traine ils l’imputent en générale à la classe dirigeante, et avec une raison aussi bien justifiable que biaisée au fond. Le paternalisme hérité du colonialisme a fait croire à pas mal d’africains, membres de la diaspora et du terroir, que leurs dirigeants étaient leurs pères, et qu’ils devraient par conséquents pourvoir à tous leurs besoins réels et imaginaires. Si en son temps le colon s’était érigé en petit Dieu pour les populations autochtones, de nos jours les dirigeants africains se sont arrogé ce rôle. Ils croient être des dieux dont on devrait prier, chanter les louanges si l’on veut espérer des faveurs, tandis que ceux qui ne rentrent pas dans cette logique se voient damnés, bannis du paradis. Un paradis qui dans le cas du Cameroun prend le terme de mangeoire. Cependant dans cette logique des causes exogènes, les choses seraient plus faciles si la condition africaine, ne dépendait que des dirigeants africains, qui dans la réalité ne sont pas tous des monstres que l’on veut nous vendre dans les medias qui ne servent pas toujours l’intérêt de la liberté de jugement des peuples.

Tandis que le monde vit une guerre du contrôle des consciences, il est important de souligner que l’art de la désinformation a atteint les cimes de l’ignominie, et semble ne jamais se lasser de pondre des inepties, tant il est vrai que dans le code de déontologie de ces journalistes de la menterie, il est important de dire encore et encore le même mensonge pour en faire une vérité acceptée par tous. Aussi le sous-développement n’est en rien du, à la seule mauvaise gestion des dirigeants africains qui en fait sont souvent des régents de l’ordre occidental. Comment peut-on blâmer uniquement ceux qui ne définissent pas la politique de manquement au développement socio-économique de leur pays en oubliant les ordonnateurs?

Depuis l’accession aux indépendances tronquées l’exercice des éléments de la souveraineté des états africains est l’apanage des puissances étrangères avec des organismes tels que le Fmi ou la banque mondiale, et au pire les pays de la zone franc CFA comme le Cameroun n’ont aucun pouvoir sur un élément de souveraineté essentiel comme la monnaie. Comment peut-on définir une politique de développement lorsqu’on n’a aucun contrôle sur les flux monétaires de son propre pays? Le tout dans un climat de détérioration continue des termes de l’échange, avec des traités comme les accord de partenariat économique, qui ne sont rien d’autre qu’une copie des traités inégaux, comme celui de Nankin de 1842 entre la Chine et la Grande Bretagne.

L'histoire ne se répète pas toujours c'est plutot les forces tapient dans l'ombre qui à chaque fois utilisent les memes procédés.

Les autres éléments de souveraineté comme la défense et la justice quant à eux ploient depuis sous les coups de boutoir, des missions des forces étrangères au continent, et de la cour pénale internationale, tandis que le lobbysme malsain des ONG est là, pour participer à la politique occidentale d’assimilation d’un continent par tous les moyens possibles et imaginables.

Loin de faire une apologie de la situation qui prévaut sur le continent en dédouanant des dirigeants qui sont justement coupables de pérenniser un système qui ne sert pas les intérêts de leur peuple, il est important d’abonder sur l’équation transitive endogènes, éclaircir le flou artistique,qui prévaut dans la gestion des affaires en Afrique, dont les attributs tels que le népotisme et le sectarisme sont devenus des vecteurs de la haine entre concitoyens. Quand il y a si peu, la compétition devient rude, pour être du côté de ceux qui ont. Et forcément ceux qui se sentent exclus du système ne peuvent qu’avoir une rancœur qui les pousse à partir chercher ailleurs, ce qu’ils n’ont pas pu avoir dans leur propre pays. La bipolarité sociétale, issue du sous-développement et de l’inégalité des chances entre citoyens ne peut qu’engendrer des antagonismes sociaux durables. Dans un pays où la seule grande chance d’accès à un emploi stable reste le recrutement dans un organe plus ou moins liée au gouvernement, il est normal que dans une configuration où ceux qui dirigent sont l’incarnation de l’appareil étatique, que beaucoup comprennent qu’il est impossible dans les faits de servir son pays, de gagner son pain, sans être d’accord avec la classe dirigeante qui n’exerce pas toujours ses prérogatives dans l’intérêt des citoyens. C’est là une réalité que beaucoup font semblant d’ignorer, en refusant d’admettre que dans leur pays si l’on veut avoir une carrière il faut accorder les violons de sa colère avec ceux qui tiennent les cordons de la bourse. Au vu de ceci, il est fallacieux de dire que la liberté de conscience, base d’une société libérale, existe dans un pays où , les enquêtes de moralité sur les différents candidats au progrès social par le truchement d’un emploi gouvernemental porte exclusivement sur le militantisme à l’idéal du pouvoir en place.

De tous temps les humains ont toujours cherché à avoir mieux, aussi ceux qui deviennent malgré eux des rebus du système, à cause du manque de chance ou de certaines de leurs indélicatesses passées, essayent bon an mal an de se chercher un autre moyen d’évolution sociale, et souvent la solution qui leur parait la plus à même de satisfaire ce dessein, c’est l’exile vers des contrés étrangères, qui hélas ont été souvent les puissances colonisatrices, dont à la base de leur marasme socio-économique. Une réalité à laquelle ils ne pensent jamais lorsqu’ils prennent le chemin de l’exile. Pour les chanceux qui arrivent dans ces pays de l’hémisphère nord après moult pérégrinations, ils font en générale face à une autre réalité désobligeante d’exclusion, qui prend les traits du racisme et de la xénophobie. Et cette seconde souffrance qu’ils subissent dans leur vie, ils l’imputent souvent à leur pays d’origine, en se disant que s’ils n’avaient pas connus certains revers dans leurs pays d’origine ils ne se seraient pas aventuré à l’étranger aussi le désamour pour leur pays d’origine prend une dimension qui devient encore plus grande lorsqu’ils se rendent compte que la caste des « bien nés » qui déjà dans leur pays d’origine, avaient des situations favorables, leur dame le pion même à l’étranger. Pourtant ce n’est que logique, que ceux qui partent de leur pays dans les meilleures conditions aient forcément les meilleures chances de réussite dans ces pays-là, hormis les réseaux sectaires qui, il faut l’avouer soutiennent partout les enfants de l’empire, le népotisme ne meurt pas avec la distance, cela il faut le rappeler aux rêveurs qui croient naïvement en l’égalité des chances sous d’autres cieux.

Au demeurant qu’ils réussissent ou pas les bannis d’hier, gardent au tréfonds de leurs âmes un sentiment de revanche envers l’ordre établi qui jadis les a exclus de tout. Aussi il est difficile de demander à ceux-là qui subissent ou ont subi toutes sortes de mésaventures d’aimer un pays qui représente pour eux le mal, la misère, la souffrance, et le mépris. Partagés entre l’amour qu’ils ont pour leur identité culturelle, et le pays qui est incarné par la caste qui ne leur a jamais donné la moindre chance d’avancement social, le choix est souvent simple. Le rejet de tout ce qui touche de près ou de loin à leur pays d’origine. Et leur rapports souvent heurtés avec les autorités consulaires pendant leur exile ne fait qu'empirer le desamour. Aussi ils deviennent ainsi malgré eux des éléments indirects à la solde des agents de la déstabilisation de leur pays de manière volontaire ou involontaire. Ceux-là qui les blâment de faire l’affaire des forces qui menacent l’intégrité de leur pays devraient se poser la question de savoir qu’est ce qu’ils auraient fait à leur place s’ils avaient subi toutes ces frustrations. Pourquoi devraient-ils se soucier du bien être d’une communauté qui justement a fait d’eux des parias? et qui semble s'acharner contre eux malgré la distance.

En définitive il est important de souligner qu’il n’y aura jamais de paix sociale au Cameroun tant qu’il n’y a pas de justice sociale, le nier c’est faire la politique de l’autruche. Le phénomène Boko Haram qui semble avoir rassemblé la majorité des Camerounais vers un objectif commun, pourrait devenir un élément conciliant à la seule condition, qu’il ne soit pas une aubaine de plus pour la caste au pouvoir, pour de nouveau flouter la populace et continuer ad aeternam, la gestion scabreuse de la chose publique, qui a déjà fait tant mécontents. Il faut , cependant souligner que la horde de profiteurs zelés, ne sont pas forcément d’une ethnie ou d’une autre comme veulent le faire croire certains, mais plutôt d’une classe bourgeoise, car depuis plus de 50 ans la gestion de la chose publique au Cameroun a été l’apanage de tous les grands groupes ethniques, dont les membres ont servi dans l’appareil étatique tout en se servant de ce dernier pour un avancement social conséquent, à l’exception sans doute des pygmées qui depuis toujours sont restés des marginaux.

Loin de faire dans du négativisme positif, il est primordial pour la nouvelle génération de camerounais de sortir de cet engrenage morbide, en s’éduquant, même si la meilleur éducation livresque reste encore l’apanage des plus nantis, et en créant une société civile forte, qui saurait générer des emplois, et du pain non estampillé du sigle du gouvernement.
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