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Cameroun/USA: Gisèle Alima est déjà au Cameroun. Les services américains de l'immigration ont rapatrié l’ex-employée de Martin Belinga Eboutou
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© Célestin Ngoa Balla | Intégration
A son corps défendant, Gisèle Alima, dont l’histoire a ému la communauté camerounaise aux Etats‐Unis, a été ramenée sur sa terre natale par les services américains en charge de l’immigration.
     Date de publication: 18-11-2014   05:25:11
A NEW YORK: Le Cameroun se débarrasse d’un colis encombrant

A son corps défendant, Gisèle Alima, dont l’histoire a ému la communauté camerounaise aux Etats‐Unis, a été ramenée sur sa terre natale par les services américains en charge de l’immigration.

Gisèle Alima, l’ex‐femme de ménage de Martin Belinga Eboutou (alors ambassadeur représentant le Cameroun auprès de l’Onu), vient d’être déportée de New York par les services américains en charge de l’immigration. Elle est arrivée à Yaoundé au courant de la semaine dernière, en compagnie d’un officiel camerounais chargé de la conduire au ministère des relations extérieures. Où sa famille, appelée au téléphone, est allée la récupérer. Selon nos sources, la somme d’un million de FCfa lui a été remise au nom de la représentation diplomatique du Cameroun auprès de l’Onu, par son accompagnateur parti de New York.

Gisèle Alima a été cueillie devant l’ambassade du Cameroun à New York par la police, il y a quelques semaines. Au motif d’avoir allumé du feu sur le trottoir. Les policiers, qui remarquent son état d’ébriété, décident de l’amener immédiatement chez un psychiatre. Ce n’était pas la première fois que Gisèle Alima se trouvait face à un psychiatre à New York. Mais jusque‐là, elle avait toujours réussi à ne jamais révéler son pays d’origine, bloquant ainsi tout mécanisme de rapatriement. Cette fois‐ci, en s’expliquant avec les policiers, elle commet l’erreur d’admettre son identité camerounaise. Pendant son échange avec le psychiatre, l’immigration américaine va s’orienter vers l’ambassade du Cameroun, qui à son tour se met à table sans se faire prier. Suffisant pour que les américains offrent des billets d’avion à Gisèle Alima et son convoyeur.

A en croire une source diplomatique, Gisèle Alima, qui n’entendait pas rentrer au Cameroun, devint très agressive et tenta de faire une fugue à l’hôpital psychiatrique. Mais en vain. Elle aurait d’ailleurs été sous l’effet d’un somnifère au moment de l’embarquement dans l’avion. Et c’est à l’atterrissage à Nsimalen que son convoyeur lui dit qu’elle a définitivement quitté New York.

Ainsi, s’achève l’épopée américaine de l’ancienne protégée de l’épouse de Martin Belinga Eboutou. Recommandée par sa soeur infirmière, Gisèle Alima, mère de trois enfants était vendeuse de beignets à Yaoundé. Elle vivait avec un mari très violent. Son recrutement comme femme de ménage chez l’ancien directeur du protocole d’Etat est donc une aubaine pour cette citoyenne d’origine modeste. Et lorsque Martin Belinga Eboutou est désigné par Paul Biya pour représenter le Cameroun auprès de l’Onu, Gisèle Alima et d’autres employés de maison déposent leurs valises à New York, pour continuer à servir leur patron. Mais à New York, Gisèle Alima décampe de la résidence de l’ambassadeur.

Plusieurs années après, elle est repérée sur les bancs publics à Manhattan. Puis, elle signe de nombreuses apparitions à l’ambassade et devant le portail de la résidence de l’ambassadeur. Elle dit venir exiger ses droits de travailleuse abusivement limogée. Elle exige aussi la restitution de son passeport diplomatique. Mais elle ne veut pas rentrer au Cameroun.

Il y a quelques mois, elle donne une interview à un certain Patrice Nouma. Ce jeune homme, souvent confondu avec la silhouette de l’ambassadeur camerounais à l’Onu Michel Tomo Monthé, attire Gisèle Alima dans sa maison et lui arrache un témoignage qu’il prend soin de filmer et de publier dans Youtube. C’est le buzz. Gisèle Alima s’installe chez son interviewer, devenu occasionnellement bon samaritain. La saison des amours ne dure que le temps des roses. Gisèle Alima revient dans la rue. Et s’installe sur les escaliers de l’ambassade du Cameroun. Jusqu’au jour fatidique.
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