MOUVEMENT NKUL BETI
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Que dit Fabien Didier YENE à propos du Forum Social Mondial 2013 ? Entretien exclusif.
Source, auteur, copyright
Propos recueillis par Maurice Ze, coordinateur du Mouvement Nkul Beti
Fabien Didier YENE, l’homme que nous rencontrons aujourd’hui, constate avec regret le désintéressement des pays d’Afrique noire et en particulier l'Afrique centrale au Forum Social Mondial (FSM). Pourtant, FSM avait été organisé au Sénégal en 2010. C'est au lendemain de ce forum que pour le soulèvement des étudiants sénégalais avait commencé, pour la toute première fois. Ce qui a sans doute aussi contribué à une certaine prise de conscience pour lutter contre le Abdoulaye Wadisme.
     Date de publication: 18-02-2013   05:49:40
FSM est un mouvement mondial des sociétés civiles. Du 26 au 30 mars 2013, il aura lieu en Tunisie. Pour plus d'informations, consultez le site www.fsm2013.org

Dans le cadre de nos entretiens Face à Face, Fabien Didier YENE nous présente le FSM et les enjeux autour de ce mouvement.
1. Face à Face : Bonjour Mr Fabien Didier YENE. Nous avons choisi de présenter le Forum Social Mondial (FSM) dans le cadre de nos entretiens Face à Face. C’est quoi en fait FSM ?
 
Maurice ! Encore une fois, je me retrouve à répondre à tes questions sur les mouvements de luttes sociaux ! ! …. Permet seulement que je te porte rapidement ce petit jugement…, Tu es vraiment engagé pour un autre monde possible ! C’est aussi cela le FSM !

Donc, je te remercie d’avance de m’avoir donnée encore une fois, la possibilité, de réagir sur ce plateau. Revenir à ta question. Le Forum social mondial (ou FSM) est un forum international ayant pour but principal de faire, se rencontrer des organisations citoyennes du monde entier sensibles à la cause altermondialiste (« Un autre monde est possible »). On traite des principaux sujets de préoccupation de la société civile en rapport avec la mondialisation. Le FSM se présente comme une alternative sociale au Forum économique mondial qui se déroule chaque année en janvier à Davos en Suisse.

La première édition du FSM s'est tenue en 2001 à Porto Alegre au Brésil. Depuis les réunions de 2002 et 2003, les forums sociaux à toutes les échelles sont régis par la Charte des principes du Forum social mondial, dont les principes les plus importants sont :
  • l'opposition à l'ordre « néo-libéral » caractérisant la mondialisation actuelle,
  • l'ouverture à tous les courants idéologiques pour les projets alternatifs,
  • l'absence des partis politiques en tant que tels.
Il faudrait savoir que les forum sociaux ne délivrent pas de déclaration finale, mais sont des espaces ouverts de débat d'idées et d'élaboration de projets. Un manifeste a été néanmoins élaboré en 2005, sans valeur officielle toutefois : le Manifeste de Porto Alegre, support de propositions à débattre. L'organisation du Forum se fait par le “Conseil international”, qui réunissait en 2005 une quarantaine d'ONG et d'associations, et qui ne cesse de s'accroître.
2. Face à Face : Vous déplorez l’absence ou le non-intérêt des pays de l'Afrique sub-saharienne à cet événement. Comment arrivez-vous à ce constat ?
 
En fait, depuis une dizaine d’année, je suis impliqué sur des questions de migrations des ressortissants des pays pauvres vers des pays riches. Ce qui, en mon sens est tout à fait normal et humain. En travaillant aussi sur les questions d’organisation des luttes sociales, je constate avec regret que la société civile des pays sub-sahariens, reste encore pris en otage dans des discours politiques des dirigeants, or ces discours sont toujours en mal de cohérence. Pourtant, au regard de la situation économique désastreuse de ces pays ; constatant les rapports de dominations existant, des pays du nord sur les pays sub-sahariens et au vu même du décalage du niveau de vie existant entre les gouvernants du sud et la réalité du vécu quotidien des populations de ces mêmes pays ; ça me semble vraiment invraisemblable, voir inconcevable de ne pas être sur le premier plan des forums sociaux mondiaux. Je reconnais d’avance qu’en 2007, le FSM était en Nairobi, mais zéro participation massive de nos sociétés civiles. En 2011 à Dakar même constat, mais néanmoins la société civile sénégalaise s’était montrée active. Je n’ose même pas évoquer le manque ou l’absence totale de participation de pays de l’Afrique centrale ; mais toute fois, je salue une petite équipe de camerounais militant, partis de Yaoundé, Douala en caravane jusqu’à Dakar. Ils ont retracé l’itinéraire qu’empruntent les migrants camerounais en partance vers l’Europe. Ces courageux compatriotes à qui j’adresse mes vives félicitations, ont essayé de relayer au FSM les obstacles en organisation dont rencontre la société civile camerounaise. Même les médias du pays n’ont même pas fait échos de cette caravane. Pourtant peu de temps avant, le premier ministre français était au Cameroun pour signer d’une manière très opaque ce qu’ils ont appelés « les accords de développements économique solidaire » Ces fameux accord avait un grand accent indirect sur la lutte contre la migration des Camerounais vers la France. Ce facteur qui touche essentiellement la couche sociale sans godasses si je peux me permettre de le dire ainsi. Mais cette visite était largement présentée dans tous les quotidiens camerounais. Même ce qu’on croit être de la gauche (opposition ou vision différente du pouvoir en place) pour ne pas dire ceux de la voix du peuple.
3. Face à Face : Croyez-vous que les sociétés civiles de l’Afrique noire doivent emprunter des chemins nouveaux pour s’organiser efficacement ? Par exemple en adhérant à un mouvement mondial tel que FSM ?
 
Sans trop vouloir nous plonger dans l’histoire, je te rasure que toutes les grandes révolutions sociales que le monde a connu viennent de l’organisation de la société civile. Si on faisait un léger retour dans les fameuses luttes des libérations de nos peuples africains. Toutes les colonies et « pays sous protectorat français « comme c’est généralement une excuse pour le Cameroun !...ont eu, la soit disant « indépendances » presque que la même période. Ceci après liquidation de tous les vrais indépendantistes : Je parle de la puissance colonialiste en complicité avec les photocopies de dirigeants dont nous avions. Ce qui voudrait dire, ces pays sont passés à une forme de dictature instaurée par le colon ! Moi j’appelle cela une gestion indirecte avec des vitrines aux sommets de nos petits Etats. Mais, force est de constater comment grâce à des mouvements sociaux et populaires bien organisé, par les sociétés civiles actives, objectives est né le printemps arabe. Parce que la masse populaire en avait marre, je dis bien marre ! ça ne voudrait pas dire que ces populations vivaient moins bien que celles des pays de l’Afrique noire…. Très bien au contraire, les populations des pays arabes vivent mieux que nous.

Dans plusieurs médias européens, nos intellectuelles participent à pas mal de débats pour donner leurs analyses sur ces évènements, donc certains d’entre eux qualifient même de révolutions prématurés….Moi je me dis que c’est une autre forme de formatage des pays sub-sahariens par le biais de leurs intellectuels pour que les populations ne prenne conscience pour se révolter. Penses-tu sincèrement que nous sommes mieux traités chez nous, que ces pays, Tunisie, Egyptiens, Libyens, Maroc chez eux ? Mon frère…… j’ai dix ans au Maghreb…je ne crois même pas un peu ; Et voilà en mars 2013, le forum social mondial se passera à Tunis, malgré le clichés et stéréotype d’images qu’on voudrait nous donner. Ces pays ont un niveau de vie supérieur au notre et jusque là, la société civile ne lâche pas les baquettes. Moi je pense c’est un exemple à suivre pour bouger les choses ; peut importe le risque qu’ont prendrait. Trop c’est trop ! Tout est en régression chez nous !
4. Face à Face : Dites-nous pourquoi les pays de l’Afrique sub-saharienne devraient prendre part à ce forum qui aura lieu du 26 au 30 mars 2013
 
D’après moi, les enjeux sont multiples, déjà il faut savoir que : L'Afrique australe, en particulier l’Afrique du Sud, et les pays du Maghreb sont économiquement plus prospères que l'Afrique centrale et l'Afrique de l'Ouest. Certes notre continent est riche en ressources naturelles, mais les revenus issus de la commercialisation de ses ressources sont souvent détournés par les dirigeants, et figurent parmi les éléments permettant d'expliquer certains conflits internes. Le cadre institutionnel (État de droit, marchés financiers…) utile au développement économique est instable dans de nos pays. Il faut une forte participation de l’Afrique sub-sahariens pour nouer les contacts avec d’autres réseaux de luttes sociales. Apprendre ce qui se passe ailleurs, découvrir ce qui se passe ailleurs. Nos médias qui travaillent généralement avec nos dirigeants ne nous parlent que politique en oubliant notre vécu quotidien ; or ce sont des luttes sociales qui créent « le politique ». Ceux qui sont sensés nous informer, nous instruire sont dans les jeux d’intérêts des grandes multinationales ; les mêmes qui ne font que s’enrichir d’un côté, et de l’autre alimenter des guerres par si et là ; Regarde jusqu’à ce siècle, en Afrique noire, nous continuons à mourir chaque jour de famine ! . . . . Je ne croyais pas qu’un camerounais pouvait passer une journée sans manger…mais pourtant c’est vrai… Je te jure que c’est vrai ! Je te l’affirme, j’ai vu et rencontré. Sais-tu qu’il existe des foyers (familles) dans nos deux grandes métropoles qui n’ont pas un compteur d’eau ou d’électricité ? …je ne cite que ça pour exemples. Donc, dans le forum tu découvres d’autres formes d’organisations de luttes sociales qui peuvent être d’un très grand apport dans nos réseaux de luttes.
5. Face à Face : Mr Fabien Didier YENE, nous savons qu’il existe un Forum Social Africain éventuellement plus apte à discuter des problèmes d’Afrique noire. Existe-il des liens ou des enjeux communs entre les deux forums ?
 
Le Forum social africain est une partie du Forum social mondial, l’idée est née du premier Forum social mondial qui a eu lieu à Porto Alegre au Brésile du 25 au 30 janvier 2001 et qui avait marqué un tournant décisif tant dans l’évolution des rapports entre gouvernants et gouvernés que dans celle des rapports Nord-Sud.
Comme je te l’ai expliqué un peu plus haut ; La société civile mondiale qui s’est manifestée avec force à Seattle et dans tous les évènements internationaux qui ont suivi, a montré, dans la capitale du Rio Grande do Sul, qu’elle constituait une force sociale et politique majeure, vigilante, capable de s’organiser et de parler d’une seule et même voix, en dépit de sa diversité.

D’où est né le slogan « Un autre monde est possible » Ce fut pour le bonheur des damnés de la terre dont nous sommes, nous Africains. Surexploités, sur endettés et marginalisés, nos voix également sont étouffées, notre douleur banalisée, nos luttes entravées. Mais dommage, je te dis bien dommage d’avoir toujours constaté que, sur les quelques quatorze mille participants au Forum Social Mondial, l’Afrique, bien que heurtée de plein fouet par les réformes néo-libérales, n’était représentée que par une cinquantaine de personnes. Et pourtant Le mouvement social mondial a imprimé une nouvelle dynamique à la construction de la société civile africaine qui, à son tour, s’est enrichit et s’est renforcé de son vécu, de ses espérances et de sa vision. Sous le mot d’ordre «Une Autre Afrique est Possible », plusieurs éditions du Forum Social Africain ont eu lieu afin d’enrichir et de renforcer le mouvement social africain, de préparer la participation au Forum Social Mondial et ainsi de consolider le mouvement social mondial.
6. Face à Face : Le Forum Social Mondial est-il seulement un mouvement du tiers-monde ? Quels sont les grands acteurs internationaux qui adhèrent à ce forum ?
 
Je n’affirmerai pas que le FSM est seulement un mouvement du tiers monde. Non ! Il faut faire très attention avec les mots. Même dans les pays développés on assiste toujours à des luttes sociales, il existe un très grands nombre de syndicats dans ces pays qui sont généralement présent dans les Forum Sociaux mondiaux. Il faut aussi savoir que certains ONG sont internationales je dirais même mondiales, parce que ce sont elles qui travaillent la plupart dans les projets de développement dans les pays du tiers monde. Ces ONG sont toujours présentes dans les FSM. J’irai même loin en te disant qu’il en ressort que dans les FSM, on ne veut pas de partis politique en tant que tel, mais fait bien attention, il y a des Présidents de certains Etat qui sont invités, alors que d’autres ne le sont pas ! Donc c’est un problème de choix et de ligne politique dans des rapports des pays nord-sud. Il y a un très grand nombre de figures politiques en Europe qui sont souvent présents. Je pense à Dakar où j’avais rencontré personnellement Mme Martine AUBREY qui était encore SG du parti socialiste qui, actuellement est au pouvoir en France ; J’ai rencontré Mr Besancenot et un grand nombre d’amis de la gauche Française pour ne citer que la France ; C’est le cas pour d’autres pays européen, sauf que le FSM n’est pas un mouvement ou les politiciens sont sur le premier plan. On ne peut rien faire sans un peu de politique…. Hahahahha !
7. Face à Face : Si je vous ai bien suivi, vous dites que le FSM a contribué à une certaine prise de conscience pour lutter contre le Abdoulaye Wadisme. Dans quelle mesure ?
 
Je ne vais pas vous raconter toute l’histoire qui s’était créer autour du FSM à Dakar ; parce que ça mériterai la rédaction d’un livre, mais croyez moi. Le FSM à Dakar s’était déroulé à l’université Cheikh Anta Diop la plus grande université du Sénégal. Ce forum avait amené des étudiants sénégalais à prendre positions par rapports à des demandes de reformes structurelles au Sénégal. Au lendemain du FSM à Dakar, il y a eu une très grande mobilisation des étudiants sénégalais qui, non seulement demandaient les réformes mais aussi dénonçait le Président Abdoulaye Wade qui voulait changer la constitution et c’est delà qu’on a vu les manifestations se propager dans tout le Sénégal et le résultat aujourd’hui nous le connaissons tous.
8. Face à Face : Revenons maintenant au FSM 2013. Quel est le programme que nous réserve cet événement mondial ?
 
Le FSM commence toujours avec l’arrivée et l’installation des participants. Puis les allocutions, suivis des plénières. Le FSM présente un très-très large éventail d’activités. Ces activités sont réparties dans des Villages. Il faut signaler qu’il y a des centaines d’ateliers. Et le 28, il y aura des assemblées de convergences pour aboutir au manifeste finale et enfin une marche est prévue.
Ce qu’il faut savoir, c’est que le FSM se passe en 5 jours, mais c’est un évènement mondial d’une très grande importance. Pendant ces 5 jours c’est du travail intense. Et on ne peut pas suivre tous ce qui se passe dans tous les ateliers, et raison de plus quand la société civile d’un pays se mobilise pour y participer, il s’organise pour se dispatcher en fonction de leurs différentes luttes dans différents ateliers qui les intéresse. Il y aura des gens qui travailleront jours et nuits pour faire des rapports, des agglutinations, ainsi que des recommandations pour arriver à un texte final. Il ne faut pas aussi oublier le côté festif, avec des concerts et autres…..
9. Face à Face : Sur le plan d’organisation, avez-vous une idée sur l’accueil que réserve FSM 2013 à ces invités et aux visiteurs ?
 
Le FSM se veut un espace ouvert à tous. Certes il y a un comité ou conseil international qui s’occupe des questions logistiques et administratives. Mais le FSM se veut un mouvement des luttes sociales, ouverts à tous. Ceci dit par exemple, Le FIE (forum international Ekang) veut participer au FSM supposons. Le FIE va entrer dans le site web dont nous propose le FSM, il va s’inscrire, puis va se positionner sur ce qu’il voudrait faire comme activité… je parle en terme Thème. On peut dire le FIE va choisir la Culture. Donc va alors proposé les activités culturelles qu’il voudrait faire…mais si entre temps il y a d’autres organisations qui se sont inscrites sous le même thème, venant dans un autre coin du monde, je peux prendre l’exemple de l’Amérique latine et voudraient travailler sur les mêmes Thèmes que le FIE. Le comité international va faire l’agglutination et va proposer aux uns et aux autres de travailler ensemble parce que vous êtes sur le même sujet de lutte. Mais si entre temps le FIE veut des espaces personnels, qu’il ne voudrait pas partager, il va alors se les payer par une modeste somme qu’ont lui demanderait pour lui trouver ces espaces. Pareillement pour les hébergements, le FIE peut passer par le comité international pour trouver des hôtels où loger ou encore se les chercher tout seul.

Pour les visiteurs ; ils sont les bienvenus, mais c’est à eux de voir et savoir ce qu’ils voudraient avoir, ou dans quels débats, conférences, activités voudraient-ils assister. Il y aura des centaines d’activités et débats, des expositions, des conférences, tous ce qui est en lien avec les luttes sociales. Comment sont-elles constitués...etc
10. Face à Face : Pourquoi le choix de la Tunisie comme lieu de ce forum ? Si on tient compte des turbulences que vit ce pays en ce moment, ne craignez-vous pas que ce forum perde sa raison d’être au profit des manifestations voire même des revendications politiques ?
 
Bien au contraire, le pouvoir Tunisien et l’opposition se sont bien engagés à ce que le FSM ait lieu en Tunisie. Pour ce qui est du choix du lieu, c’est un travail de réflexion du Conseil international, ce choix est aussi politique en mon sens, parce que le choix était partagé entre le Caire et Tunis. La Tunisie pour moi reste un grand symbole de la révolution, même comme cette révolution veut être confisquée par les politiques ; je pense le peuple tunisien ne se laisse pas faire et ça sera encore un moment très fort pour eux, que ce forum ait lieu chez eux. Personnellement, je ne crains pas qu’il faille arriver des turbulences jusqu’à ce que le Forum perde sa raison d’avoir eu lieu à Tunis. Certes l’homme est un loup pour l’homme ! Mais, je peux vous dire combien les maghrébins sont petit à petit en avance. Ils ne se laissent pas faire ! Il y a des assoiffés du pouvoir, des brebis galeuses… ! La Tunisie est un très grand symbole de révolutions des peuples arabes.
11. Face à Face : Mr Fabien Didier YENE, vous serez présent à ce forum. Pouvons-nous déjà avoir une idée de vos interventions et rencontres lors du FSM 2013 ?
 
Comme vous le savez déjà j’irai bel et bien à Tunis ; je travaillerai dans ce qu’on appelle « village de la migration » parce que les espaces dans le forum seraient appelés villages. J’espère que vous connaissez comment un village africain se structure et fonctionne. Dans ces espaces, ça sera le même mode de fonctionnement. Je vais défendre comme d’habitude le droit de circuler et de s’installer librement pour tous, et partout sur cette planète terre. Je n’admets pas que sur cette même planète il y a une seule catégorie d’individu, à qui ce droit est reconnu alors que pour d’autres c’est impossible d’aller et de revenir comme on veut. Je ne nie pas qu’aujourd’hui la migration des pauvres vers les pays riches reste essentiellement économique comme on nous le présente dans les médias des pays riches ; mais voyons…. les petits blancs qui viennent chez nous sans difficultés…eux ils viennent faire quoi ? Certains viennent travailler eux aussi ! et d’autres pas…ça veut dire certains africain eux aussi partiraient pas seulement pour travailler, mais pour la découverte. J’irai même plus loin en te disant que nos lecteurs doivent faire bien attention avec tous ce qui se chante sur les migrations sub-sahariennes… Il y a plus de circulations et d’installations des personnes, c'est-à-dire aller et retour, parfois, s’installer entre les pays riches, en comparaisons avec la circulation et l’installation des personnes des pays pauvre vers des pays riche. Il y a même une forte migration interafricaine, largement supérieur à celle d’aller en Europe. Je travaillerai sur cette question avec des centaines d’ONG et Associations qui s’inscrivent petit à petit dans cette logique. Il y aura même une campagne, sur la publication d’un passeport global ou encore visa pour le monde sans exception ; une idée d’Emmauïs International ; et en petit rappel je suis leur référent c'est-à-dire la personne qui soutien cette lutte en Afrique sub-saharienne : http://www.visapourlemonde.org/fr/ils-elles-sont-a-nos-cotes/
12. Face à Face : Vous êtes devenu aujourd’hui une personnalité avec une responsabilité très importante dans la dynamique des associations maghrébines issues de l’immigration et de la liberté de circulation. Etes-vous l’un des grands acteurs du FSM 2013 ?
 
Pour tout vous dire Maurice ! J’ai envie de pleurer quand je vois le traitement qui est réservé aux sub-sahariens au Maghreb. L’Europe a transposé ses frontières externes au Maghreb et du coup, ces pays sous-traitent avec l’Europe. Ces pays sont devenus les gendarmes de l’Europe. L’Europe les oblige à faire le sale boulot qu’elle devrait faire elle-même. La déshumanisation à l’égard de ceux qui viennent des pays d’Afrique noire et qui voudraient passer ou vivre au Maghreb n’a pas de nom. Donc étant dévoué pour cette cause de liberté de circulation et d’installation de tous, partout ; De la tribune du forum mondial, en dénonçant tout cela dans une des capitales du Maghreb, j’espère susciter un vif débat, d’où il sera clair qu'il ne peut pas y avoir deux poids, deux mesures : demander, pour ses ressortissants en Europe, ce qu’on nie chez soi, aux soient disant sans-papiers d'autres pays. Les diasporas maghrébines conservent un poids plus qu’idéologique au Maghreb, elles doivent se positionner clairement, politiquement. Les sans-papiers subsahariens en ont assez de leur « solidarité » : Je pense ils ont besoin des faits concrets dans les pays du Maghreb, voilà ce qu’ils veulent « leur régularisation »

Par ailleurs je ne sais pas, si je suis l’un des grands acteurs du FSM, ce que je sais, j’y vais pour susciter un vrai débat ! Et en secundo, j’y vais moi-même, je ne laisse plus la place aux gens parler au nom des migrants sous prétexte qu’ils ne peuvent pas voyager. Je me bats corps et âme pour que des sans papiers venus dans d’autres pays du Maghreb et d’Afrique sub-sahariennes soient présents au FSM à Tunis, pour prendre la parole eux même.
13. Face à Face : Comment se présentera effectivement votre rôle lors de la tenue de ce forum ? Et quelles sont les attentes du monde magrébins ?
 
J’ai la chance de participer aux allocutions de ce Forum social mondial ou certainement je serai écouté. En secundo, je serai aussi à une plénière sur la liberté de circulation et d’installation de tous, partout. Pour le monde magrébin, nous savons tous, que son peuple est en pleine ébullitions par ce vent de révolutions démocratiques. Ils veulent, une justice sociale, et une démocratie donc le pouvoir appartiendrait aux peuples ; ils veulent la liberté et non l’anarchie raison je martèle à la diaspora magrébine qu’on ne peut pas parler de libertés chez soit, alors qu’il y a des gens qui sont déshumanisés chez vous d’où notre alliance de fédérer nos luttes au Maghreb et ailleurs.
14. Face à Face : FSM a eu lieu au Sénégal en 2010. Grace à votre renommé, vivrons-nous un jour cet événement au Cameroun ? Pour et Contre ?
 
Il faudrait qu’on se donne les moyens pour se faire acter l’initiative d’organisation du FSM au Cameroun. Je sais que quand les camerounais veulent faire quelque chose, ils le font. Je me souviens avoir lu une demande de ce genre il y a deux ans, faite par une petite association qui travaille sur des questions de migrations, à Douala. Cette association seule, ne pouvait pas porter une organisation de telle envergure… je pense c’est la réponse qui leur a été donnée.

Je vais te dire une chose. Au Cameroun, il y a une corruption qui ne dit pas son nom et ça se vérifie à tous les paliers de la vie courante. Heureusement j’entends les échos ces derniers temps que le patriarche est fâché et voudrait éradiquer si possible ce fléaux. Ceci dit, même les ONG sont corrompues si je n’abuse. Déjà je me souviens d’une époque ça se disait au pays, que pour être riche ; il y avait deux moyens : Faire de la politique ou créer une ONG.

Et comment voudrais-tu alors que dans un pareil pays, où la pluparts d’ONG locales, sensées travailler avec la population, sont dans une logique de course au bien matériel de certains fondateurs. Certains bailleurs de fond ne voudraient plus financer certains projets au Cameroun. Si je mets notre nationalisme devant, je te répondrais tout de suite ; Oui ! le Cameroun doit abriter le FSM, or ici, on ne parle pas question de nationalisme c’est question d’Esprit du FSM, qu’est-ce que le FSM ? Dans quelle mesure peut-on l’abriter ?
15. Face à Face : Sur quel plan le Forum International Ekang (FIE) peut-il apprendre du FSM ?
 
Concrètement, je pense globalement dans tout son ensemble.
Suite de l'interview

Face à Face : Quelles sont les possibilités de partenariat que le Forum International Ekang pourra exploiter lors la tenue du FSM 2013 ?

Sans trop rêver, je pense le FIE se veut aussi, être une plate forme d’échanges cultures, artistiques, idéologiques … etc, d’abord entre les Ekang, et aussi entre les Ekang et l’extérieur, parce que les Ekang ne vivent pas, que seulement au Cameroun. De ce point de vu, sans parler politique…. ce qui ne sera même pas mal en soit. Je pense le FIE peut tisser de grands liens de partenariat avec d’autres forum nationaux, régionaux, dans tout le continent, pourquoi même pas avec les acteurs dans d’autres continents. Et le FSM pour moi, reste cet endroit où on découvre, on échange et enfin on crée des synergies des luttes avec ceux qui regardent dans les mêmes directions, pour ne pas dire ont les mêmes objectifs.

Face à Face : En vos qualités d’Ambassadeurs du FIE, que pouvons-nous attendre de vous par rapport au FSM 2013 ?

La première des choses c’est de présenter le FSM au Forum international des Ekang comme j’essaye de faire sur ce plateau. Puis chercher à ce que le FIE s’intéresse à découvrir ce qui pourrait lui être bénéfique au FSM. Je veillerai à la limite de mes possibilités de parler au FSM de la manière la plus largement possible l’importance du FIE ; Dans un premier temps, ça permettra de créer, ou susciter, au près des amis et connaissances qui seraient au FSM un élan de curiosité et c’est de là qu’on pourrait parler de partenariat. Les gens ont tendance à croire que créer un partenariat c’est facile ; Je me dis toujours qu’il y a un travail qui consister à ramener les personnes à s’intéresser à ce que vous lui proposé avant de parler éventuellement de partenariat. C’est ce que j’essayerai au mieux de faire au FSM. J’aurai vraiment souhaité si possible qu’un groupe du FIE y soit avec nous à Tunis, ça aurait été formidable.

Face à Face : Mr Fabien Didier YENE, je vous remercie pour cet entretien. Vous avez le dernier mot…

C’est à moi de te remercier une fois encore pour ta disponibilité et le sens d’écoute qui se dégage en toi. Quand à tous ce qui nous suivent, je les remercie pareillement, mais avant de les quitter ; je voudrai juste dire aux compatriotes de croire en eux même. Ça fait un mois que j’étais au pays ; j’ai halluciné de voir comment tout se dégrade. J’entends souvent dire dans les débats des camerounais, dans les bars, restaurants, circuits camerounais ici en Europe que nous allons mieux que chez les voisins ; je me pose la question de savoir quels voisins parlons nous souvent ? Le Tchad, le Niger ou le Centrafrique ?

Personne ne viendra changer les choses à notre place. J’entends aussi souvent dire, que les Camerounais de l’extérieur passent leur temps à mal parler de leur pays ! ça m’amuse, ça devrait normalement me faire pleurer, parce qu’en fait, je n’ai vu nulle part où les gens sont attachés à leur pays comme des camerounais. Chaque camerounais que j’ai rencontré m’a toujours sorti les mêmes paroles, je me demande souvent si tous les camerounais sont nés des mêmes parents : » Quand je vais rentrer au pays !...Il faudrait que je fasse tout pour que ma famille vive dignement au pays » !

Ceci se dit même, chez ceux, qui se sont construits des familles à l’extérieur. L’attachement à leur patrie !

Tout ça pour dire, il faudrait que la société civile camerounaise prenne conscience, que c’est d’elle que viendra le changement. Elle doit s’organiser pour des luttes sociales. Les politiciens font leur travail qui consiste à nous garder en otage dans des discours. C’est à nous, que revient de donner un sens à notre destin. Le monde aujourd’hui est un village planétaire…même au fin fond de mon village, il suffirait que des gens s’organise en lutte, je prends par exemple « lutter pour avoir de l’eau potable « ; « lutter contre le paludisme « Je peux le dire que cette lutte prendra des proportions et fera échos, mais à seule condition : D’être honnête dans les revendications et éviter des politiciens véreux.

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