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Des agences de communication s’engagent à ne pas tricher sur Wikipedia
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Le Figaro
Onze agences de communication mondiales ont publié une déclaration sur Wikipedia. Elles s’engagent à utiliser l’encyclopédie de manière éthique et à prévenir les abus.
     Date de publication: 15-06-2014   05:30:40
Un geste de rapprochement entre Wikipedia et les agences de communication a été fait mardi 10 juin. L’encyclopédie participative a publié une déclaration de grandes entreprises de communication utilisatrices de Wikipedia. Chaque agence participante s’engage à respecter les conditions d’utilisation de Wikipedia et à être transparente quant aux modifications qu’elle peut faire dans l’encyclopédie en ligne. Onze grandes agences mondiales ont signé ce communiqué. Parmi ces agences, on compte Ogilvy & Mather, FleishmanHillard ou Edelman.

«Au nom de nos entreprises, nous reconnaissons le rôle unique et important de Wikipedia comme ressource publique de savoir publique», érivent les agences. «Nous reconnaissons aussi que les actions passées de certains dans notre industrie ont mis en péril nos relations avec la communauté des Wikipédiens», ajoutent-t-elle. En plus d’agir en accord avec les règles de Wikipedia, «en particulier celles liées au «conflit d’intérêts»», les agences déclarent prendre des mesures pour encourager ces bonnes pratiques auprès des clients ou des autres entreprises. À l’origine de cette déclaration, une table ronde entre professionnels et éditeurs de Wikipedia en février dernier, celle-ci avait pour but de réfléchir aux relations entre les agences de communications et la communauté encyclopédique. Une réflexion qui se poursuit depuis presque trois ans, avec notamment la publication en juin 2012 d’unguide des bonnes pratiques pour les professionnels des relations publiques.

La relation délicate entre l’encyclopédie et les professionnels

L’audience de Wikipedia et son référencement sur les moteurs de recherche en font un outil incontournable pour les communicants. Certaines agences d’e-réputation déploient des stratégies douteuses pour modifier l’encyclopédie en faveur de leurs clients. Le dernier scandale en date c’est celui de l’agence Wiki-PR, entreprise démasquée par Wikipedia fin 2013. Elle proposait les services de faux comptes pour créer des pages ou les modifier en faveur de ses clients. Wiki-PR se vantait même de posséder des comptes d’administrateurs qui pouvaient bloquer une page en période de crise. La communauté a débusqué plus de 250 faux comptes, ceux qu’on nomme les «faux-nez.»

«En France, je n’ai pas souvenir d’un conflit important avec une agence de communication», dit auFigaro Rémi Mathis, président de Wikimédia France. «Il existe des faux-nez mais qui sont bloqués dès qu’ils ont un comportement anormal», explique-t-il. Les conflits viennent bien plus souvent des particuliers voulant se créer une page à leur gloire. La liste des pages soumises à une demande de suppression est essentiellement constituée de biographies.

Les entreprises ne sont pas exclues par principe de l’encyclopédie. «Que les agences interviennent sur Wikipedia ça ne pose pas de problème tant qu’elles respectent les règles», explique Rémi Mathis. «Il y a un certain nombre d’entreprises dans le monde qui ont un service d’archives qui pourrait permettre de rédiger un bel article», ajoute-t-il. Il arrive par exemple à l’agence We Are Social France de «rectifier des informations erronées, dates relatives à l’historique d’une marque», détaille Chloé Desrosiers, directrice de la communication. Pour le président de Wikimédia France les entreprises et agences peuvent même hésiter à participer de peur d’être mal vues.

En cas d’abus, la communauté généralement est très réactive. «Quand on écrit des paragraphes à sa gloire ça ne tient jamais longtemps, car ça se voit», prévient Rémi Mathis. Quant aux gros évènements d’actualité, ils sont surveillés de très près par les membres de Wikipedia, au cas où une entreprise voudrait effacer certains faits gênants. Une marque prise dans un scandale risque parfois de faire ressortir encore plus une information en tentant de l’étouffer, ce que l’on appelle l’effet Streisand. L’an dernier par exemple, la DCRI avait tenté de faire supprimer la page Wikipedia d’une base militaire. Quelques jours plus tard, l’article était le pus consulté sur la version francophone de l’encyclopédie participative.
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