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La nécessité d’un INTERNET POUR TOUS au Cameroun
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© Maurice Ze
À l’instar de certains pays africains tels que le Kenya qui mènent une politique favorable à l’éclosion réelle des technologies de l’information et de la communication (TIC), le Cameroun se doit de revoir son plan d’action dans ce domaine, et l’ajuster pour que ses citoyens avancent à un rythme qui leur permettrait de concurrencer avec quiconque dans le monde.
     Date de publication: 11-03-2014   22:31:25
Le marché des télécommunications et des offres internet au Cameroun est nettement hostile aux grandes ambitions de ce pays. La société étatique CAMTEL et les multinationales MTN, ORANGE et autres pratiquent une politique commerciale et d’enrichissement qui va à l’encontre des ambitions d’un Cameroun émergeant en 2035. Rien ne justifie les prix exorbitants de la communication (téléphone mobile, téléphonie, accès internet) que ces opérateurs imposent sur le marché camerounais. Pourtant, ailleurs en Afrique, le cas de l’UEMOA (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo) par exemple, les citoyens peuvent se permettre de téléphoner sans que cela coûte les yeux de la tête.

Diverses conversations que nous avons eu, et les réactions en rapport avec la publication de l’article « CAMTEL FAKO OU INTERNET POUR LES RICHES ? », montrent que les camerounais se sentent marginalisés, abusés et escroqués par les opérateurs CAMTEL, MTN, ORANGE et autres. Le gouvernement camerounais semble ici ne pas vouloir intervenir ou envisager des mesures efficaces pour protéger ses citoyens contre cette arnaque en plein jour. Or, c’est ce gouvernement qui devrait être le régulateur suprême chargé de mener une politique de protection de ses propres objectifs, ceux résultant d’un Cameroun émergeant en 2035. Si donc le régulateur suprême laisse (in)volontairement ces entreprises s’enrichir massivement sur les dos de ses citoyens, il est fort probable que dans le plan d’émergence 2035, qu’on ait oublié de faire des TIC une priorité nationale. D’ailleurs, sauf si cette information nous aurait échappé, les TIC n’occupent pas de place dans les projets structurants du Cameroun.

Selon un rapport intitulé « Etude sur la connectivité internationale d’Internet en Afrique subsaharienne » publié par l’Union internationale des communications (UIT) en mars 2013, tous les pays de l’Afrique subsaharienne disposent d’une Autorité Nationale de Régulation autonome et indépendante. Ses autorités sont chargées, entre autres, de :
  • faciliter un accès universel aux services de télécommunication de base;

  • créer les conditions favorables pour la concurrence entre les différents acteurs, et prévenir les pratiques abusives et anticoncurrentielles des Opérateurs dominants;

  • créer un climat favorable à la promotion des investissements dans le domaine des télécommunications et TIC;

  • accroître la confiance du public dans les marchés de télécommunications, par l'application de politiques transparentes de régulation;

  • protéger les droits des utilisateurs, notamment les droits à la protection des données à caractère personnel;

  • accroître la connectivité des télécommunications pour tous les usagers, par la mise en œuvre de procédures efficaces d'interconnexion;

  • optimiser l'utilisation de ressources rares comme le spectre radioélectrique et la numérotation.

Une autorité nationale de régularisation intervient, en particulier, sur le marché de la fourniture de la connexion Internet à travers le contrôle des tarifs de gros et de détail et par l’application des textes réglementaires.

Contrairement à ce que ce rapport révèle, et vu les prix exorbitants existants, nous en doutons fort bien que les interventions d’une telle autorité sont effectuées régulièrement au Cameroun.

Ce qui est évident, avec les prix exorbitants qui résultent des services de télécommunication et de l’accès internet, les camerounais ne peuvent que se voir limiter dans leurs activités. Pour nous, il est impensable qu’on prêche les bienfaisances des technologies de l’information et de la communication (TIC) et en même temps, qu’on n’agit pas efficacement pour que le Cameroun puissent en profiter réellement.

Un autre rapport d’UIT souligne que le prix de la connexion internet haut débit est exorbitant en Afrique. Les utilisateurs payent en moyenne 10 fois plus cher qu’en Europe. La facilité et le coût d’accès au haut débit sont deux des indicateurs qui expliquent le mauvais classement des pays africains parmi les 157 classés sur l’Indice du développement des technologies de l’information et de la communication.
1. Avoir accès à internet est devenu un besoin primordial
 
Sur les réseaux sociaux, quelques-uns ont réagi d’une manière moins favorable sur la vision d’un INTERNET POUR TOUS au Cameroun. Ils préconisent « le manioc pour tous », « l’éducation pour tous », « l’eau potable pour tous », « l’emploi pour tous ».

Certes, l’éducation, l’eau et l’alimentation constituent des domaines prioritaires. Toutefois, les grands enjeux économiques autour de l’accessibilité à la connexion mondiale ne pourraient être relégués au second plan.

Internet ne devrait plus être compris comme un luxe mais plutôt comme un bien au même titre que les autres besoins prioritaires. En effet, un internet disponible à une grande majorité des camerounais auraient des implications positives et considérables sur l’économie camerounaise. Si le prix de la connexion est moins coûteux et abordable pour tous, les citoyens peuvent se former largement sur le net et acquérir des connaissances. Ce qui contribuerait à une « éducation pour tous ». Les entreprises locales auraient accès au marché mondial. Elles seraient mieux armées pour faire face à la concurrence internationale, et deviendraient plus compétitives sur le plan international. Au final, une connexion internet à des prix à la portée de tous entrainerait automatiquement la création d’emplois. Or, un emploi créé et durable nourrit des familles. Autrement dit, la vision d’un INTERNET POUR TOUS contribuerait aussi à la vision d’un « manioc pour tous », et à celle d’un « emploi pour tous ».

Comprendre internet comme le privilège d’un groupe restreint va à l’encontre de la modernisation que nous souhaitons pour le Cameroun. L’évolution de la société camerounaise traditionnelle vers une société de la connaissance nécessite de généraliser l’utilisation d’Internet. Ce dernier doit devenir un produit de première nécessité.
2. Les opportunités issues de la connexion mondiale
 
Le Cameroun ne saurait se substituer à ce qu’internet offre de meilleur c’est-à-dire l’accès à un vaste marché. La vente des produits et des services camerounais à l’extérieure aura nettement un bilan meilleur si les opérateurs économiques nationaux ont les moyens de se connecter au reste du monde à des prix bas.

Nous devons sortir du cadre où l’on croit que « être présent sur internet c’est seulement visionner des vidéos, écouter de la musique ou communiquer sur des réseaux sociaux ». C’est plus que cela dans la mesure où l’instrument internet, au cas où il est utilisé efficacement, crée des valeurs positives sur l’économie. Nous avons évoqué un peu plus haut le renforcement de la compétitivité des entreprises nationales sur le plan mondial, l’accès à un vaste marché, la création d’emplois et la formation à distance. A cela s’ajoutent, entre autres, la création et naissance des startups technologiques offrant des services liés directement aux TIC, la facilitation du travail en réseau, le transfert des technologies, l’aboutissement des partenariats stratégiques, le soutien à la créativité et aux innovations.

L’efficacité et la compétitivité des entreprises nationales sur le plan mondial dépendent des informations ou des données qu’elles génèrent et qu’elles doivent partager avec leurs partenaires et clients extérieurs. La connexion internet est devenue vitale pour elles. Aucune entreprise, qui tend vers la modernité et qui est appelée à écouler ses produits et services à l’extérieur du territoire national, ne peut s’en passer d’utiliser internet et les outils de la communication moderne.

Les jeunes camerounais animés de dynamisme et ambitieux à l’échelle internationale ne peuvent plus s’en sortir sans être connectés au reste du monde. Ils sont appelés à travailler en réseau pour se former, acquérir plus d’expérience, partager et échanger les informations. En réalité, les grands inventeurs et millionnaires des temps contemporains naissent des réseaux de partage de connaissances. Sans la connexion internet, les camerounais profiteront très peu des grands avantages du SHARE et de l’économie collaborative (SHARE ECONOMY). Il est donc impératif pour les universités et les écoles de formation de mettre à la disposition de leurs étudiants des moyens de communication moins ou pas couteux afin qu’ils accèdent aux informations partagées à travers le monde, et pour qu’ils puissent s’intégrer dans les groupes de travail qui existent sur la toile. CAMTEL, ORANGE, MTN et autres doivent soutenir les universités et les écoles de formation en proposant aux étudiants des contrats d’abonnements à titre social.

Le boom des nouvelles technologies dans certains pays d’Afrique a permis l’émergence d’une économie numérique non négligeable, incarnée par de nombreuses startups et entreprises du net. Selon le magazine américain Forbes, « 10 millionnaires du net africains sont à surveiller de près ». Parmi ces millionnaires ne figure aucun camerounais. Abasiama Idaresit (Nigéria), fondateur et directeur exécutif de Wild Fusion (agence de marketing numérique), créée en 2010 cette entreprise est présente au Nigéria, au Ghana et au Kenya. En 2012, Wild Fusion a enregistré un chiffre d’affaires de 6 millions de dollars. Adii Pienaar (Afrique du Sud), directeur de Woothemes, une société spécialisée dans la production de thèmes et de plugins pour les plateformes WordPress et Tumblr. Cette société affiche aujourd’hui des revenus annuels supérieurs à 3 millions de dollars. Ayisi Makatiani (Kenya), créateur d’Africa Online, l’un des premiers fournisseurs de services internet du continent, en 1994. Il dirige désormais Fanisi Venture Capital Fund, un fonds d’investissement doté de 50 millions de dollars qui finance des projets en Afrique de l’Est. Gary Levitt (Afrique du Sud), fondateur et actionnaire principal de Mad Mimi, un service de mailing créé en 2008. Avec près de 150 000 utilisateurs professionnels et 1 milliard de messages par mois envoyés, Mad Mimi enregistre 6 millions de dollars de revenus annuels.

Ces quelques exemples montrent l’importance qu’on devrait accorder à la promotion des technologies de l’information et de la communication. Il est impératif de doter les jeunes camerounais, ambitieux et dynamistes, des moyens nécessaires aux créations et innovations. Parmi ces moyens, la connexion internet à bas prix est indispensable.

La nécessité d’un INTERNET POUR TOUS au Cameroun ne saurait être une affaire qui ne concerne que les entrepreneurs et créateurs. Même sur le plan culturel et démocratique, nous voyons que la connexion internet peut créer des valeurs positives au sein de la société. Elle renforce par exemple le dialogue interculturel et démocratique.
3. Notre enquête sur l’offre internet CAMTEL FAKO
 
Le 22 novembre 2013 nous publions l’article « CAMTEL FAKO OU INTERNET POUR LES RICHES ? ». Plusieurs sites web africains diffusaient alors ledit article lu par des milliers de personnes. Plus d’une trentaine de réactions nous parvinrent. Jusqu’à l’heure actuelle, nous recevons des coups de fil des internautes camerounais qui se plaignent sur CAMTEL et sa politique commerciale. Vu les mécontentements exprimés par ceux-ci face aux prix exorbitants des fournisseurs d’accès internet, nous poursuivons notre action pour défendre la vision d’un INTERNET POUR TOUS au Cameroun. Notre mission actuelle consiste à mener une grande enquête sur le produit CAMTEL FAKO.

Objectifs de l'enquête

Les fournisseurs d’accès internet et les services de télécommunication en général imposent des tarifications qui ne tiennent pas en considération le contexte socio-économique camerounais. Les consommateurs se retrouvent souvent sans instruments de protestation contre les prix exorbitants résultants de ce domaine. Au moment où partout ailleurs internet devient accessible à tous, nous observons une tendance contraire au Cameroun. D’une manière générale, cette enquête sur CAMTEL FAKO voudrait renforcer le rôle des consommateurs dans la prise des décisions en matière de tarification sur le marché de télécommunication.

L’enquête durera trois mois après son démarrage, si on enregistre un nombre assez important de personnes qui y participent. Dans le cas contraire, elle s’étendra sur 6 mois. Les données collectées seront soumises à une évaluation scientifique et professionnelle. Les objectifs spécifiques poursuivis sont les suivants :
  • Publication en ligne des résultats à partir d’une méthode interactive de présentation. En fonction des rubriques de l’enquête, on créera une interactivité et des éléments graphiques pour mieux présenter les résultats aux intéressés.

  • Elaboration et publication d’un rapport final. Nous contacterons les différents médias et les sites web d’informations pour une large diffusion de ce rapport.

  • Présentation des résultats de cette enquête aux responsables de CAMTEL, au MINPOST, à l’agence de régularisation des télécommunications au Cameroun et à l’agence de régularisation des prix sur le marché des télécommunications.

  • Nous allons saisir les décideurs politiques en contactant le parlement camerounais et leurs débutés.

  • Nous informerons aussi les autres fournisseurs d’accès internet des résultats de cette enquête.

  • L’enquête vise aussi à recueillir des informations sur l’utilisation d’internet au Cameroun à des fins statistiques.


Pour prendre part à cette enquête, démarrez le lien suivant :

http://www.zemaurice.com/survey/get_camtel_fako_2014.php

Le tout se déroule en ligne d’une manière simple et rapide. La participation d’un grand nombre est vivement souhaitée.
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