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Enquête : André Mba Obame, chronique d’une mort à Yaoundé
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© Le Jour : Younoussa Ben Moussa
L’opposant gabonais est décédé au Cameroun alors qu’il tentait d’obtenir de visa pour se rendre en Afrique du Sud.
     Date de publication: 16-04-2015   12:38:43
Le sort a voulu qu’André Mba Obame décède à Yaoundé. C’était dimanche dernier. Selon des informations obtenues à bonnes sources, il se trouvait dans la capitale du Cameroun pour des soins. Etait-il en évacuation sanitaire à l’hôpital général deYaoundé ? Non, a appris Le Jour.Nos sources à Libreville sont concordantes. L’opposant au régime de Bongo fils était en transit pour l’Afrique du Sud, où il devait poursuivre son traitement. L’information est confirmée sur les medias hexagonaux par son neveu François Ondo Edou, par ailleurs secrétaire exécutif adjoint de l’Union nationale, le parti du défunt.

« Tout le monde sait que Monsieur André Mba Obame était malade depuis les élections de 2009 qu’il a gagnées. Il était en Afrique du Sud où il s’est fait opérer et après, il est parti en France et est revenu ici. Ça n’allait toujours pas. Et c’est comme ça qu’il est parti à l’étranger pour se soigner », dit-il. Le Jour a donc appris qu’en mai 2011, il séjourne en Afrique du sud où il subit une opération chirurgicale de grande envergure. On parlait alors du nerf sciatique. Un mal réputé douloureux. Chose rare dans les pratiques politiques, le malade accepte que les images de l’opération soient diffusées sur les réseaux sociaux. Il quitte l’Afrique du Sud et se rend en France où il passe sa convalescence. Il rentre dans son pays en août 2012. Mais, son état de santé était toujours instable. En 2013, il s’éloigne de la vie politique.

Il confiait à cette époque à l’Afp : « J'ai été à plusieurs reprises dans un état de coma avec une paralysie presque totale et des difficultés d'élocution. Ça ressemble à un Avc [accident vasculaire cérébral] mais il n'y a pas de traces d'AVC au niveau du cerveau ». Il était convaincu avoir « été l'objet d'attaques mystiques répétées ». Il quitte alors le Gabon, courant 2013 pour Tunis. Il ne rentrera plus. Et c’est le début du compte à rebours. Après la Tunisie, l’homme politique se rend au Niger, toujours à la quête de la guérison. Il quitte Niamey pour Yaoundé la semaine dernière à l’effet d’obtenir un visa pour l’Afrique du Sud. Et c’est ici que l’on commence à se poser des questions. Nos sources disent qu’il était à Yaoundé juste pour obtenir le visa. C’est dans cette attente que le mal s’empire une nuit et il est conduit à l’hôpital général.

Là-bas, il reçoit des soins. Il décède le dimanche dernier. « Il a trouvé la mort à Yaoundé, dernière étape vers l'Afrique du Sud, où il devait se rendre mardi pour poursuivre sa thérapie », confirme un dirigeant de l'Union nationale. Depuis cette annonce confirmée également par la présidence gabonaise, les autorités de Yaoundé n’ont pas encore parlé de cette affaire. Pas un seul communiqué du gouvernement pour expliquer des circonstances de sa mort, e,tre autres détails. A l’ambassade du Gabon, c’est le silence radio. Circulez, il n’y a rien à voir. Mieux, la sécurité a été renforcée pour des raisons non affichées. Est-il à la morgue de l’hôpital général où il est décédé ? Le Jour n’a pas d’éléments suffisants pour l’affirmer. Mais dans cette affaire, il y a des curiosités. Selon nos sources, l’Afrique du Sud a une représentation diplomatique à Libreville. Pourquoi ne s’est-il pas rendu dans son pays pour obtenir les formalités de son voyage. Mieux, une source au Gabon nous informe qu’un Gabonais n’a pas besoin de visa pour aller dans le pays de Mandela et vice-versa.

Pareil pour le Maroc. En fait, c’est comme le Cameroun et le Nigeria ou le Mali. Pourquoi lui cherche à obtenir un visa à partir du Cameroun? «Mais si quelqu’un compte y passer plus de deux mois, il y a d’autres formalités », nuance notre source. Sur un autre plan, la cause de sa mort divise toujours. Dans le camp de l’opposition, certains écartent la mort par simple maladie. C’est le cas par exemple de l'ancien président de la Commission de l'Union africaine, Jean Ping :

« Pour avoir osé briguer la magistrature suprême et gagné l'élection, il subit les foudres de ceux qui ont décidé de confisquer ainsi le pouvoir au Gabon. C'était un homme très convivial (…) Ses bourreaux, tapis dans l'ombre, ont réussi la mission qu'ils ont confiée à leurs sbires. La question que se posent désormais les Gabonais c'est : "qui sera le suivant ?" La population a commencé à manifester dans les rues. Je pense qu'André Mba Obame nous quitte trop tôt. Il s'en va au moment où nous avions besoin de lui et nous ne pouvons que le regretter. Mais je crois que le combat qu'il a mené n'est pas vain et nous allons continuer la lutte. Nous allons prendre ensemble l'engagement solennel d'accompagner le peuple gabonais dans son désir de libération. Les différents états-majors de l'opposition, notamment du parti qui était son parti, nous allons faire une série de communications et nous allons voir ce qu'il y a lieu de faire à la suite de sa disparition. »
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