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Exclusif. Les leçons d'Obiang Nguema aux chefs d'Etats africains
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Le Messager
En prélude à la tenue des élections sénatoriales, législatives et municipales le 26 mai 2013, le chef de l’Etat équato-guinéen a échangé mardi 14 mai 2013, à Malabo, avec une centaine d’hommes de médias. Une rencontre aux allures d’une conférence panafricaine de la presse. Voici la synthèse des préoccupations évoquées par le numéro un équato-guinéen.
     Date de publication: 16-05-2013   09:47:35
Mots introductifs

Je voudrais souhaiter la bienvenue aux Hommes de médias qui ont accepté l’invitation à cette conférence de presse, qui apparaît comme une manière pour nous de rechercher des solutions aux maux qui minent l’Afrique. J’ai été favorable à cet échange parce que le continent africain est méprisé à l’échelon international. L’Afrique a souffert des affres de l’histoire. D’abord la traite négrière qui a consacré la violation des droits de l’Homme. On ne saurait, de notre point de vue, transformer des humains en esclaves.

Ensuite la colonisation. Une période au cours de laquelle, l’Afrique a été spoliée. Exploitation de l’homme, exploitation de nos richesses. Ceux qui hier étaient le socle de cette exploitation sont aussi à la base des diverses crises qui secouent le monde. Je citerai la crise du néo-colonialisme, de l’exploitation de nos richesses…Le souci de certaines puissances est de voir comment elles peuvent avoir accès à nos richesses. C’est ce qui s’est passé en Libye où on a déstabilisé le pays pour pouvoir contrôler les matières premières.

La presse africaine doit faire son travail en informant les Africains non pas en faisant confiance aux gens qui veulent exploiter ou détruire l’Afrique. C’est à ce titre que nous continuons à demander des indemnités pour le dédommagement de l’Afrique, victime de l’esclavage et de la colonisation et aujourd’hui du néo colonialisme. L’Afrique est un continent déclaré pauvre. Si nous sommes pauvres, c’est à cause de l’exploitation de nos ressources. Ceux qui n’aiment pas l’Afrique utilisent des expressions dénuées de sens du genre «Biens mal acquis» alors qu’ils disposent des propriétés en Afrique. La presse africaine doit faire son travail de restitution de la vérité et d’information.

Sur la mise en place du Sénat et autres institutions équato-guinéennes

L’avènement du Sénat participe d’une vision d’ensemble. Nous travaillons à la réforme de nos textes et lois pour que les Equato-guinéens participent effectivement à la gestion de la chose publique, à la vie politique. C’est dans ce cadre que de façon méthodique, nous voulons créer une chambre des représentants, mettre sur pied le Conseil économique et social, une Cour des comptes...

Nous sommes dans un processus démocratique qui épouse les réalités de nos cultures, nos traditions, nos mentalités…Dans un processus électoral crédible, deux aspects fondamentaux sont importants pour mener à bien les opérations électorales. D’abord, les inscriptions sur les listes, le recensement des votants qui ont été bien conduits au point où un document de satisfaction a été signé entre les partis politiques de l’opposition et le gouvernement. Ensuite la question du matériel électoral, notamment les ressources financières. A ce titre, le gouvernement a remis des ressources financières appropriées aux partis politiques. Tous ces aspects sont réglés. Reste attendue, la participation des populations au vote proprement dit.

Sur l’émergence de la Guinée équatoriale

Le gouvernement de cette République travaille pour le bien-être des fils et filles de ce pays. J’en veux pour preuve, la construction des logements sociaux, la construction des routes, la création d’une Université nationale, la création des centres et autres structures éducatifs… Dans cette dynamique, la priorité est donnée à la main d’œuvre locale. Certes, nous n’allons pas faire avec ceux qui ne veulent pas travailler, mais je peux vous assurer qu’en Guinée, il n’existe pas un problème de l’emploi. Nous avons fait instaurer une loi qui veut que les entreprises implantées dans notre pays consacrent 75% du personnel recruté à la main d’œuvre nationale. En outre, ces entreprises doivent avoir leur siège social construit sur place parce que quand ces entreprises vont partir de la Guinée équatoriale, les bâtisses vont rester au profit des Equato-guinéens. Un programme économique destiné à l’horizon 2020 ambitionne de faire de la Guinée équatoriale un pays émergent, autosuffisant. Nous ne voulons plus compter sur la dépendance économique.

Pour parvenir à ce cap, cela passe par la formation. A l’horizon 2020, nous voulons que nos jeunes soient des universitaires. Nous voulons laisser une nation prospère à la postérité avec des jeunes dynamiques, bien formés. Il faut retenir que la Guinée équatoriale n’est pas encore un pays émergent. Mais nous aspirons à l’émergence qui ne viendra pas facilement ou si nous croisons les bras. Nous devons y travailler. C’est dans cette optique que nous travaillons pour développer tous les secteurs d’activité, de l’agriculture à l’éducation en passant par les infrastructures de base et de communication.

Sur l’intégration en zone Cemac

La politique d’intégration en zone de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale prône la libre circulation des personnes et des biens. Il faut cependant se garder de tomber dans le piège de la mauvaise interprétation de cette politique. Car nous devons contrôler le terrorisme, le trafic de drogue et d’armes, le grand banditisme… Toutes choses préjudiciables à une communauté qui aspire au développement. En revanche, nous encourageons la libre circulation des hommes d’affaires, des étudiants, des scientifiques, cadres de la fonction publique et autres. En ce qui concerne l’implication de la Cemac dans la résolution de la crise en République démocratique du Congo, la solution est, de notre avis, dans la médiation politique. Les Congolais doivent eux-mêmes résoudre leurs problèmes. Ce que nous souhaitons, c’est que la Rdc vive dans la paix. Il s’agit d’un grand pays. Mais les conflits freinent les efforts de développement. Peut-être faudra-t-il une conférence nationale pour la stabilité du pays...

Sa vision panafricaniste, après la mort de Kadhafi

Nous regrettons la disparition du colonel Mouammar Kadhafi. Prendre le relais de son combat panafricain est difficile. Ce d’autant que chaque pays a sa politique et quelques différences subsistent. Globalement, beaucoup de chefs d’Etat africains étaient d’accord avec les idées de Kadhafi et ont d’ailleurs soutenu celles-ci. Je ne peux pas prendre le relais. J’invite plutôt les autres chefs d’Etat du continent noir à être solidaires. Certains chefs d’Etat sont téléguidés par des puissances occidentales, ils doivent éviter de tomber dans le piège des manipulations exogènes à l’Afrique, car ces puissances ne veulent pas que l’Afrique avance.

Les ressources naturelles et l’après-pétrole

Le programme économique qui ambitionne de faire de la Guinée équatoriale un pays émergent en 2020 prend en compte la nécessité de rechercher d’autres alternatives. C’est pour cela que nous mettons un accent particulier sur la formation des jeunes, des ressources humaines car il vaut mieux avoir un peuple éduqué, bien formé qu’une nation pourvue en ressources naturelles. Le progrès dépend des compétences nationales. Tous les plans de développement sont la résultante de la vision du peuple équato-guinéen. En 2020, on ne regardera plus le pétrole, mais un pays développé.

Sur la question de l’homosexualité

Cette nouvelle dynamique promue par l’Occident ne plaît pas aux Africains dont la majorité la trouve abominable. C’est pour cela que nous ne sommes pas d’accord avec cette histoire. Dieu a créé le monde et nulle part, la femme n’est allée avec une autre ou bien un homme avec un autre homme. Même dans la Bible, Dieu a châtié Sodome et Gomorrhe. Cette histoire ne doit pas faire l’objet de débats car elle peut créer une grave crise.

Sur les biens mal acquis

Quels liens les Africains ont-ils avec les biens mal acquis ? Ceux qui le disent sont propriétaires de biens mal acquis en Afrique. C’est encore une grosse hypocrisie et une manœuvre contre les Africains. Illustration : des Arabes, Russes, etc., détiennent des biens mal acquis en Europe. Sont-ils pour autant dénoncés ? Non, ces pays se contentent d’accueillir ces fortunes sans se poser des questions. Mais quand il s’agit des Africains, qui ont régulièrement acquis des biens, ils ruent dans les brancards, lancent des cris d’orfraie, sans doute pour se donner bonne conscience. Seule l’Afrique les intéresse et je dis que là encore, il s’agit d’une discrimination flagrante contre notre continent et ses dirigeants. Je n’accepte aucune leçon de gouvernance de la part de gens qui n’ont pas hésité à piller systématiquement et qui continuent de piller l’Afrique. Je n’ai aucun complexe vis-à-vis de dirigeants occidentaux.

Sur la coopération internationale

Nous donnons la priorité à la coopération sud-sud, à la coopération interafricaine. Car nous devons d’abord resserrer nos liens. N’oubliez pas que cela fait seulement cinquante ans que nous nous sommes débarrassés du joug colonial. Il faut du temps pour mettre les bases du développement. Mais nous sommes optimistes et notre volonté est que l’Afrique grandisse.

En guise de conclusion...

Je vous remercie d’avoir accepté cette invitation. Je vous exhorte, vous les journalistes, à travailler, car l’Afrique a besoin de la presse pour avancer. Nous n’attendons rien de la presse occidentale, pour agir dans le sens de construire l’Afrique, mais beaucoup de la presse africaine que vous représentez. Vous devez dire la vérité. La presse occidentale donne une image négative de l’Afrique. C’est à vous de la changer. Je vous invite à travailler toujours dans l’intérêt de l’Afrique.
Une synthèse de Frédéric BOUNGOU et Alain NJIPOU, à Malabo
Profession de foi…

La conférence de presse donnée par Son Excellence Teodoro Obiang Nguema Mbasog, mardi 14 mai 2013 au palais présidentiel de Malabo, s’est illustrée par sa sobriété et sa convivialité. Devant l’hôte du jour, une cinquantaine de journalistes venus d’Afrique (Cameroun, Côte d’Ivoire, Ghana, Nigeria, Comores, Bénin, Rdc, Congo-Brazza, Tchad, etc). Un moment de partage, mis en scène en deux mouvements. D’abord l’allocution du représentant des journalistes, le Comorien … choisi par le protocole pour parler au nom de la corporation.

Lequel salue « un temps exceptionnel », et plaide pour une relation sincère entre le politique et l’opinion africains. Relation dans laquelle les médias africains doivent être impliqués pour « accompagner sans complaisance » les politiques dans les choix de développement des pays africains. Ce qui suppose d’une part, une grande responsabilité de ces médias africains et, d’autre part, un soutien accru des dirigeants africains dans la structuration de ces médias en entreprises de presse (lire l’intégralité de cette allocution ci-contre).

Répondant à cette interpellation, le président Obiang Nguéma ne dit pas autre chose quand il déclare que « les médias africains doivent se renforcer, densifier leurs contenus, se prendre en mains [et surtout] ne pas accompagner ceux qui veulent détruire l’Afrique ». Le décor ainsi planté, on pouvait alors passer aux choses sérieuses. Deux heures d’échanges. Intensifs. Les yeux dans les yeux. Sans tabous.
Lui, debout, seul, devant le pupitre. Faisant face à ses hôtes et n’éludant aucune question. Pas même celles qui fâchent : démocratie, bonne gouvernance, droits de l’homme, biens mal acquis, intégration sous-régionale (Cémac), panafricanisme, homosexualité… Eux, assis, le bousculant, parfois jusque dans ses derniers retranchements.

Finalement, un exercice d’une rare densité. Qui a permis à chacun de se faire une idée de la pensée politique du président équato-guinéen, de ses rapports avec son peuple, avec ses pairs africains et occidentaux et avec l’Afrique. Pour lui, c’est bien simple : pour se développer, l’Afrique doit se départir du joug néo colonial, ses dirigeants doivent cesser d’être des pantins au service de l’Occident, et penser d’abord et avant tout au bien-être de leurs concitoyens. « Je n’ai aucun complexe vis-à-vis des dirigeants européens », soutient-il par exemple. L’Afrique, selon lui, dispose de potentialités énormes : ses ressources naturelles. Il lui faut donc seulement la volonté de ses dirigeants pour la faire décoller économiquement. Ci-dessous la quintessence de cette conférence de presse. Une profession de foi ? Une vraie leçon à ses pairs africains, surtout...
Frédéric BOUNGOU à Malabo
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