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Le putsch de la légion Nkuete au Rdpc
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Par Saint-Eloi Bidoung
Militant Rdpc, 3ème adjoint de Yaoundé VI
237online
La météo n’est vraiment pas clémente pour le parti du président Paul Biya. Saint-Eloi Bidoung, Militant Rdpc et 3ème adjoint de Yaoundé VI n'a pas porté de gangs dans sa correspondance ci-dessous.
     Date de publication: 04-07-2016   05:36:09
Paul Biya, dont la naïveté est désormais dévoilée, voulait un parti de masse. Il s’est entouré d’une masse qui a fini par lui voler son parti, qui l’a recyclé. Voici annoncé le congrès du parti de Paul Biya, le parti de Saint Eloi Bidoung, notre parti. Parti proche du pouvoir (ou du mouroir, c’est selon…), créé de bonne foi par son président-fondateur. L’événement, très probablement, très prochainement et heureusement, se déroulera en septembre 2016. Il a fallu du temps. Comme on dit, la patience finit par payer bon an, mal an. L’impatience aussi, quand elle est du côté de ceux qui veulent que les choses avancent et changent. Ces assisses on les aura longtemps attendues, stoïquement et avec résignation. En souffrant de la douleur de voir le parti partir en fumée, sous la flamme des ambitieux incandescents. Il ne s’agira pas de faire les cons. Il sera interdit de jouer aux moutons de Panurge, surtout pas au margouillat des champs. Le moment, grave et sérieux, serti d’incertitudes quant à l’avenir, ne s’y prêtera d’ailleurs pas. Seuls ceux qui ont une âme de mouton (qui suivent aveuglement) et un esprit de cochon (qui se vautrent dans la boue après qu’on les a lavés), y verront une assise où des cons se rassemblent. Nous, militants engagés et vigilants du parti, nous attendons à un grand moment politique et démocratique. Ce dualisme et cet antagonisme, entre nous et les autres, seront les temps forts de ces assises du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc).

Au congrès ordinaire (et extraordinaire aussi), il s’agira de parler politique, bien sûr ; mais surtout de faire la démocratie… autrement. Autrement que comme on l’a toujours fait dans ce parti, à qui certains ont fait renier son propre nom. En effet, y trouve-t-on encore le «rassemblement» ? Qu’y a-t-il encore de «démocratique» ? De quel «peuple» s’agit-il ? Et de quel «camerounais» ? Parlons-en.

Le président-fondateur, inspiré puis désorienté par des fossoyeurs du parti, vient d’attribuer des titres et des pouvoirs à des fonctionnaires qui n’arborent la tenue de militants que pour la parade et la télé, lors des manifestions publiques. Il ne lui a même été suggéré de leur demander leur carte du parti avant de leur attribuer des responsabilités à la tête de la formation. C’est devenu comme cela au Rdpc, entre les deux congrès distants de tant d’années. Constat : le parti est dirigé par des barbouzes et des mercenaires sans utilité ni amour. Une sorte de légion étrangère, qui saute sur les instances statutaires et fait un massacre chez les militants de base. Des officiers sans réserve ni états de services militants, viennent de lancer une offensive massive sur le parti, du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest.

Des généraux sans troupes, appartenant à un obscur et très nocif
«Rassemblement des détourneurs du parti des camerounais»
, plus connu sous l’appellation «Rdpc», sont entrés par effraction dans le parti auquel je consacre mes forces et l’espérance d’un Cameroun meilleur au prix de mon intégrité physique et psychologique. Une décision mal mâchée par des sorciers dirigeants, et mise dans la bouche du président-fondateur, va étrangler le parti, tellement elle est difficile à avaler pour les militants assoiffés de démocratie à l’intérieur. Et déjà les images font des gorges chaudes dans les rangs desdits militants.

Yaoundé, 29 juin 2016, place de l’Hôtel de ville

C’est une séance de vaudou dirigée par le grand prêtre Jean Nkuete, grand initié dans le mystique et le paranormal démocratique. Il est assisté du grand mystique René Emmanuel Sadi, un autre prêtre vaudou dans le «parti des flammes» en présence du curé de campagne du Rdpc, Gilbert Tsimi Evouna. Le feu fut effectivement allumé sur l'esplanade de l'Hôtel de ville. De mémoire de métaphysicien présent sur les lieux, jamais dans le vaudou on n’aura vu une cérémonie d'exorcisme et une séance d’envoûtement se dérouler en même temps, dirigées par le même gourou. Flagrant délit de violation des textes de base du parti, intronisation de douteux «militants» dont l'insolvabilité politique constitue un véritable danger, autant pour la démocratie que la sécurité des biens, des personnes et de la fortune publique au Cameroun. Pauvre Paul Biya, qui clamait haut et fort il y a quelques mois, du haut de la tribune du Palais des congrès que le Rdpc ne saurait devenir «un parti d'état-major». Il parlait de ces «délégués permanents» de Jean Nkuete qui, selon lui, «dansent plus qu'ils ne pensent».

Au cours de cette séance de sorcellerie, tout ce qui est diabolique était de sortie. Comme cette décision du secrétaire général du parti : les «délégués permanents» du comité central du Rdpc, récemment nommés et bien installés sur toute l’étendue de la République, sont… au-dessus des sections. Ces sections que vient d’élire la base militante au prix de tant de plaies et de bosses. Pire encore : les «délégués permanents» contrôleront leur action et veilleront à leur bon fonctionnement. Les mots honte, forfaiture, sabotage et dictature sont définitivement entrés dans les textes du parti proche du pouvoir – proche du mouroir. Le déni de démocratie est consommé, avec pour complément l’imposture et de la forfaiture au dessert. Une mixture peu digeste, telle qu’on en consomme dans les cabanes sombres des marabouts.

A quoi donc auront servi les opérations de renouvellement des organes de base du parti et leur lot de joutes, de manipulations et de frustrations pas encore dissipées ? Dans un rassemblement politique dit «démocratique», les nominations doivent-elles prédominer sur les élections ? Cette vague de forfaiture éteindra la flamme ! Avis de tempête sur le terrain, entre les nommés nantis de la signature usurpée au président-fondateur par le secrétaire général et ses suppôts, et les titulaires du mandat de la de base. Ces derniers se sentant frustrés par le coup d’Etat de la légion oligarque et ploutocrate. La météo n’est pas clémente pour le parti.

Le président national, dont la naïveté est désormais dévoilée, voulait un parti de masse quand il créa le Rdpc à Bamenda. Il s’est entouré d’une masse qui a fini par lui voler son parti, qui l’a recyclé pour en faire autre chose que ce qu’il souhaitait. Ils lui ont asséné un coup de masse qui l’a mis en minorité, lui imposant un «parti d'état-major». Une forêt peuplée de toutes sortes de fauves et de prédateurs. S’y retrouve-t-il, dans cette jungle ? Pourra-t-il faire face aux multiples dangers, autant pour lui-même que pour son « ancien» parti aujourd’hui aux mains de légionnaires ? Là sont les vraies questions. Le piège russe vient de se refermer sur le président national du Rdpc : aura-t-il les moyens, la volonté, le courage, la force, la maîtrise et l’ambition de défendre la démocratie et le parti ?
Le vieux lion, comme le lion malade de La Fontaine, ne se reconnaît plus dans cette jungle. Dans ce Rassemblement de pilleurs et détourneurs de caisses (Rdpc). Comme des larrons en foire, ils se congratulent en public devant les pauvres militants et les caméras, fiers de leur victoire sur Paul Biya et sur… Saint Eloi Bidoung. Le hold-up du siècle !

Monsieur le Président, préparez-vous à la concurrence !

Nul ne sait si le président-fondateur sera encore candidat à sa réélection à la tête du parti. En tout cas, moi, Saint Eloi Bidoung, je le serai. Je serai candidat au poste de président national du Rdpc. Je serai candidat pour défendre la démocratie. Pour la démocratie au Cameroun en général, et la démocratie au sein de mon parti en particulier. Je ne sais pas encore contre qui, mais je le serai. J’affûte mes armes depuis longtemps, pour affronter ceux qui imposent le diktat au sein du parti. Pour désillusionner ceux qui adhèrent à la pensée unique, ceux qui imposent là où on doit discuter ; ceux qui sabotent le Rassemblement démocratique du peuple camerounais et l’œuvre de son président-fondateur.

Je serai encore face à ceux qui m’avaient interdit l’accès du Palais des congrès, lors du dernier congrès. Face à ceux qui me promettaient l'apocalypse. Et aussi au devant de ceux qui me promettaient la pendaison et l’exposition de mon corps à la Poste centrale de Yaoundé, «comme exemple» à ne pas suivre. Je plains ceux qui avaient enlevé mes enfants à la sortie de l’école, et ceux qui juraient de me loger une balle dans la tête devant le portail de mon domicile. Quel malheur, pour ceux qui piaffaient de me faire subir le sort d'Ateba Eyene. Je serai candidat, avec ou sans «appels» en ma faveur ; malgré les «appels» en faveur de Paul Biya.

Ma candidature n’était ni un acte de folie ni un acte de rébellion. Encore moins un crime de lèse-majesté contre le président national. Il avait lui-même dit : «osez !» et «innovez !». J’ai osé et j’ai innové. J’apporterai encore de l’innovation, et même plus, au prochain congrès. Notre parti en a besoin. Ce parti sera nettoyé, au karcher lors du prochain congrès, des «personnalités ressources d'accompagnement» et des «délégués permanents», qui l’ont transformé en Rassemblement de danseurs professionnels du Cameroun (Rdpc). Il doit arrêter de se donner en spectacle et impulser une nouvelle dynamique. Le président national veut la démocratie si ce n’est au Cameroun, du moins au sein de son parti. Voilà pourquoi je serai candidat à la présidence nationale du Rdpc originel et véritable.

Moi, président national du Rdpc…

Ma démarche n'est pas celle d'un aigri ou d'un insatisfait, comme le prétendent ceux qui trompent Paul Biya. J’ai le mérite d’avoir déjà osé être candidat contre Paul Biya pour la présidence du parti. Celui d'avoir opposé publiquement mon indignation contre la grande mascarade organisée dans la République il y a quelques mois : «Les appels du peuple», «les appels pour la candidature de Paul Biya» et les «appels pour la modification de la Constitution». Et je n’ai jamais trahi Paul Biya. La base veut l'alternance et envoie des signaux forts au président national. Elle lui demande, sous divers tons, de se… retirer.

Monsieur le président, vous avez dit : «La retraite n'est pas une sanction.» Bien dit, bien pensé ! Vous allez donc autoriser la validation de ma candidature à votre succession. Par cet acte, vous aurez inscrit notre parti au registre de la modernité. Je fais le serment, devant la base, que je nettoierai le fantomatique «comité central» et ses membres de pacotille comme Hercules aux écuries d'Augias. Quand on secoue un arbre stérile, le seul risque qu'on prend c'est de faire tomber les feuilles mortes. Au Rdpc, des feuilles mortes il y en a. Elles doivent tomber. La main sur le cœur, je dis qu'elles tomberont. Pleure, ô parti bien aimé.
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