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FAME NDONGO: Cet homme est le symbole de la décadence du Cameroun
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Dr Louis-Marie KAKDEU (Universitaire) et Jean-Bruno Tagne (Le Jour)
FAME NDONGO est le symbole de la décadence du Cameroun. Il n'est pas de notre époque! Il ne nous ressemble pas. Il est effrayant! Il nous donne de plus en plus froid au dos. Son niveau de «griotisme» frise le ridicule!
     Date de publication: 24-11-2014   01:32:37
Cet homme qui avait été nommé "professeur des universités" par décret de Paul Biya et qui nous appelle tous "Créatures de Paul Biya" au sens biblique du terme, ose encore défendre de nos jours sans vergogne des thèses caduques qui n'ont plus de sens même en France où il s'inspire.

En réaction à l'essai politique, « Le choix de l’action », de son ancien collègue Marafa aujourd'hui en disgrâce, il ose dans « L’action » le journal du RDPC, encore reprendre en plein 2014 cette formule ancienne et honteuse dont même son auteur Jean-Pierre Chevènement n'est plus si fier :"Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne". Sur douze prétendues questions à Marafa, notre cher griot Fame Ndongo n'en pose qu'une seule en réalité : " Un ministre peut-il revendiquer, institutionnellement, la paternité d’une « action » qui est la résultante du pouvoir reconnu au chef de l’exécutif ?" On peut comprendre l'individu qui appartient à la génération de ces anciens hommes politiques au Cameroun qui pensent que le ministre a pour fonction d'exécuter les commissions du Chef de l'Etat: "Dites-moi ce que je dois faire, son Excellence!". Il appartient à cette génération qui ne propose rien et qui n'ont pour seul bilan que leur loyauté et leur «griotisme». Et nous sommes dans cette logique depuis "1957" comme l'indique cyniquement notre cher professeur visiblement au cerveau flétri. Non, monsieur Famé Ndongo, ce raisonnement ne correspond plus aux réalités démocratiques de notre temps. Un ministre a une obligation de performance et un devoir de bilan politique différent de son niveau de griotisme au Chef de l'Etat. Non, monsieur Fame Ndongo, la fonction de ministre et assimilé que vous occupez depuis ma naissance n'est pas une "fonction administrative" comme vous le défendez. C'est bel et bien une fonction politique. On peut être déçu qu'en 32 ans, vous n'ayez pas pu distinguer l'administration de la politique pour le malheur des usagers et du peuple.

Du point de vue de la communication politique, Fame Ndongo, secrétaire à la communication du RDPC, enfonce maladroitement son "dieu" Paul Biya qu'il croit adorer. Au lieu de marquer la démarcation qualitative entre Paul Biya et Marafa en faveur de Paul Biya (en mettant en avant par exemple l'opération d'assainissement: "les mauvais anges sont chassés du ciel"), il confond Paul Biya et Marafa (l'un des « piliers du régime »). Il connote notamment que les deux sont responsables de "l'océan d'inertie, d'immobilisme et d'impéritie" du Cameroun et que Marafa ne peut pas "tirer son épingle du jeu, par une casuistique inintelligible". Drôle de communication politique! A travers sa question rhétorique introduisant le cinquième point de son analyse ("Peut-on être et ne pas être ?"), Fame Ndongo trahit l'intention de communication du régime en place qui est de montrer que "même Marafa est mouillé". Or, Marafa ne dit pas le contraire. L'intention de communication de ce dernier semble celle de dire qu'il est "un repenti". Au Burkina Faso aujourd'hui, certains anciens cadres du CDP se sont repentis avant l'heure de la chute de Blaise Compaoré. Ils ont même contribué à la chute de Blaise Compaoré. Pour cela, ils ont eu la clémence et mieux, le pardon du peuple. Marafa semble vouloir s'inscrire dans cette logique parce que l'on sait aujourd'hui que son emprisonnement en 2011 fait suite à son conseil à Paul Biya de ne plus se représenter pour la sixième fois aux élections présidentielles en vue de sortir dignement. Ce conseil n'avait pas été suivi et avait valu sa mise à l'écart et plus tard, son arrestation. Aux Camerounais d'en juger. Mais, je me serai attendu à ce que le RDPC montre que "Marafa est un mauvais grain" au lieu d'impliquer que "Marafa fait partie du système et est comptable du bilan désastreux du régime qu'il a servi".

Enfin, Famé Ndongo dévoile péjorativement le fonctionnement monarchique de Paul Biya à travers ce qu'il appelle "accord" ou "décision du chef" préalable à toute action du ministre. Alors que Nicolas Sarkozy a fait profil bas après avoir appelé son premier ministre François Fillon "Collaborateur", Famé Ndongo se plait au Cameroun de dire que les ministres d'Etat comme Marafa sont les "collaborateurs" de Paul Biya et non des "décideurs" à part entière. Ce sont des "collaborateurs" qui ne doivent travailler que "sous hautes instructions du Chef de l'Etat". Quelle honte! En effet, le Cameroun est le seul pays en Afrique occidentale où il ne se tient presque pas de conseils des ministres. Partout ailleurs, ce n'est pas "vraiment" de l'accord du "chef" qu'il est question, mais de l'accord du "conseil des ministres". Les décisions en Côte d'Ivoire, au Mali, au Sénégal, etc., se prennent CHAQUE SEMAINE en conseil des ministres. Les nominations se font en conseil des ministres. Ce n'est pas le Chef de l'Etat qui les prend depuis sa chambre d'hôtel à l'Intercontinental à Genève (Suisse) où les griots comme Famé Ndongo nous expliquent que Paul Biya y séjourne près d'un tiers de l'année pour "mieux travailler". Drôle de pays! Nous serons bientôt en 2015 et le dernier conseil des ministres date de 2012 au Cameroun. Est-ce la normalité constitutionnelle que défend notre grand professeur? Comme défendu dans le 10 point de son analyse, un ministre ne doit-il communiquer avec le Chef de l'Etat (son patron selon ses termes) que par "notes" qui "peut revêtir plusieurs réactions (accord, m’en parler ou me voir, à classer, etc.)"? Drôle de système! Famé Ndongo est-il encore lucide? A l'entendre réagir sur plusieurs questions d'actualité, je me pose de plus en plus cette question.

Pire, Famé Ndongo défend sans vergogne que "Le chef n’est pas obligé de marquer inexorablement son accord, quelle que soit la proposition". Je veux bien comprendre mais, lorsqu'on applique cette assertion au Cameroun, on comprend comment est dirigé ce pays où de belles propositions n'aboutissent jamais parce qu'on a peur que son auteur en tire un profit politique. Pour qui travaille donc Paul Biya depuis 32 ans s'il refuse de mettre en œuvre des propositions susceptibles de favoriser l'amélioration des conditions de vie de son peuple? Voilà le système que défend notre grand professeur! J'ai honte que Famé Ndongo soit la vitrine de notre université depuis bientôt deux décennies! C'est une vraie malédiction camerounaise!

Enfin, Famé Ndongo nous présente dans le douzième point de son analyse, les dérives du parti-Etat. Un parti au pouvoir qui ne critique jamais le gouvernement. Il demande à son Camarade Marafa comment concilier l'esprit de son livre critique avec l'esprit griotique du RDPC. Il ne comprend pas qu'un militant du RDPC puisse critiquer le gouvernement. Non, cher Famé Ndongo, votre vision de la politique ne correspond plus aux réalités politiques de notre temps. Même le parti au pouvoir doit jouer son rôle de force de propositions pour faire avancer le pays à travers l'amélioration des actions du gouvernement. Non, le RDPC a tort de se confondre au gouvernement. Une meilleure communication du RDPC devait permettre de mettre en évidence les positions du parti qui ne sont pas forcément celles du gouvernement. Non, les hommes politiques ne sont plus des clones comme vous! De nos jours, ils ont leurs propres convictions et leurs propres consciences. Dommage que vous soyez resté au Moyen-âge en France avec votre langage directement tiré du grec et que vous nous donniez aujourd’hui l'impression d'être un intellectuel au cerveau flétri!

Le seul crédit susceptible d'être accordé à la sortie médiatique de Famé Ndongo est de montrer les contradictions de Marafa et de tous ses camarades aujourd'hui en disgrâce qui ne démissionnent pas du RDPC. Pour être cohérent et donner du sens à son repentir, Marafa doit donner sa démission du RDPC. En attendant, on s'inquiète de la guerre de chefs et de la guerre de succession qui s'annoncent rudes et qui peuvent contribuer à suffoquer davantage le pauvre peuple Camerounais.

Famé Ndongo n'est rien d'autre que le symbole de cette déchéance du Cameroun. Les pensées de Famé Ndongo sont infâmes, indignes et éloignées des réalités de notre temps. Il faut absolument déchirer sa page pour donner une nouvelle impulsion à l'université et à l'intelligentsia camerounaise. En son honneur, il faut paraphraser Jean-Pierre Chevènement et dire "Un infâme personnage, ça ferme sa bouche!"

Dr Louis-Marie KAKDEU
Riposte : Fame Ndongo répond à Marafa

Le ministre de l’Enseignement supérieur, secrétaire national à la communication du Rdpc fait une lecture en 12 points du livre de l’ancien ministre de l’Administration territoriale.

Jacques Fame Ndongo est décidément un des rares membres du gouvernement qui ose répondre à son ancien collègue, Marafa Hamidou Yaya. Dès sa première lettre aux Camerounais depuis sa cellule de la prison centrale de Kondengui où il est placé sous mandat de dépôt le 16 avril 2012, c’est le ministre de l’Enseignement supérieur, secrétaire national à la communication du Rdpc qui se saisit de sa plume pour lui répondre.

Fame Ndongo en profite alors pour moquer le style de l’ancien baron déchu avant de conclure que Marafa fait un plaidoyer « pro domo ». Quatre jours après la sortie du livre de Marafa Hamidou Yaya (« Le choix de l’action. Mes 10 ans au Minat », Ed. Schabel, 2014, 409p.) Jacques Fame Ndongo n’a pas voulu laisser passer ces confidences de l’ancien ministre, qui se révèlent déjà comme le phénomène littéraire de cette fin d’année 2014, si l’on s’en tient aux ventes. A travers un article paru hier dans le journal L’Action, il fait une note de lecture du livre de Marafa tout en lui adressant 12 questions.

D’entrée de jeu, Jacques Fame Ndongo liste malicieusement toutes les fonctions occupées par Marafa Hamidou Yaya (ministre d’Etat secrétaire général de la présidence de la République, ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, conseiller spécial du président de la République, secrétaire d’Etat auprès du ministre des Finances, Pca du Feicom, membre du bureau politique du Rdpc, chef de la délégation du comité central du parti au pouvoir pour la région du Nord), comme pour montrer qu’il fut un élément clé du système.

Le professeur se fond ensuite dans sa peau de spécialiste de sémiologie pour donner son avis global sur le livre de Marafa. « D’où, écrit-il, la propension qu’à M. Marafa de présenter son passé, son présent et son avenir, sous une connotation laudative, sinon idyllique ou sublime, à l’image de sa photographie méliorative sur la page de couverture (sourire reflétant l’espoir sinon, l’espérance, mains croisées en signe de solidarité et de fraternité, station debout qui participe du dynamisme présumé, etc.). » Ces observations générales faites, Jacques Fame Ndongo peut alors passer à une lecture en profondeur de l’ouvrage.

« Un ministre, ça démissionne ou ça ferme sa gueule »

Dans son livre, Marafa Hamidou Yaya parle de nombreuses réformes qu’il a menées du temps où il était ministre de l’Administration territoriales. Des réformes dont il se montre fier et en assume la paternité. Ce à quoi Jacques Fame Ndongo s’oppose à travers quelques interrogations : « Les réformes proposées au Premier ministre et au président de la République par le ministre d’Etat Marafa eussent-elles été effectuées et effectives sans l’accord formel du chef de l’Etat puisque c’est lui qui définit la politique de la nation ?

Un ministre peut-il revendiquer, institutionnellement, la paternité d’une “action“ qui est la résultante du pouvoir reconnu au chef de l’exécutif ? » « Je n’ai jamais servi Paul Biya, mais l’intérêt supérieur de la nation », écrit Marafa Hamdou Yaya dans son livre, « Le choix de l’action ». Plus loin, il ajoute : « Au fil des temps, le régime dont j’ai été l’un des acteurs a déçu les espérances des Camerounais. » Pour Jacques Fame Ndongo, ayant constaté cette « mal gouvernance biyaienne », l’ancien ministre d’Etat, dont il rappelle qu’il n’a toujours pas démissionné du Rdpc, avait le choix de claquer la porte et il ne l’a pas fait.

« Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne », ajoute Fame Ndongo, reprenant ainsi des propos de l’homme politique français, Jean-Pierre Chevènement. En réalité, selon le secrétaire national à la communication du Rdpc, la déception de Marafa Hamidou Yaya vis-à-vis du pouvoir n’a commencé qu’au soir du 9 décembre 2011, date à laquelle il sort du gouvernement. En clair, Fame Ndongo suggère que Marafa serait aigri. « On ne peut pas affirmer que le “régime dont j’ai été l’un des acteurs a déçu les espérances des Camerounais“ et tirer son épingle du jeu, par une casuistique inintelligible, en déclarant, péremptoirement : “Je n’ai pas fait le choix de l’expectative permanente.

J’ai fait celui de l’action“. Est-ce à dire que cette “action“ était la seule qui fût salvatrice dans un océan d’inertie, d’immobilisme et d’impéritie ? », s’interroge-t-il. Jacques Fame Ndongo a donc lancé la première salve contre le « Le choix de l’action », le livre de Marafa hamadou yaya. A qui la deuxième ?

Le Jour : Jean-Bruno Tagne
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