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MOUVEMENT NKUL BETI
Tribune libre
DOSSIER : Charles Ateba Eyene et nous
Lettre ouverte à Charles Ateba Eyene
 
Cher ami Ateba Eyene,

Lorsqu’en 1995, la corruption avait définitivement fait son lit dans les grandes écoles de formation de notre pays, et particulièrement à l’Ecole normale supérieure de Yaoundé, je fus l’un des milliers de jeunes Camerounais à en être victime. Je m’étais présenté au concours d’entrée à l’Ens en 1995, 1996, 1997, 1998, 1999 et 2000 avec le même résultat : Échec. On connaît la cause : mon appartenance ethnique indésirable et mon refus de préparer l’enveloppe contenant les frais de corruption. Pourtant, j’étais l’un des meilleurs étudiants de ma promotion. J’avais d’ailleurs accumulé des diplômes à la faculté, lesquels m’avaient permis d’enseigner bénévolement à l’Université de Yaoundé I en passant le concours avec mes étudiants qui réussissaient pendant que j’échouais. Au moment où je vivais ces injustices, tu dirigeais tranquillement la propagande du Rdpc au sein du campus, soutenais le discours idéologique du régime et participais à ta manière à l’élaboration de l’idée de la création d’une bourgeoisie économique Béti, idée qui, à la prise de pouvoir de Paul Biya en 1982, était au cœur des débats entre le Rdpc et le groupe Essingan. Pour ta belle œuvre, tu reçus la promotion dont tu parles dans ton interview au Messager du 30 juillet 2008 : “ Mon épouse et moi, nous sommes tous deux, cadres supérieurs de l’administration camerounaise depuis environ 10 ans et nos salaires mensuels réunis avoisinent les cinq cents milles francs. (500.000Fcfa).”

T’étais-tu soucié de ce que nos camarades, qui avaient lancé les premiers mouvements de revendication, étaient devenus ? Je ne crois pas. A titre de rappel, un régime, un gouvernement, l’Etat du Cameroun en l’occurrence, signa un décret pour exclure de toutes les Universités du pays ses propres fils, parce que ceux-ci avaient exigé de meilleures conditions d’étude. C’est quelque chose de très grave qui se produisit, et dont on ne parle plus. Ces enfants du Cameroun errent aujourd’hui à travers le monde, et depuis lors, le Cameroun a ouvert la voie à la fuite de ses propres cerveaux. Je m’étais donc trouvé, moi aussi, dans l’obligation de quitter ce pays qui m’a vu naître et qui m’a en même temps rejeté. Première direction l’Europe, ensuite l’Amérique. J’ai parcouru au total près de vingt mille kilomètres, bravé les airs et les océans pour réaliser mon seul et unique rêve : devenir enseignant. Au moment où je t’écris, de centaines de compatriotes, cherchant à réaliser le leur, sont en train de braver le sable du désert algérien, dans l’indifférence totale de notre gouvernement. Mais continuons l’histoire : je me suis alors présenté au concours d’entrée à la faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa (l’ancienne Ecole normale du Canada). En une seule fois, j’ai réussi le concours, une réussite qu’en six reprises, je n’avais pas pu réaliser dans mon propre pays. Après la formation, j’ai déposé mes dossiers pour un poste d’enseignement. En une seule fois, je l’ai également eu ! Me voilà fonctionnaire, à sept mille kilomètres du Cameroun, dans un pays où je n’ai même pas la nationalité. Tu l’as dit toi-même dans ton interview au Messager, et je te cite : “ L’esprit de méchanceté, de division et de conflits qui caractérise l’Homme du Sud n’est pas un atout en matière de développement.” Comme tu le vois, notre histoire commune est celle de deux Camerounais dont l’un a été intégré dans le régime en raison de son appartenance tribale et l’autre exclu pour me même motif. Mais l’histoire ne s’arrête pas là : vu mes diplômes obtenus ailleurs, le ministère de l’Education était tenu de me classer à la catégorie A4. Pour ce faire, il fallait que les Universités de Francfort (Allemagne) et de Yaoundé I (Cameroun) fassent parvenir au Canada mes relevés de notes, mes diplômes et une lettre de confirmation. Point besoin de mentionner qu’en 48 heures, l’Université de Francfort avait réglé la question. Quant à l’université de Yaoundé I, il lui a fallu plus d’un an pour régler le problème. Voici l’extrait d’une lettre que j’ai reçue l’an dernier du ministère de l’Education au Canada : “ Monsieur, Pendant votre appel du 8 juillet dernier, vous aviez fourni le numéro de télécopie du secrétariat général de l'Université de Yaoundé I, Cabinet du Recteur, (+237) 22 22 13 20. Suite à votre appel, plusieurs essais d’expédition ont été faits par nos Services des dossiers, mais sans succès. Nous regrettons de vous informer que le numéro de télécopie du secrétariat général de l’Université de Yaoundé I ne fonctionne pas non plus. Nous devrons donc attendre la réponse de la Faculté des arts, lettres et sciences humaines (Falsh) de l'Université de Yaoundé I par courrier postal.”

À la Faculté des arts, lettres et sciences humaines (Falsh) de l'Université de Yaoundé I, il n’existe donc pas de ligne téléphonique, ni de fax. Au cabinet du recteur de la même université, le numéro de fax n’est que figuratif. On m’apprendra plus tard que le fax n’y fonctionne qu’en interne. L’Université de Yaoundé I et le ministère de l’Enseignement supérieur sont donc des institutions coupées du reste du monde. Si les secrétariats de nos Universités n’ont pas le moindre fax, que dire de nos facultés de sciences et de médecine, où les laboratoires sont presque inexistants et qui sont pourtant appelés à s’ouvrir chaque jour au monde à travers des programmes audacieux de recherche scientifique et d’échanges interuniversitaires ? Voilà, à la lumière de la situation dramatique à l’université de Yaoundé I, ce qu’il convient d’appeler désormais la souffrance nationale. Et pendant que la nation souffre, tu sors un livre, Les paradoxes du pays organisateur, dans lequel, évitant la question nationale, tu confonds la fonction de ministre à celle de l’élite du village, et tu tombes dans cet amalgame qui consiste à voir, dans le ministre, l’homme investi du pouvoir non d’assurer le bon fonctionnement des institutions dont il a la charge, mais plutôt de développer sa tribu.

À quoi sert un ministre ?

Cher ami Ateba Eyene, la province du Sud n’est pas un département ministériel, encore moins une société d’État. Un département ministériel a une envergure nationale et une province n’a que des prétentions régionales. Le ministère de l’Enseignement supérieur, par exemple, a pour but, à ce jour où nous ne vivons pas dans un système fédéral, de créer des universités dans chacune des dix provinces du Cameroun. Ce ministère a l’obligation de s’assurer que chacune de ces Universités est dotée des infrastructures adéquates, que les secrétariats de chaque faculté sont dotés de fax, de téléphones, des ordinateurs et de l’Internet, que la pelouse et les toilettes sont bien entretenues, que les amphithéâtres sont équipés de la bonne sonorisation, que les bibliothèques sont fournies et renouvelées, que les laboratoires répondent aux normes internationales, que l’administration universitaire est diligente et assure l’effectivité des échanges interuniversitaires nationaux et internationaux, que les enseignants respectent la déontologie de la profession, etc. C’est par là que le développement commence.

Le développement ne commence pas par l’appel au doyen de la faculté, au recteur de l’Université et au ministre de l’Enseignement supérieur afin qu’ils utilisent le budget de leurs institutions pour investir dans leurs provinces natales parce qu’elles en sont des élites. Non ! Ils ne peuvent suivre cet appel qu’en détournant les fonds de leurs institutions à des fins autres. Voilà pourquoi j’affirme, contrairement à l’idée communément admise, que ton livre est un appel aux détournements des fonds publics. Le ministre des travaux publics et des transports, de son côté, doit avoir une vision nationale de la gouvernance et élaborer une politique globale de construction des routes et des autoroutes reliant toutes les provinces du Cameroun les unes aux autres. Il ne lui revient pas de construire des routes au Sud simplement parce qu’il en est originaire et a été nommé par le chef de l’Etat, lui-même originaire du Sud. A l’état actuel de notre système centralisé, la fonction de ministre n’a pas une essence tribale. C’est une fonction de dimension nationale.

Qu’est-ce que c’est qu’un “ pays organisateur ”?

Cher ami, si je parle du discours tribal du Rdpc qui triomphe de nouveau, c’est aussi en raison des sérieuses difficultés que j’ai eues avec ton concept de “ pays organisateur”. Qu’est-ce que c’est ? Est-ce une province ? Une ethnie ? Je pense bien que c’est l’un ou l’autre, puisqu’il est question, dans ton ouvrage, de présenter les élites prédatrices de la province du Sud et leur incapacité à activer la roue du développement dans la région. C’est donc l’ensemble de ces élites que tu englobes dans le terme pays organisateur. Tu le fais à juste titre, car ils sont très nombreux, comme tu l’as toi-même mentionné : “ 5 Secrétaires généraux de la présidence de la République, 22 ministres, 42 directeurs généraux de sociétés d’Etat, 5 généraux d’armées, 2 directeurs du cabinet civil, 8 recteurs et chanceliers d’universités, 10 directeurs de grandes écoles, 17 Présidents de conseils d’administration (Pca) des sociétés d’Etat, etc.” C’est un ostracisme systématique, planifié en haut lieu avec un rare cynisme contre les autres provinces et ethnies. Et on sait très bien quel est le groupe ethnique le plus visé par cette machine institutionnelle génocidaire. As-tu critiqué cette exclusion de la nation entière au profit de la seule province du Sud ? Non. Pour toi, le Sud est le “ pays organisateur” !

Pourtant, aucune ethnie, aucune province, n’a le droit de se considérer comme “ pays organisateur”, fût-elle l’ethnie du président de la république ou la province ayant le plus de membres dans les différents corps de l’État. Autrement dit, ce n’est pas à la province ou à l’ethnie que revient la mission de diriger le Cameroun, mais bien évidemment au gouvernement. Oui, l’initiative de la gestion des affaires républicaines incombe aux partis politiques vainqueurs des élections qui forment le gouvernement. Avec le terme “pays organisateur”, qui représente la province du Sud ou l’ethnie Boulu, tu confonds l’ethnie au gouvernement. Cette confusion que tu fais entre l’ethnie Boulu (qui, d’après toi, dirige le Cameroun) et le gouvernement (qui a une dimension nationale) est ethnocidaire et alarmante, car c’est elle qui légitime la conception idéologique erronée du Rdpc qui trouve dans l’expression “notre pouvoir” ou “le pourvoir béti” l’occasion d’exclure les autres provinces de la gestion des affaires. Avec cette confusion, tu fais un clin d’œil au discours du Rdpc selon lequel les Bamilékés veulent conquérir le pouvoir Béti, une aberration qui a conduit à faire du problème Bamiléké la marque de commerce du régime Biya. Faire cette confusion entre l’ethnie et le gouvernement t’enlève le statut d’éclaireur car, à confondre l’ethnie au gouvernement, il ne faut s’attendre à rien d’autre qu’aux détournements des fonds publics de la part des ressortissants de l’ethnie. Il est donc urgent de trouver le moyen de supprimer la mise en relief du concept de “ pays organisateur” de la couverture de ton ouvrage, autrement, tu risques de préparer la jeunesse camerounaise à la distorsion de la réalité et à la dangereuse idée selon laquelle chaque province ou ethnie devra attendre son tour de prise de pouvoir pour diriger le Cameroun.

Louange au président et opportunisme politique

Un certain courant critique te fait le reproche de n’avoir pas fait mention de ta vision nationale en indiquant que la situation que tu décris au Sud est la même que l’on rencontrerait ailleurs, dans d’autres provinces. Ce courant présente une approche elle aussi critiquable dans la mesure où tu as indiqué à la couverture de ton ouvrage que tu ne traitais que du cas de la province du Sud. Or, à bien voir, ta problématique ne peut pas être transportée et appliquée à d’autres régions. Car, elles sont nombreuses, les provinces du Cameroun qui n’ont pas eu autant de ministres, de généraux d’armées et de Dg, ou alors qui n’ont même pas d’élites du tout. Comment alors est-il possible d’appliquer ta problématique dans ses ethnies et provinces ? Pour n’avoir pas eu d’élites, la problématique du rapport entre l’élite (fabriquée) et le développement ne s’y pose donc plus. Du coup, une application de cette problématique dans ses provinces conduirait au constat d’une réalité plus alarmante encore.
Par Maurice NGUEPE
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