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MOUVEMENT NKUL BETI
Tribune libre
Décès de Abel Eyinga: L'hommage de Melvin Akam et des anecdotes telles que «Au revoir Mon Commissaire !». «Vous avez dit Commissaire ?», lui demande Abel Eyinga. «Oui, c’est le Commissaire de l’Aéroport».
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© Melvin AKAM
"Son numéro de téléphone ne sonne plus. Abel Eyinga ne répondra plus jamais. Il s’est éteint dans la soirée du jeudi 16 janvier 2014 à Ebolowa la ville de son cœur. On redoutait cette nouvelle depuis quelque temps, mais on s’y attendait un peu. "
     Date de publication: 19-01-2014   04:39:10
Abel Eyinga, une vie de patriote

Son numéro de téléphone ne sonne plus. Abel Eyinga ne répondra plus jamais. Il s’est éteint dans la soirée du jeudi 16 janvier 2014 à Ebolowa la ville de son cœur. On redoutait cette nouvelle depuis quelque temps, mais on s’y attendait un peu. Le patriarche politique de la Région du Sud était très affaibli par une mystérieuse maladie qui l’avait rendu paraplégique. Sa dernière sortie politique remonte à il y a quelques mois. Abel Eyinga était alors apparu dans un fauteuil roulant au cours d’une conférence scientifique organisée à Yaoundé dans le cadre de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance du Cameroun dont il aura été un témoin privilégié.

Eyinga Abel vient à la vie à Ondondo par Ebolowa le 13 juillet 1933, soit 5 mois jour pour jour après un certain Paul Biya dont la trajectoire se sera construite en parallèle à la sienne. Une certaine légende lui prête même des liens de parenté avec le Prince. Ils seraient cousins de par leurs mères nées dans la même famille. Abel ne porte-t-il pas le nom de la mère du Président? Etre le frère de sang et l’opposant du Président, statut plutôt atypique sous les tropiques. Jamais, de son vivant, Abel Eyinga ne confirma cette légende bien ancrée dans la mémoire des gens du Sud. Une chose est sure cependant, les deux hommes se connaissaient ; ils se connaissaient même trop bien. Ils ont cheminé ensemble et ont fait partie de la même écurie avant que leurs destins politiques ne les opposent.

Le poulain rebelle

Les exégètes souligneront certainement le martyr qu’il a souffert toute sa vie et jusqu’à sa mort, pour ne pas renoncer à ses idées et à ses convictions. Abel Eyinga fut incontestablement un authentique patriote camerounais. Mais, combien savent qu’au début, Abel Eyinga fait partie tout comme Paul Biya et beaucoup d’autres, de l’écurie du Dr. Louis-Paul Aujoulat, ce médecin de colonie qui repérait des jeunes appelés à former l’élite politico-administrative du Cameroun en opposition aux nationalistes de l’UPC ? Son baccalauréat en poche, le jeune Eyinga s’envole pour la France. Il a été choisi pour faire des études en Pharmacie. Mais, une fois en France, il écrit à Aujoulat. La Pharmacie ne l’intéresse point. Il veut faire du Droit. Le parrain tente de l’en dissuader mais finit par céder. Abel Eyinga s’inscrit en Droit et Sciences Economiques.
A la Cité universitaire d’Antony à Paris, il côtoie d’autres jeunes recrues de l’écurie. De cette époque, Abel Eyinga était d’ailleurs intarissable d’anecdotes sur ses congénères dont le plus illustre d’entre eux. Il aimait également à raconter que tous les 13 septembre, Mongo Beti envoyait une lettre d’insultes à Aujoulat l’accusant d’avoir fait tuer Um Nyobe et d’enfoncer le Cameroun dans les ténèbres.

Très tôt Eyinga quitte la Cité d’Antony. Il vient de se marier à une jeune bourgeoise française et s’installe donc en famille. Le domicile des Eyinga deviendra d’ailleurs un lieu de rencontre de la future élite administrative du Cameroun. En 2002 pour faire taire les barons locaux du Rdpc à Ebolowa qui lui dénient tout compagnonnage avec leur leader, Abel Eyinga publiera dans les colonnes de Le Messager une photo où on le voit recevant dîner chez lui les jeunes Paul Biya, Pierre Semengue, Elisabeth Tokpanou et le Premier ministre qui rentre d’une mission à l’ONU.

Justement, le Premier ministre Assa’ale recherche un jeune cadre pour diriger son administration. Il jette son dévolu sur Abel Eyinga, un jeune frère d’Ebolowa. Un soir de 1961, en arrivant à l’Institut d’Etudes Politiques, Paul Biya lui transmet un message reçu en son absence. Le Gouvernement a appelé l’Institut. On demande à Eyinga de rentrer d’urgence au Cameroun pour se mettre au service du Premier ministre.

Eyinga est enthousiaste à l’idée de contribuer à la construction du jeune Etat. Il fait ses bagages. Mais, les choses ne se passent pas comme il en rêvait. Il fait certes office de Directeur de Cabinet du Premier ministre et de Conseiller juridique du Gouvernement, mais il n’est pas en phase avec l’orientation idéologique de ses chefs. On lui demande de préparer des poursuites judiciaires contre des militants upécistes. Sauf qu’il n’y a pas toujours grand’chose à reprocher à ces Camerounais dans 9 des 10 dossiers qui lui sont soumis. Abel Eyinga a une conscience. Il agit selon sa conscience et désavoue systématiquement l’Etat, ce qui provoque l’ire de son patron.

Plus grave, Abel Eyinga va créer le Cercle Culturel Camerounais avec d’autres jeunes camerounais récemment rentrés au pays, Jean Assoumou, Augustin Kodock, Jean-Michel Tekam. C’est un club de réflexion sur l’avenir du Cameroun. Ils veulent changer les choses de l’intérieur. Le Président Ahidjo reçoit les impertinents, hauts cadres de son Administration. Il ne tonne pas, mais ne rigole pas non plus : « Je suis au courant de vos petites réunions subversives. Je sais que vous recherchez un local pour ne plus tenir vos conférences au Centre culturel français. Voyez du côté de Nlongkak, on vient de construire un commissariat là-bas. L’aile gauche n’est pas encore occupée. Je la mets à votre disposition pour vos conférences. De la sorte, si vous faites du désordre, la Police n’aura pas beaucoup de mal à vous retrouver. »

La prochaine conférence du Cercle culturel porte sur le pétrole camerounais, un sujet glissant. La conférence est interrompue par la Police. Les relations ne s’améliorent pas non plus avec le Premier ministre Charles Assa’ale. Les divergences idéologiques profondes, les complexes intellectuels et les rivalités villageoises ont fini de consommer le divorce entre les deux hommes. Charles Assa’ale tente même de mettre son collaborateur aux arrêts. Il parvient à quitter le pays grâce à d’amicales complicités dans la Police.

Mandat d’arrêt pour cause d’élections

L’exil qui commence sera long et éprouvant. Il va durer 30 ans. On retrouve Abel Eyinga tantôt à New-York, en service au Cabinet de Diallo Telli à la Représentation permanente de la Guinée aux Nations Unies ; tantôt à Paris, journaliste à Afrique – Asie. Mais, il n’oublie pas le Cameroun. Il y a toujours le cœur et surtout des idées plein la tête.

En 1970, Abel Eyinga annonce sa candidature à l’élection présidentielle contre Ahmadou Ahidjo. C’est un crime de lèse-majesté, un acte de subversion impardonnable. Eyinga sera d’ailleurs le seul homme à avoir ainsi osé défier Ahidjo. Non seulement sa candidature ne sera évidemment pas retenue, mais en plus, il sera jugé par contumace et condamné à mort. Un mandat d’arrêt international est émis contre lui.

Le régime Ahidjo fait pression sur la France pour obtenir son arrestation. Finalement le Président français Georges Pompidou le fait expulser de France. Il trouve refuge en Algérie. Le Pr. Joseph-Marie Bipoun Wum qui est vénéré en Algérie comme auteur de la première constitution du pays, l’aide à obtenir une chaire de Droit et de Sciences Economiques à l’Université d’Alger. Il y vivra jusqu’au milieu des années 80 avec un nom et un passeport algériens.

Au Cameroun, sa famille souffre le martyr. Les lettres qu’il essaie d’échanger avec les siens sont saisies. L’Ecole privée ouverte par son frère cadet Angounou est ostracisée. Son frère aîné est arrêté à sa place et jeté en prison sans ménagement. Il en sortira aveugle.

Sous haute surveillance

Vient le Renouveau en 1982. On presse Abel Eyinga de rentrer au pays pour soutenir son frère Biya. Il hésite, demande des signes d’ouverture politique, n’en voit pas et résiste. Avec le retour au multipartisme en 1991, il reçoit enfin un passeport camerounais et peut rentrer voir les siens, 30 ans après. Sous forte surveillance policière. On le file depuis Paris. A l’atterrissage à Nsimalen au milieu de la nuit, un jeune homme se montre très entreprenant pour l’aider à remplir ses formalités et à récupérer ses bagages. Il lui conseille de passer la nuit à l’Hôtel des Députés, le voyage pour Ebolowa pouvant être dangereux. Il hèle un taxi et installe l’opposant de retour. Au moment de partir, le conducteur a un mot pour le jeune homme entreprenant : « Au revoir Mon Commissaire ! ». « Vous avez dit Commissaire ? », lui demande Abel Eyinga. « Oui, c’est le Commissaire de l’Aéroport ».

Cette nuit-là, Abel Eyinga dormira d’un seul œil. Il n’a d’ailleurs jamais plus dormi de ses deux yeux au Cameroun, toujours sur ses gardes. Le régime se méfie de ce frère qui refuse de rentrer dans les rangs et ne lui fait pas de cadeaux. Eyinga crée son parti politique, La Nationale ; les pontes locaux du Rdpc s’organisent pour débaucher les jeunes qui l’ont rejoint. Il veut être Maire d’Ebolowa ? Ok, la petite ville provinciale d’à peine 40 000 habitants est érigée en communauté urbaine. De la sorte, même si Eyinga parvient à se faire élire Maire, ce n’est pas lui qui dirigera la ville, mais le Délégué du Gouvernement nommé par le Président de la République.

Aux Municipales de 1996 justement, Eyinga se présente pour La Nationale. Ebolowa lui tend les bras, l’embrasse, mais ne peut s’offrir à lui dans une élection largement contestable et contestée. Rebelote 5 ans plus tard. Cette fois, Eyinga est candidat sous la bannière de l’UFDC de Hameni Bieleu, sans davantage de succès.

Il s’éteint sans avoir mis en application les idées pertinentes qu’il avait pour une réelle décentralisation du Cameroun, pour dire le moins. Même dans sa terrible maladie et son apparent dénuement dans lequel il était bon qu’il soit maintenu, il est demeuré digne, refusant de céder ni aux sirènes de la tribu, ni aux besoins du ventre ; mais toujours fidèle à ses idées et à ses convictions.

A bientôt Patriote EYINGA ABEL.
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