MOUVEMENT NKUL BETI
Mobilisation
Les artistes ekang vagabondent à travers facebook comme de petits enfants orphelins à la requête de quoi manger - Le bénéfice apparent des réseaux sociaux
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© Maurice Ze
Au moment où le « bikutsi sex » est devenu la mode, la fantaisie et la vivacité de ce rythme précieux de chez ont cédé la place à la banalisation. A l’heure où on parle de Kareyce Fotso comme étoile montante de la musique camerounaise, cette jeune femme avec son style attirant les amoureux d’une musique travaillée, on serait tenté de se poser la question, si les artistes ekang vagabondent à travers facebook et d’autres réseaux sociaux à la recherche de quoi manger, alors qu’ils sont de nature talentueux. Si on tient compte du potentiel des artistes ekang, n’est-ce pas là une hypothèse qui nous amènerait à prendre du recul par rapport à cette nouvelle forme de communication que nous proposent facebook, twitter, skype, linkedIn et tous les autres que je n’ai pas cités ici ?
     Date de publication: 19-06-2011   10:50:16
Au bon vieux temps de Messi Martin, où on ne chantait pas « Eding à gauche, Eding à droite, Eding devant, Eding derrière », on ne connaissait pas le monde du click et de la promotion à travers les réseaux sociaux, avec un bénéfice apparent loin de toute réalité. Le monde de la communication est venu bouleversé le monde artistique des ekang. Chacun a maintenant les moyens de devenir star, les vraies stars sont obligées de mener un combat de visibilité sur facebook avec les « newcommers ». Chacun est pressé de publier ses dernières photos, sa dernière vidéo. Même lorsque les images sont de mauvaise qualité, c’est important que ses fans soient informés en « temps réel ». Lorsqu’il n y a pas de nouvelles informations à faire circuler, lorsqu’on a pas eu une nouvelle sortie dans la semaine, lorsqu’on a pas eu l’occasion de s’exhiber, on réactive les anciennes informations car il n’ y a rien de si mauvais pour une star africaine que de ne pas être « up to date » sur facebook. C’est un trend donc, si on n’y est pas présent, on n’existe pas. « Je respire sur facebook donc j’existe »

Il est de ce fait important de revenir sur l’apport de facebook sur la valorisation des stars ekang. Pouvons-nous affirmer que la présence d’un artiste ekang sur facebook le valorise tel qu’il le faudrait ? Avant de répondre à cette question voici quelques chiffres en dollars:

- Skype, 9 ans, 860 millions de revenus, valorisé à 8,5 milliards (montant de son rachat en mai 2011 par Microsoft)
- LinkedIn, 8 ans, 200 millions de revenus, valorisé à 9 milliards (après son entrée en bourse de mai 2011)
- Delicious, 8 ans, sans revenu, valorisé entre 15 et 30 millions (suite à sa reprise par Avos)
- Facebook, 7 ans, 2 milliards de revenus, valorisé à 75 milliards
- Groupon, 3 ans, 760 millions de revenus, valorisé à 25 milliards (avant sa prochaine entrée en bourse)
- Twitter, 5 ans, 150 millions de revenus, valorisé à 7,7 milliards
- Color, 1 an, sans revenu, valorisé à 41 millions (montant de sa levée de fond en mars)

D’après ces chiffres, on serait tenté de déduire qu’un artiste présent sur facebook gagne à juste valeur son pain sur facebook. Mais pourqoui un observateur averti comme moi voie le merveilleux monde ekang de facebook avec un œil critique ?

D’après mes observations, « il existe un potentiel ekang qui vagabonde à travers facebook comme des petits enfants orphelins à la requête de quoi manger ». Pour mieux comprendre ce que je dis, dressons d’abord un tableau de comparaison qui nous fait ressortir les avantages et les inconvénients de facebook pour un artiste :

Avantages

- Un artiste ekang peut augmenter sa visibilité en publiant ses photos, des textes et ses vidéos. C’est ainsi qu’il réussit à avoir une liste d’amis, « mes amis de facebook », qui sont ses fans.

- Un artiste ekang a aussi la possibilité d’être découvert par un producteur ou un média puisqu’il augmente sa visibilité avec les moyens que facebook met à sa disposition.

- Un artiste ekang peut annoncer un événement auquel il prendra part, par exemple un festival. Je tiens à souligner ici que les ekang ne sont pas eux-mêmes des organisateurs des événements.

Inconvénients

- Pour augmenter sa popularité sur facebook ou avoir une grande liste de fans, « on doit passer des heures dans la journée » pour communique sur facebook ou envoyer des photos et des messages. Naturellement que toute star a besoin d’entretenir ses fans, il est donc de son devoir de communiquer chaque jour avec eux, c’est-à-dire investir en terme de temps. Une chose qui n’est pas remettre en cause, si cet investissement sera un jour amorti, si ses fans participent aussi à l’évolution de l’artiste d’une manière effective en achetant par exemples ses vidéos, CD, DVD etc.

- Cet inconvénient que je viens citer est la cause d’un deuxième, c’est-à-dire la productivité de l’artiste baisse. Plus on passe assez de temps sur facebook, plus on a moins de temps pour s’entraîner, écrire des chansons etc. Un artiste qui n’est pas productif meurt avec le temps… donc facebook peut aussi être une grande catastrophe pour un artiste. Et si on tient compte qu’un même artiste se retrouve dans plusieurs réseaux sociaux qu’il doit entretenir, alors on peut s’imaginer qu’un bon nombre de nos chanteurs de bikutsi « disparaîtront de la scène » bientôt.
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Les avantages de facebook pour un artiste sont-ils vraiment un profit ?
Depuis que les bons dieux nous ont envoyé facebook comme sauveur de nos échecs au niveau de la promotion, j’ai l’impression que les gens confondent entre « se faire voir » et « se faire promouvoir ». D’une manière pratique ou en terme de rentabilité, comment se voit le bilan d’un artiste ekang qui passe tout son temps sur facebook ? Autrement dit, facebook est-il vraiment l’endroit idéal pour promouvoir efficacement les artistes ekang ? NON. Pour un observateur averti, le monde merveilleux de facebook pour le show-business a d’autres facettes. Facebook donne naturellement à chacun les moyens d’être plus visible, mais ne tombons pas dans le piège de confondre le « show-business américain ou européen » au « show-business africain ». Une star en Europe ou en Amérique se fait payer autrement, à travers des gages, la participation aux émissions télévisées, les revenus publicitaires, la vente de ses propres produits etc. Facebook ne leur sert que de plateforme pour augmenter leur popularité dans la mesure où c’est cette popularité qui représente en principe leur capital. Plus une star est populaire, plus ses revenus publicitaires, ses gages, ses revenus sur ses propres produits augmentent. En est-il ainsi pour les stars ekang ou africaines ? Je dirais non. Arriver à ce niveau demande du professionnalisme et l’encadrement par les specialistes du métier.

Lady Ponce ne devient pas une star grâce à facebook mais plutôt grâce à son talent et un travail ardu.

Où se trouve la grande menace des avantages apparents de facebook ?

Une star qui augmente sa visibilité en publiant ses photos, ses textes ou ses vidéos court en même temps le risque de perdre une grande partie de sa richesse. Dans le monde du show-business, la photo d’une star est une source d’argent. Toute photo publiée devrait rapporter de l’argent. Avançons un peu plus loin dans cette analyse en affirmant qu’une star, qui en longueur de temps publie ses photos, écrit de petits textes, qu’une star qui est toujours présente sur facebook, perd en qualité car elle ne reste plus une « attraction ». On a donc toujours l’habitude de dire, que ce sont les choses rares qui suscitent notre curiosité…

En publiant une vidéo sur facebook sans moindre aspect de commercialisation, c’est méconnaître en même temps son propre potentiel ? Il est donc possible aujourd’hui de profiter en terme d’argent sur les vidéos qu’on produit. C’est un manque de professionnalisme de mettre son savoir-faire au grand public sans générer des revenus alors que les pubs, source d’argent, peuvent être insérées dans les vidéos.

« Mes amis de facebook » qui sont généralement des africains ne sont pas des consommateurs, bref c’est donc connu que les africains ne sont pas prêts à payer pour les services que les stars les proposent. La question est donc fondamentale, à quoi servent 5000 amis à une star, si ses stars refusent d’innover dans leur service ?

Sur le plan des festivals auxquels les artistes participent, facebook peut apporter des avantages mais ce n’est pas une évidence. Les offres sont minimes par rapport à la demande. Moins de festivals africains sont organisés pour que toutes les stars africaines trouvent leur compte. Donc une présence massive sur facebook n’implique pas directement un profit.

Souhaiter être découverte par un bon producteur ou manager est une question qui demande plus de professionnalisme, de productivité. Hors, comme je viens de le souligner, le temps qu’une star passe sur facebook par jour l’empêche de travailler sérieusement pour son métier.
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Quel serait l’issu à prendre ?
Mon analyse jusqu’ici montre que le potentiel « artistique » ekang manque d’encadrement. Il n’existe aucun leadership ekang sur le plan de la musique, la comédie et le théâtre alors que culturellement, les ekang ont ce potentiel de devenir leader dans les domaines respectivement cités. Je voudrais souligner ici que, « ce que nos artistes entreprennent pour le moment est loin d’être un leadership, il manque une vision commune ». Les artistes ekang méconnaissent leur propre potentiel, dans le cas contraire, ils se seraient organisés autrement. Il faut bien noter que je parle d’organisation ici, c’est-à-dire les moyens qui permettraient aux artistes de mieux valoriser leur potentiel.

Lorsqu’on a du talent, et encore plus si tout un peuple a du talent sur un domaine bien précis, il faut faire de ce talent un métier et le professionnaliser. Le nigérians par exemple sont en train de faire de la cinématographie une industrie qui valorise leurs stars, crée de l’emploi et nourrit de nombreuses familles.

Dans le cas du Mouvement Nkul Beti, nous allons mettre sur pied un cadre d’encadrement dénommé CAREK « Collectif des artistes ekang ». CAREK a la mission de devenir un instrument effectif qui agit sur un plan culturel et commercial pour permettre une valorisation de la culture ekang à travers la musique, le théâtre, le cinéma, comédie, la peinture. Les objectifs de CAREK sont les suivants :
1. Rassembler les artistes afin de s’entraider
   
2. Faciliter les contacts entre les artistes établis
   
3. Faciliter les contacts entre les artistes établis et les débutants
   
4. Faire la promotion des artistes et leurs œuvres (commercialisation des artistes)
   
5. Aider spécialement les artistes dans leurs débuts
   
6. La construction et gestion de la maison des artistes ekang (un lieu local pour diverses activités culturelles)
   
7. Doter la maison des artistes ekang d’un endroit servant de musée (répertoire des artistes)
   
8. Mettre sur pied un centre local de conseils
   
9. Organiser des festivals pour faire la promotion de CAREK, du Mouvement Nkul Beti et pour générer des ressources financières
   
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