MOUVEMENT NKUL BETI
Mobilisation
Voilà ce temps de « ras le bol », de tristesse et frustration ! - Chez nous chez les beti, le village de la lassitude
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© Maurice Ze
Voilà plus d’une éternité que je recherche vivement un message précieux pour les ekang mais sans moindre succès. Voilà que les jours passent, mon adversaire le plus redoutable resurgit alors que je croyais l’avoir éteint pour toujours. Voilà ce temps de « ras le bol », de tristesse et de frustration qui déclenche un autre combat susceptible d’entraîner une lassitude en moi. Voilà que je me retrouve subitement sans vitalité alors que j’ai un fardeau lourd à transporter sur une distance presque infinie. Voilà que les forces vives de chez nous chez les beti rigolent sur moi en me voyant affaibli, assoiffé et plus pauvre qu’un rat d’église. Voilà que la maladie des africains m’absorbe et me paralyse pendant que le vent du Changement est en train de passer. Voilà que je deviens observateur d’une bataille que j’ai entamée sans moyens de crier victoire. C’est le temps de « ras le bol », le temps où mon adversaire, mon frère jumeaux invisible veut me dominer, me posséder en me retirant le sang de dynamisme et de grands rêves qui coule dans mes veines comme cette Afrique noire jeune à la recherche de sa liberté et de sa gloire.
     Date de publication: 20-03-2011   14:29:35
Je ressens la lassitude qui gagne du terrain me paralysant de tout effort. Où sont passés mes atouts de combattant éclairé ? Où sont passés ses jours d’inspiration continue ? Où sont passés ses moments dans lesquels je me sentais invincible et plein de vitalité ?
Voilà ce temps de « ras le bol », de tristesse et de frustration qui m’agace, me tire vers une direction contraire à celle que je voudrais prendre. J’ai comme l’impression de me retrouver abandonné au désert du Sahara pour la toute première fois, face à cette nature incroyable et presque hostile mais le vent souffle, un espoir de survie, un espoir de fuir ce temps de « ras le bol ».

Je dois faire attention que je sois contaminé par l’afro-pessimisme et le beti-pessimisme, je me penche donc sur mon clavier pour écrire une petite histoire pouvant me réchauffer le cœur, écrire pour chercher une petite inspiration et pour éviter de sombrer dans la nostalgie des grands moments. Je dois pouvoir fêter ma propre renaissance et sortir de ce temps de « ras le bol ».
Mais finalement écrire quoi ? J’ai donc déjà tout dit, j’ai déjà crié plus fort dans ce village de la lassitude. Mon évangélisation n’est-elle pas suffisante pour réveiller cet éléphant qui dort ? Mon évangélisation n’est-elle pas suffisante pour réveiller ce dinosaure d’Afrique aplati comme une roue de voiture qui manque d’air ? Je me suis assez dégagé l’esprit, je ne suis pas comme les autres qui étouffent alors que dans leurs esprits, un vœu incontournable de dialoguer ne cesse de les embêter. Je les envie, ils supportent cette pression qui vient directement de leurs veines, ce vent qui les poursuit de tous les côtés, ce vent qui ne cesse de se manifester et qui fait tant de bruits. Le grand dinosaure d’Afrique est accueillant, aimable, a-t-on toujours l’habitude de dire !
Oui, je dois chercher mon inspiration à un autre niveau, je suis convaincu que les beti ne réagiront jamais mêmes si je marche sur leurs têtes, oui c’est ça être ekang. On m’aurait dit qu’un bon ekang obéit et se courbe même lorsque dans son intérieur, il ressent la haine, l’envie de tout casser et de recommencer à zéro.

Mais je dois faire attention de brûler une fois de plus mes mains ici, peut-être qu’à ce niveau je me trompe aussi, il existe éventuellement des beti qui reconnaissent l’urgence de la situation et qui se lèvent pour reprendre le contrôle sur leurs vies, surtout dans la politique - le grand dinosaure d’Afrique fait mal en politique, il sort, il revient, il crée des situations et des justifications pour rester et mourir politicien.

Voilà ce temps de « ras le bol », de tristesse et de frustration, plus fort que moi qui me donne des frissons de liberté, d’émancipation personnelle, des frissons de choisir un chemin différent et de fuir pour toujours la politique.
Ekié peuple politicien ! ce temps de « ras le bol », ce temps de tristesse et de frustration, voilà que je sombre dans le manque d’inspiration, voilà que je sombre dans l’ignorance, voilà que j’adhère involontairement à ce village, chez nous chez les beti.

Maurice tu n’as pas encore compris que le monde est divers et ondoyant, c’est pas chaque ekang qui « donnera le dernier coup » comme l’écrivait tout dernièrement un de tes amis de misère. Maurice, cesse de raconter des histoires qui ne tiennent pas debout ! Tu parles de campagne de mobilisation, c’est même quoi la mobilisation ? Chez nous chez les beti, c’est le chacun pour soi et dieu pour tous. Depuis des mois que tu abuses de notre patience avec tes messages du soi-disant rassemblement des ekang, ça veut dire quoi ton évangélisation ? On a donc déjà notre bikutsi et ça nous suffit pour nous oublier. Au rythme du bikutsi dansons et honorons notre village, chez nous chez les beti. Mobilisation, rassemblement, mouvement… des histoires qui ne nous donnent pas à manger, nous voulons bien vivre et danser le bikutsi sex. Dépenser notre énergie alors que tout est déjà là, et sans oublier que nos compatriotes construisent un Cameroun pour nous ? Voudrais-tu nous divertir pendant que le monde fonctionne autrement ? Ne sais-tu pas que le monde appartient à ceux qui arrachent et confisquent les choses, même lorsqu’ils ne le méritent pas ? Chez nous chez les beti, on ne travaille pas pour de grandes ambitions, on vit de l’instant, alors tu peux dégager avec tes visions de l’édification de grandes œuvres.

Maurice « grand rêveur », on peut comprendre que tu es devenu un « Eza Boto » avec ta façon de penser qui n’est pas digne d’un ekang, nous te conseillons de chercher d’autres champs de combat, chez nous chez les beti, nous avons décidé de vivre à notre rythme. Le monde va nous attendre, toi l’apprentis sorcier du changement ! Vraiment ces enfants qui ne veulent pas respecter l’ordre social qui existe et qui lancent des mouvements de rébellion ! Tu nous parles de technologie, de communication, d’innovation sociale, de production bla bla bla, va expliquer cela à ta mère. Elle vit donc bien dans son village et pourquoi voudrais-tu lui apporter des complications dans sa belle vie ?
Tu viens troubler la paix qui règne chez nous chez les beti avec des histoires qu’on ne connaît pas. Je te rappelle que nous somme un village de paix, qui meurt de faim ici ? La forêt est donc là pour tous ? Et notre médicine traditionnelle aussi ? Pourquoi faire autre chose alors que la fonction publique nous réserve de l’emploi ? Changement, mobilisation… des histoires qui ne tiennent pas debout et qui viennent troubler l’ordre social.
Vraiment ces enfants qui sont partis en Europe, en Amérique etc. et qui veulent rentrer dans notre village pour diriger, chez nous chez les beti ! Je ris beaucoup lorsqu’ils me parlent de la diaspora beti, ils ont même fait quoi ici chez nous chez les beti
Ekié Maurice ! va d’abord mettre une association sur pied avant de lancer des mouvements dont tu ne mesures même pas un peu l’ampleur. Oui, vous de la diaspora commencez d’abord par la création d’une association, une petite chose comme ça qui vous dépasse alors que vos compatriotes le font chaque jour. Ekié ! et ses enfants veulent nous critiquer ! Ces incapables qui ne connaissent mêmes pas les devoirs de la diaspora ? Avant de parler à haute voix, rassemblez-vous d’abord là-bas pour aider votre village ici, chez nous chez les beti. Vraiment des gens qui ne sont pas capables de créer une association se permettent de nous montrer comment les choses doivent fonctionner dans notre village de paix.

Mon petit « grand rêveur » Maurice, depuis que tu propages tes messages d’évangélisation, ça t’a apporté quoi ? Qui a réagi à ses textes diaboliques que tu as toi-même dénommé « les versets sataniques » ? Crois-tu vraiment que la génération facebook répondra à ces textes quelle ne maîtrise même pas ? Ekié ! les gens ont souvent de ses ambitions, des insolites qui ne voient jamais le jour, tu te lèves pour rassembler la génération « J’aime ça » ? Petit optimiste ! Pour combattre, il faut savoir utiliser l’ordre social. Pourquoi ne pas collaborer avec nous ? Viens manger avec nous ! Comment voudrais-tu aider ceux qui refusent de l’aide ? Comment voudrais-tu aider ceux qui ne comprennent pas qu’il faut s’unir pour défendre ses intérêts. Chez nous chez le beti, nous sommes unis pour vous rendre la vie difficile, d’abord nos intérêts et ne vous approchez pas !

Petit optimiste ! Commence à devenir réaliste, c’est ça le vent du changement mais pas l’excitation à une rébellion qui vient troubler l’ordre social. Rassemblement, mobilisation bla bla bla je ris !


Oh ! Heureusement que ce n’était qu’un rêve. Moi Maurice devenir collaborateur ? Jamais et jamais. Je ne vais pas laisser qu’on me retire totalement le sang du changement qui coule dans mes veines. Comment résoudre alors le problème qui me mine ? Ce temps de « ras le bol », de tristesse et de frustration qui représente un adversaire redoutable et qui me prive de toute vitalité. Je dois trouver une inspiration quelque part pour que la mobilisation reste toujours attractive pour moi. C’est vrai que l’habitude empêche la créativité et peut tendre vers la lassitude, puis-je donc dire ici que le travail de mobilisateur devient ennuyeux pour moi ?

Merde ! Ce temps de « ras le bol », cette envie de ne rient faire, de voir enfin que les gens évoluent au même rythme que moi.

Peut-être que ce n’est pas un problème d’inspiration ? Peut-être que mon petit rêve de tout à l’heure voudrait tout simplement me guider ? Il s’agit éventuellement d’un problème de proportion entre l’idéalisme et le réalisme. Et s’il en est ainsi, alors comment appliquer une politique réaliste au Mouvement Nkul Beti ?

Nous savons donc que « Idée et concept sont des contenus de l'esprit », alors tout dépend de moi. La politique réaliste est aussi possible. Revoyons les choses, « En tant que superviseur ou réalisateur on est soumis à une certaine discipline, à un schéma de réalisation. Cependant la mobilisation des ekang constitue en elle un projet pas comme les autres. Pour concrétiser la mobilisation, il faut abattre un travail de pionnier dans la mesure où il n’existe presque pas de références, pas d’informations servant de guide : « comment réaliser la mobilisation des ekang » devient alors une mission dont les instruments de réalisation manquent, il faut les fabriquer pour la toute première fois. La mobilisation dans la pratique nous met face à cette question, celle de savoir si vouloir c’est pouvoir. Et on comprend très vite que « entre vouloir et pouvoir se trouve une dimension composée des forces interdépendantes qui agissent les unes sur les autres ». On peut bien vouloir réaliser un projet, mais avons-nous vraiment la conviction, la détermination, l’énergie, les moyens et la compétence pour le faire ? La compétence, cet aspect important qui donne la légitimation à une personne de superviser un projet, ne se manifeste pas seulement par le « know how » que possède cette personne, mais aussi à travers d’autres atouts tant sur le plan social que professionnel. »

Oh ! Ça devient plus compliqué que je ne le pensais, « entre vouloir et pouvoir se trouve une dimension composée des forces interdépendantes qui agissent les unes sur les autres ». Si toutes ses forces agissent aussi sur moi, alors je ne serais pas en mesure de lutter contre ce temps de « ras de bol », de tristesse et frustration. NON, Maurice tu te trompes, c’est un moment passager ! Ce temps de « ras de bol » est un moment passager de ta vie, oui ça ira mieux.

Voilà ce temps de « ras le bol », de tristesse et de frustration qui déclenche un autre combat susceptible d’entraîner une lassitude en moi. Je suis seulement une personne mais pas un extra-terrestre, alors je me penche sur mon clavier pour trouver une nouvelle source d’inspiration, celle qui est toujours nécessaire pour les rebelles, les créateurs, les modernisateurs, les pionniers etc.

Voilà ce temps de « ras le bol », ce temps qui me permet de souffler, de voir les choses autrement, de m’armer avec d’autres idées.

Voilà ce temps de « ras le bol », ce temps qui promet des jours merveilleux, des jours qui me donnent la conviction que le monde se trouve entre mes mains.

Voilà ce temps de « ras le bol », ce temps qui me promet toute la liberté, celle d’agir sans peur, celle de faire usage de mes forces pour me lancer dans une grande aventure.

Voilà ce temps de « ras le bol », ce temps de mon émancipation, de mon décollage, de grandes ambitions, d’une vie de gaîté et de gloire.

Voilà ce temps de « ras le bol », ce temps de mon réconcilier avec mes frères et sœurs.

Voilà ce temps de « ras le bol », ce temps de l’unification du peuple ekang.

Mon petit « grand rêveur » Maurice, je crois que tu n’as pas compris pourquoi je suis présent dans ton inconscient. Cesse de vouloir réveiller un dinosaure qui s’est éteint depuis des décennies. Chez nous chez les beti, on va d’accueillir mais pas avec tes idées qui viendront troubler notre ordre sociale et notre refus de partager.

Soit présent dans mon inconscient mais je suis maître de moi
Chez nous chez le beti, le village de la lassitude
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