MOUVEMENT NKUL BETI
Mobilisation
Plaidoyer pour un leadership féminin - L’heure d’une une époque de gloire pour les femmes
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© Maurice Ze
Vu les observations faites et les expériences accumulées, la question du leadership féminin dans le cadre de la réorganisation du peuple ekang mérite d’être posée. Les femmes sont-elles plus aptes que les hommes dans l’accomplissement de la mission en face de nous ?
     Date de publication: 10-10-2010   14:17:49
Jusqu’à présent nous avons discuté sur nos problèmes sans faire une distinction au niveau du sexe, pourtant la question de la « faute collective » et celle de nos défaillances ne peuvent pas être abordées sans toutefois tenir en considération que les femmes ekang, par rapport aux hommes ekang, ont une autre approche de la vie - une approche peut-être plus simplifiée qui leurs permet de s’engager plus rapidement avec tout cœur à la résolution des problèmes de notre société. Le sexe féminin est de nature plus sensible aux malheurs qui arrivent à son entourage et déploie en conséquence des efforts pour participer à la construction de la vie collective.

En réalité, l’échec des beti du Cameroun est en majorité le résultat de l’incompétence et de l’égoïsme des hommes ekang dans ce pays. Si on tient compte des chiffres, on constatera que ce sont les hommes qui mènent le peloton de ceux-là, qui ont pillé les caisses de l’état et entraîné les établissements étatiques dans la faillite totale. Toujours en tenant compte des événements, même les plus récents, ce sont les hommes de grandes instances camerounaises qui se permettent de continuer à salir l’image de tout d’un peuple. Ce sont les hommes ekang et non les femmes qui se proclament publiquement comme membres de « l’élite beti », alors que spéculativement les femmes pourraient être cette vraie élite que nous recherchons. Les hommes beti qui vivent dans l’illusion d’être des leaders ont, sans une grande participation des femmes, conduit le peuple ekang du Cameroun dans une vie de pauvreté. Ils ont mis plus d’accent sur la matérialisation de la vie, en nous laissant croire que le vrai pouvoir ou le vrai leadership se manifeste par de l’argent et la lutte des influences. Pour les membres de l’élite beti actuelle, le leader est cette personne qui vit aisément, avec une influence assez importante sur le peuple - rien à reprocher à ce niveau, si ceci ne se passe pas au détriment des autres et si l’influence en question agit positivement sur les gens. Je crois que les femmes ekang définissent autrement leur rôle dans la société.

J’espère que je ne me trompe pas en affirmant que la « femme africaine, contrairement à l’homme, considère l’argent comme un moyen qui lui permet de subvenir à ses besoins quotidiens et familiaux, mais pas comme un instrument de main mise sur les autres ». L’argent, le pouvoir, la domination à l’extrême, la forte envie de voir son prochain souffrir sont des aspects qui jouent un rôle très important chez les hommes et constituent en un mot l’égoïsme. Naturellement que les femmes sont aussi égoïstes, mais quel degré d’égoïsme notons-nous chez les femmes ? Et dans l’ensemble, pouvons-nous affirmer que les femmes sont si égoïstes qu’elles ne tiennent pas en considération les normes d’une vie collective et de l’assistance sociale ? Pouvons-nous affirmer que l’égoïsme de la part des femmes est à traiter au même titre que celui des hommes ?

Oui, la jeunesse féminine aujourd’hui tend à oublier le rôle que leurs mamans ont toujours joué au sein des familles. Malgré cela, le sexe féminin chez nous et en Afrique en général maintient la société en vie par ses efforts quotidiens. C’est grâce à l’organisation quotidienne de nos mamans que la plupart de nous ont visité des écoles et sont devenus ce qu’ils sont aujourd’hui. C’est grâce au talent quotidien de nos mamans que la plupart des familles ont résisté à la pauvreté et continuent à supporter les douleurs de celle-ci. C’est grâce à ma maman que je suis ce que je suis aujourd’hui, entre autres ne pas laisser que mon égoïsme personnel prenne les dessus sur la vie communautaire.
Nos mamans, avec leur façon particulière de prendre la vie et de l’interpréter, nous ont effectivement montré et continuent à nous démontrer, que la question du leadership a été détournée et confisquée par les hommes. Les hommes ekang se proclament comme des leaders de la société, alors que quotidiennement ils ne le prouvent pas. Un leader d’une société se juge par ce qu’il fait pour le peuple, et non par ce que le peuple fait pour lui. Alors posons-nous maintenant la question, où le peuple ekang du Cameroun serait aujourd’hui, si les femmes ekang avec leur talent quotidien de maintenir leurs familles en vie, faisaient la même chose que leurs partenaires de sexe différent.

Il faudrait qu’on se rappelle toujours, que le sexe féminin représente le cœur de l’Afrique - L’Afrique est en vie parce que les femmes ne sont pas égoïstes au même degré que les hommes. Ce n’est pas nouveau, nous le savons tous, mais nous ne voulons pas le reconnaître.
Pour la mobilisation des ekang et pour la formation du nouveau leadership beti, il est important de revenir sur le rôle des femmes dans la société. Il est aussi important de nous demander, si dans la réorganisation de notre société, les femmes ne devraient pas être plus impliquées, voire même si elles ne devraient pas revendiquer la question du leadership en leur profit. Cette question qui a été confisquée par les hommes. Je vais aller plus loin dans ma réflexion et insister à ce que les femmes ekang récupèrent ce qui leur a été volé.
Le plus important après, c’est le résultat et cette envie de voir notre peuple sortir enfin de ses problèmes. De ce fait, si les femmes sont plus aptes à nous amener vers une société meilleure, elles doivent enfin sortir de l’ombre. L’émancipation des femmes doit se faire aussi ressentir au niveau de la formation du leadership beti, car comme je l’ai souligné un peu plus haut, le sexe féminin a du talent au niveau de l’organisation de la vie.

Mon plaidoyer pour un leadership féminin ne peut qu’apporter un plus à l’accomplissement de la mission très complexe qui se trouve en face de nous. Dans le « Cameroun de Demain » et pour la troisième république qui débutera, les femmes ekang auront le devoir de prendre leur courage en main pour reconquérir un rôle qui leur a été volé par les hommes. Jusqu’à présent le développement de notre société et celui de l’Afrique noire est soutenu en majeure partie par les femmes, ne serait-il pas temps que le sexe féminin vise plus loin dans ses ambitions ? Ne serait-il pas temps, que le sexe féminin concernant le leadership beti prenne les devants et devienne une référence stratégique ?
Je suis persuadé que les femmes ekang, dans l’accomplissement de leurs ambitions et pour leurs épanouissements, peuvent aller plus loin que nous l’imaginons pour le moment. Elles ont fait leurs preuves - c’est le moment pour le sexe féminin d’entamer une époque de gloire pour elles. C’est le moment pour les femmes de jouer un rôle leader dans la réorganisation du pouvoir social et voire politique. Femmes ekang, vous avez longtemps réservé le leadership aux hommes - les résultats sont visibles aujourd’hui, c’est l’heure d’une formation féminine pour récupérer ce qui vous appartient!

C’est un appel aux hommes, d’encourager les femmes vers une forte implication de leur talent dans la gestion de nos problèmes géopolitiques et géoéconomiques. Elles n’ont plus le droit de continuer à opérer seulement pour des tâches qu’elles ont toujours assumé jusqu’aujourd’hui. C’est l’heure de grandes ambitions pour le sexe féminin !

Je sais que mes propos ici vont rendre les conservateurs et les profiteurs de la société encore plus que mécontent, mais dans ma vie, la distinction de sexe n’a jamais joué aucun rôle. Comme je le soulignais un peu plus haut, je suis à 100% le résultat de l’éducation d’une femme. Cela veut dire que mon approche émancipatrice s’est seulement accentuée au cours des dernières années. S’il s’avère que l’excellence du peuple ekang viendra du sexe féminin, alors nous les hommes devons avoir l’audace de sortir de nos orgueils. Si le sexe féminin est plus présumé à résoudre nos problèmes, alors je ne vois pas pourquoi on ne devrait pas encourager les femmes à se former pour récupérer le pouvoir qui leur a été volé. Il existe effectivement un leadership social féminin qui vit sous l’ombre et qui prend du temps pour réaliser que c’est grâce à lui que le cœur du peuple ekang continue à battre.

En tenant compte des résultats et des efforts fournis pour maintenir le peuple en vie, le sexe féminin devrait en principe occuper une place plus importante dans la société que celle d’aujourd’hui ? Ne serait-il pas temps de porter le sac de la femme ? Ne serait-il pas temps de militer pour une implication plus forte des femmes dans le cadre de la formation du leadership beti ? Les hommes ekang n’ont-ils pas prouvés qu’ils sont nonchalants face à la résolution de nos problèmes ? Ne sommes-nous pas dans cette situation catastrophique, parce que le sexe masculin a montré son incompétence sociale ?

Plaidoyer pour une forte implication des femmes dans la formation du leadership beti se justifie aussi par mes propres expériences de travail. Ça toujours été relativement facile pour moi de convaincre les femmes pour une chose collective, même s’il faut noter ici que les femmes ont aussi leurs limites. Malgré tous les inconvénients avec les femmes, je suis plus accepté par les femmes, et le partenariat de travail avec elles se tisse facilement. Les femmes sont plus prêtes à se « salir les mains » pour une mission sans trop de conditionnement et de lutte d’influences. Le Mouvement Nkul Beti aujourd’hui est plus épaulé par des femmes qui s’impliquent de plus en plus à ce projet. On aurait tendance à dire que les femmes ont saisi rapidement les enjeux, mais tel n’est pas le cas dans la mesure où les hommes aussi sont conscients de notre situation. Alors pour quelles raisons, rien de concret ne vient de la part des hommes, en dehors des interviews ?
Pourquoi les antennes du Mouvement Nkul Beti sont constituées jusqu’à présent par des femmes, pourtant j’ai plus de correspondances avec les hommes ?

Si je reviens sur mes propres expériences, la grande difficulté avec les hommes ekang, c’est de réclamer un leadership sans toutefois savoir de quoi il s’agit. Dans presque tous les regroupements des beti, que soit dans le cadre des associations ou des projets, les hommes voudraient tous diriger au même moment, oubliant que le monde des réalisations fonctionne autrement. Le monde des réalisations exige une certaine hiérarchie au niveau de l’accomplissement des tâches en respectant en même temps les compétences de chacun. En plus nous vivons dans un monde de spécialisations, où chacun doit reconnaître son domaine de compétence. Je n’ai pas par exemple le droit aujourd’hui de vouloir soigner des personnes malades, parce que le savoir-faire à ce niveau me manque.

Ce que j’ai aussi observé est ceci, les hommes réclament le leadership, même lorsqu’ils n’ont encore rien effectué comme travail. Pour moi, le leadership ne s’attribue pas, il se gagne à travers le travail quotidien qu’on fourni. On ne se proclame pas leader d’un groupe, mais on travail pour être leader de celui-ci. Naturellement que certains disposent des atouts pouvant les propulser au titre de leader, mais un leader doit fournir d’abord un minimum d’effort - ce n’est qu’ainsi qu’on puisse détecter ceux-là qui ont le potentiel de faire des propositions prometteuses au groupe.

Le problème de réclamation d’un leadership est à la base de beaucoup de nos problèmes - c’est à travers lui que naissent la jalousie, le non engagement, le désintéressement, la banalisation de nos échecs. La question de luttes internes de pouvoir aux seins des regroupements est plus un problème provoqué par les hommes, mêmes si dans certains cas les femmes sont à l’origine des démantèlements des groupes. Le sexe masculin, vu sa forte envie de vouloir toujours être chef, interprète le leadership autrement, en oubliant que celui-ci a des normes. Le leadership, c’est aussi reconnaître une certaine hiérarchie de compétence qui exige d’oublier toute forme d’orgueil personnel en faveur du groupe et du travail.
Pour terminer, j’invite encore les femmes à plus s’impliquer à la nouvelle formation du leadership beti. Ce sont elles qui ont fait des preuves jusqu’aujourd’hui, grâce à leur talent quotidien. Vous les femmes ekang, vous constituez le cœur de notre peuple, c’est le moment pour vous de sortir de l’ombre et de lever la main plus haut. Dans la réalisation de vos ambitions, votre limite est le ciel ! Tout est possible pour vous !
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Récit Mvett ALUM NDONG MINKO du maître-conteur MVOMO EKO BIKORO
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