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Tribune libre
A Mfou: La famille d’Ateba Eyené inconsolable
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© Lemessager : Vanessa Tsanga
La nouvelle du décès de l’écrivain et critique est tombée comme un couperet vendredi dernier dans la soirée dans la ville de Mfou où il résidait. Charles Ateba Eyené n’est plus. Les Camerounais habitués à écouter cet écrivain dans les émissions radio et télé commencent à réaliser que son décès n’est pas une rumeur mais une triste réalité. Ce natif du département de l’Océan à la plume acérée et à l’éloquence soutenue, ne servira plus ses positions très connues du public camerounais, regrettent ses voisins et tous ceux qui l’ont connu.
     Date de publication: 25-02-2014   05:13:35
Auteur d’un grand nombre d’ouvrages relatifs aux questions sociopolitiques dont « Marketing et Communication politiques » et « Le mouvement sportif camerounais pris en otage par des braconniers », il laisse une bibliothèque très fournie à la postérité, au regard de ses publications. Ce dernier est intervenu plusieurs fois aux antennes de radios sur des sujets épineux de la société camerounaise avec un franc parlé qui frisait quelquefois l’insolence. Considéré par une certaine opinion comme celui qui « dit tout haut ce que l’on pense tout bas », sa disparition créé un grand vide au sein du paysage médiatique camerounais.

Du côté de la famille d’Ateba Eyene, la douleur est grande. Les enfants du défunt revivent cette situation comme la rediffusion d’un film tragique. Il y’a quelques années, plus précisément en 2009, l’épouse de l’écrivain est passée de vie à trépas. Les voici orphelins de père et de mère. Ils essayent de garder bonne mine devant les visiteurs et le reste de la famille. Mais, le cœur n’y est pas, c’est une façade pour masquer la tristesse et le vide affectif qui se fait ressentir au fil des heures. Leur père ne reviendra pas ce soir ni les autres soirs. Le domicile du défunt situé à Mfou à 22 kilomètres de la capitale a déjà revêtu ses habits de deuil.

Un calme qui ne laisse aucune équivoque règne au sein de la demeure, ce 22 février 2014. Une musique religieuse de circonstance anime la maisonnée et les visiteurs de ce mauvais jour. De jeunes garçons sont en pleine discussion à l’entrée du domicile mais on observe leur vigilance lorsqu’un inconnu s’approche de la maison du disparu. Des regards interrogateurs qui en disent long sur la méfiance de certains proches du défunt. On dirait que certaines personnes ne sont pas les bienvenues dans ce lieu de deuil, il faut donc s’assurer de la relation ou du lien de l’inconnu avec le critique qui quitte la scène.
Les amis et curieux défilent depuis vendredi soir, certains viennent pour confirmer le décès de ce jeune et redoutable polémiste, d’autres pour s’informer des circonstances de sa mort et d’un éventuel programme des obsèques.

Sur place, ils apprennent que la dépouille d’Ateba Eyene est gardée à la morgue de l’hôpital Général de Yaoundé. Ce, après un internement au Centre hospitalier universitaire (Chu), indiquent ses neveux éplorés. D’après ceux-ci, il aurait succombé à une infection pulmonaire doublée d’une insuffisance rénale. Les amis venus assister la famille éprouvée n’en croient pas leurs oreilles. Ils ont encore l’image d’un homme vif et enthousiaste, qui ne manquait pas de mots. Ces derniers déplorent la perte d’un homme digne de ce nom. C’est bien vrai, il n’y aura pas d’autres Charles Ateba Eyene, il était l’unique et il emporte cette singularité avec lui au séjour des morts.
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