MOUVEMENT NKUL BETI
Erick-Achille Nkoo est né en 1982 dans le petit village de Nkolya dans l’arrondissement de Nkolmetet au centre du Cameroun. Professeur des sciences de l’éducation et de la culture, et enseignant de la langue arabe, Erick-Achille Nkoo est passionné de l’écriture, il est auteur d’un roman, d’un recueil de poèmes, et de plusieurs essaies.
Pays d'origine : Cameroun
Diable de dieu ou les mémoires d’un roi Béti
Diable de dieu ou les mémoires d’un roi béti apparait comme un roman particulièrement intéressant à lire. L’auteur y aborde des fléaux sociaux et des questions développementales qu’il mêle à l’amour. Ce roman nous emmène au cœur des traditions sacrificielles jadis pratiquées en Afrique. En guise de remerciement à un dieu chamanique et sanguinaire, le roi, intelligent et instruit, se voit obligé, selon la tradition, d’immoler sa fiancée. Devant l’insistance des anciens du village, le roi s’engage alors à sacrifier son unique amour. Afin d’éliminer le diable de dieu, le roi devra valser avec la psychologie des villageois et ruser en immolant un bélier à la place de Tene sa fiancée.
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Paru chez EdiLivre
Prix: 11,92 €
ISBN : 9782332496171
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quelques passages du roman :

Le développement remarquable et euphorique du hameau avait installé une croyance aveugle en ce diable de dieu et un amour chamanique pour lui. Les villageois convaincus que c'était un dieu tout puissant, ils lui accordaient soumission, honneur et fidélité morbide. Ils étaient prêts à se sacrifier pour le bien du village. Pour eux, les portes du paradis seront ouvertes à tous ceux qui se sacrifieront pour une cause commune. Ils étaient certains d'être sur le chemin de la vérité. Je remettais en question l’église qui en fait a un rôle prépondérant à jouer dans l’éveil de la conscience des hommes. La religion pour moi est un système de valeurs sociales fondé sur la morale ; elle prône l’existence d’une divinité créatrice et par conséquent, l’adhésion aux préceptes de la dite divinité. Ses missions consistent entre autres à réguler la société ; d’éveiller sa conscience spirituelle, de l’encadrer et de l’orienter vers un épanouissement certain et un idéal social et divin. Cela étant, la religion ne s’aurait se dissocier des autres éléments qui contribuent au bien être social et spirituel tels que l’éducation, le développement communautaire, l’agriculture, la politique et l’économie. Cependant, ses missions premières semblent avoir cédé à des considérations de nature moins sociales d’une part, et de nature plus divine d’autre part, remettant en débat le fameux « béni soit celui qui croit sans avoir vu » invite péremptoire au sommeil intellectuel et à toute forme de nonchalance. La religion peut elle alors sortir ces villageois de cette piètre situation ?

Mon père était donc décédé. La triste nouvelle m’était parvenue des semaines après son départ pour le pays de nos ancêtres. Il était même accompagné de deux de ses épouses parées chacune de bijoux de la dernière noce. Cela était l’une des exigences de la tradition, même un fils digne ne pouvait y changer quoi que ce soit. Parmi les « heureuses » élues figurait ma bien-aimée mère. Un grand homme peut-il mourir seul ? Ne lui faut-il pas dans la tombe ses épouses les plus aimées et ses esclaves serviteurs, fidèles accompagnateurs même dans la tombe ? En fait pour les miens, un roi ne meurt pas il dort tout simplement, son esprit est vivant et avec nous, tout comme son fantôme a la potentialité de revenir effaroucher les villageois et même de passer des nuits dans sa demeure de ce monde. Sur son sépulcre étaient déposées trois lampes à incandescence que l'on éclairait tous les soirs. Hommes, femmes et enfants allaient de temps à autre se recueillir sur sa tombe lui chantant une oraison funèbre.

Hélas, mon père n`était plus de ce monde, me voilà donc successeur de cette coutume mienne et il fallait m’en affranchir. Son héritage m’était échu. Ses biens et le reste de ses femmes devenaient mon patrimoine. Je passerais désormais des nuits « paradisiaques » avec celles qui m’ont vu grandir et je jouirais pleinement des biens qu’il possédait. J'ai donc tout pour être heureux même si à mon avis, le bonheur se perd quand on acquiert le pouvoir

La responsabilité des rites m’incomberait désormais. Je serai le souverain sacrificateur. Après mon intronisation, je ferai ipso facto mon premier holocauste au dieu diable de la forêt. Mais quoi de plus incontournable que cette tradition! Force sera donc de puiser dans cette tradition partagée par ma tribu. Moi qui m'étais juré de refuser toutes les compromissions de cette tradition? Moi! C`est vrai, je viens de rater ma vocation. Mais. Je prône tout de même l`unicité de Dieu. Pourquoi vais-je faire des immolations à un « créateur » qui consume ses créatures ? A une divinité qui se nourrit de sang? Pourquoi vouer des cultes à un dieu inculte et vaniteux ? Après tout il valait mieux rester serein et civilisé comme un bon béti. Je m'ébrouai afin de calmer cette vaine révolte qui de temps á autre m'aliénait ....
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